L’Empreinte de mars.

Ce mois-ci encore, le jeune public sera choyé par L’Empreinte : 5 spectacles sur 13 lui sont spécialement dédiés ! Il y aura aussi de la danse et de la musique pour s’émouvoir et du théâtre, pour se divertir bien sûr, mais aussi réfléchir à notre rapport aux autres, au monde. L’ancrage dans son époque de la Scène nationale Brive-Tulle se confirme également en proposant de nouveau une conférence -discussion sur un sujet sociétal majeur : l’hospitalité.

Jeudi 7 mars à 20 h 30 / La Tête à l’envers / Cie Noémi Boutin / Musique Jeune public, à partir de 10 ans / durée 50 minutes / Théâtre de Tulle / de 7 à 14 €.

La Tête à l’envers, titre générique ô combien approprié pour un concert qui nous met sens dessus dessous de tant de plaisirs ! Plaisir de la musique et des mots mêlés qui font sens et touchent juste dans cette adresse à la jeunesse – et plus particulièrement aux prémices de l’adolescence – dans laquelle la fantaisie et l’humour ont toute leur place. Plaisir de l’intelligence de ce propos finement mené par deux fantastiques musiciennes dans une scénographie soignée à la Lewis Caroll, écrin parfait pour ces révolutions intérieures qui chamboulent et font parfois vaciller.


Les deux interprètes, Noémi Boutin (voix, violoncelle) et Sylvaine Hélary (voix, flûte traversière), ont invité des compositeurs aux styles singuliers à écrire ce répertoire à leur image : en dehors des étiquettes, pour une musique d’aujourd’hui, multiple, vivante, vibrante et poétique.

Les samedi 9 et mercredi 13 mars à 17 h et le samedi 16 mars à 11 h / Ekhaya / Magnet Théâtre / Théâtre Jeune public à partir de 3 ans / Durée 45 minutes / Théâtre de Brive / Tarif unique : 5 €.



Originaire du Cap en Afrique du Sud, le Magnet Theatre déploie depuis une trentaine d’années un théâtre vivant et intelligent, musical et visuel. Connue et reconnue pour ses créations, la compagnie s’attache aussi à la formation des nouvelles générations d’artistes sud-africains.

Avec ce spectacle porté par quatre jeunes interprètes, la maison, lieu important de l’enfance  par la sécurité qu’elle représente, mais aussi parce qu’elle symbolise le monde et l’endroit où l’on apprend à se connaître et à connaître l’autre, est évoquée. Un sujet essentiel et grave, joué avec énergie et simplicité, telle une comédie musicale chantée dans un décor fait de simples cartons. Ce spectacle réjouissant et attachant est une plongée heureuse dans la culture sud-africaine. Par le jeu et le chant, les comédiens invitent les spectateurs dans leur univers. Et même dans leur langue, puisque quelques mots d’anglais parsèment le spectacle.

Samedi 9 mars à 20 h 30 / Une maison / ICI – CCN MontpellierChristian Rizzo / Danse création/ Durée 1 h / Théâtre de Brive.

une maison comme espace mental, à l’image des traits dessinés à la craie sur le bitume, dans les jeux d’enfants. Des fondations qui vont puiser aussi loin que la trilogie mon amourl’oubli, toucher du boisle bénéfice du doute et une architecture qui joue à multiplier les points de vue, magnifiant la topographie mouvante d’à côté.


Un désir de rassembler une famille protéiforme, de croiser des expériences et des modes de présence. Un être ensemble dans le mouvement, dans la nécessité d’être bougé pour pouvoir bouger. Une danse en tant que flux continu, sans prise, dont on ne peut plus désigner le point de départ, à l’instar des courants marins et du vent.

Un système d’écriture comme un alliage finement ciselé, entre une communauté tactile et des solitudes qui gardent le goût de ce toucher et négocient un rapport physique avec un espace vide, vibrant d’histoires et d’avenir.

Mardi 12 mars à 20 h 30 et le mercredi 13 mars à 19 h / Le jeu de l’amour et du hasard / Atelier Théâtre Actuel – Catherine Hiegel / Théâtre / Durée : 1 h 50 / Théâtre de Brive / De 18 à 28 €.

Servie par une distribution éblouissante – Laure Calamy, récompensée par le Molière de la Comédienne pour ce rôle, et Vincent Dedienne dans les rôles des valets Lisette et Arlequin, Clotilde Hesme et Nicolas Maury dans ceux des maîtres Sylvia et Dorante, Alain Pralon qui joue le père de Sylvia, et Cyrille Thouvenin, son frère –, la mise en scène de Catherine Hiegel révèle avec limpidité la modernité du Jeu de l’amour et du hasard.


Un jeu des apparences entre deux jeunes promis au mariage qui, afin d’observer l’autre, empruntent l’habit de leur domestique. Au terme de détours habilement négociés, chacun sera instruit et pourra reprendre sa place – non sans quelque amertume du côté des serviteurs, car derrière les jeux de séduction et l’observation du sentiment amoureux et de ses méandres, Marivaux ne néglige pas les problèmes de classe.


Une comédie au goût amer qui rend un bel hommage à l’esprit et à la langue de son auteur et à laquelle Catherine Hiegel, sans en oublier la part comique, ajoute un soupçon de drame.

Jeudi 14 mars à 19 h / Accueillir : Repenser l’hospitalité ? / Apéro-conversation avec Michel Agier – Discussion pensée et animée par Barbara Métais-Chastanier / Conférence / Théâtre de Brive / Entée libre et gratuite.

Difficile au vu du contexte de ces dernières années, difficile de ne pas s’interroger sur les lois d’inhospitalité qui caractérisent les pays européens. Voilà à quoi sera consacrée cette nouvelle soirée d’échange, de pensée et de partage à l’Empreinte : à ce que les journaux nomment – faute de mieux – « crise migratoire » et qui pourrait plus fondamentalement s’identifier selon les mots de Michel Agier « comme une crise des États-nations face aux défis de la mobilité » (L’Étranger qui vient – Repenser l’hospitalité, 2018). C’est à une discussion autour de cette politique de/dans l’hospitalité que nous invite cette cinquième tribune intitulée : Accueillir : repenser l’hospitalité ? Nous échangerons sur les hypothèses et constats qu’il formule dans son dernier ouvrage L’étranger qui vient : repenser l’hospitalité : en face du devoir d’hospitalité, n’est-il pas possible de penser un droit à l’hospitalité pour inventer « une citoyenneté nomade pour tous ? »

Samedi 16 mars à 20 h 30 / Pavel Sporcl & The Gipsy Way / Musique / Durée : 1 h 15 / Théâtre de Brive.

Pavel Šporcl est considéré comme le plus grand talent de la jeune génération des violonistes tchèques : « Un talent qui naît une fois tous les siècles », affirme la critique. Formé à l’Académie de musique et des arts de Prague, il poursuit ses études à la Juilliard School de New York. Lauréat d’importants concours, il collabore avec de nombreux orchestres en France et à l’étranger, jouant sous la direction de chefs prestigieux.


Suite à un concert en Slovaquie, il constitue l’ensemble Gipsy Way pour rendre hommage à la musique traditionnelle tsigane. Pavel Šporcl dira qu’il lui a fallu beaucoup travailler pour s’en approprier la virtuosité. Aujourd’hui, il est considéré comme l’un des leurs.


Les musiciens de l’ensemble Gipsy Way tirent le meilleur de leurs instruments : la contrebasse, l’alto et le cymbalum, cet instrument inoubliable et indispensable à la musique tsigane. Pavel Šporcl et son ensemble Gipsy Way ont déjà donné des dizaines de concerts en Europe et en Russie. Ils ont enregistré deux disques, Gipsy Way et Gipsy Fire, chez Supraphon.

Mardi 19 mars à 20 h 30 / What do you think ? / Cie La Liseuse – Georges Appaix / Danse / Durée 1 heure / Théâtre de Tulle.

Quel plaisir que de retrouver Georges Appaix ! Avec cette nouvelle œuvre, il poursuit le dialogue pétillant entamé avec Vers un protocole de conversation. Comme toujours chez ce féru de littérature, les mots ne sont jamais loin des gestes, les clins d’œil et pieds de nez non plus. What do you think? À quoi penses-tu ? danses-tu ?


Dans un dialogue fluide, aérien, des bribes de conversation dans toutes les langues circulent entre Melanie Venino et Alessandro Bernardeschi, cette fois-ci rejoints par Romain Bertet, Maria Eugenia Lopez et Carlotta Sagna. Sur scène, quelques lumières et pièces de bois composent un cadre léger dans lequel se déploie le mouvement, gracieux et enivrant. Georges Appaix lui-même orchestre ce tourbillon de mots où la danse flirte allègrement avec l’humour, toujours, et la comédie musicale. Ou comédie humaine ?

Vendredi 22 mars à 20 h 30 / Songe ! / Cie Florence Lavaud / Musique / Jeune public / A partir de 9 ans / Théâtre de Brive / De 7 à 14 €.

Très librement adapté de William Shakespeare, Songe ! s’inspire du personnage de Puck, lutin malicieux qui nous promène entre jour, nuit, illusion et merveilleux. Il y est question d’amour, de mariage forcé, de fées, de forces de la nature…


Du théâtre certes, cependant Florence Lavaud, metteure en scène, rêve avec ce Songe ! d’un poème slamé rock, pour dire la poésie du monde dans une langue et un propos d’aujourd’hui.


Elle a ainsi confié l’écriture de l’adaptation à deux slameurs, Marco Codjia et Souleymane Diamanka, écriture à laquelle se mêlent les mots des adolescents qui ont participé à plusieurs chantiers de création sous sa direction. Une musique couleur rock, composée par Benoît Menut et portée par quatre interprètes, un comédien et trois musiciens, pour donner corps et voix aux personnages, Puck, Obéron, les amoureux…

Un spectacle haut en couleurs, onirique et joyeux, pour incarner toute la fougue de la jeunesse !

Samedi 23 mars à 10 h 30 / La Manu ascenseur social – On était Manu / Conférence projection / Théâtre de Brive / Entrée libre et gratuite.

Projection suivi d’une discussion avec Patrick Mortal, historien de la mémoire ouvrière

Prochaines projections :
• samedi 13 avril 10h30 – Scène nationale L’Empreinte, théâtre de Tulle.
• samedi 4 mai 10h30 – Scène nationale L’Empreinte, théâtre de Tulle.
• mardi 4 juin 2019 – La Papèterie d’Uzerche.
• jeudi 8 août – La boite en Zinc de Chanteix, dans le cadre du Festival aux champs.

A partir du XVIIe siècle jusqu’en 2006, l’histoire de la ville de Tulle est liée à la  fabrication d’armement et au grand établissement industriel qu’était  la Manufacture d’Armes. La présence de cette activité a façonné durablement la ville, à la fois son paysage urbain mais aussi le vécu et la mémoire de ses habitants. Depuis 2017, l’association Peuple et Culture a réalisé des séries d’entretiens filmés afin de recueillir la parole des anciens employés de la Manufacture. Dans ce premier volet titré « La Manu, ascenseur social », nous allons voir et entendre, toutes générations confondues, comment par l’excellence de son école d’apprentissage la Manu a formé des milliers d’ Ouvriers d’Etat aux différents métiers de l’industrie ; comment elle a permis à des jeunes gens issus de milieux très modestes de se former et de s’élever socialement ; comment elle a permis également avec l’émergence de ces « ouvriers-paysans » de maintenir un paysage rural qui a disparu  corps et âme avec elle.

Samedi 23 mars à 18 h 30 au Centre socioculturel municipal Raoul Dautry et Mardi 26 mars à 18 h 30 au Théâtre de Tulle / Mille ans / a k entrepôt – Laurance Henry / Théâtre Jeune public à partir de 6 ans / Durée 1 h / De 7 à 14 €.

Sur l’île de Diamezek, Milan est le dernier enfant. Les autres ont depuis longtemps grandi et rejoint le continent. Seul au milieu des adultes, Milan les conseille, tel un sage. Dans son île au bout du monde, le temps n’en finit pas de passer, et il rêve d’une vie qui commencerait enfin. Un visiteur inattendu va dérégler la confortable routine, et donner de drôles d’idées à l’enfant…
Après En UN éclat, Laurance Henry continue d’explorer les territoires d’enfance communs à tous les âges. Dans cette pièce délicate et émouvante écrite sur mesure, on retrouve toute la subtilité de l’auteur québécois Marc-Antoine Cyr, relayée sur le plateau par deux interprètes au jeu inventif, mais aussi par une scénographie extrêmement soignée et le travail plastique qui constituent la marque de fabrique de la compagnie.

Mardi 26 mars à 20 h 30 / Bach The minimalist / Cie La Tempête / Musique / Durée 1 h 15 / Théâtre de Brive.

La musique instrumentale de Jean-Sébastien Bach possède des caractéristiques très similaires aux musiques de notre temps : continue, rythmique, envoûtante jusqu’à la folie… Plongé au cœur d’œuvres du maître allemand mêlées à celles de compositeurs de musiques répétitives ou minimalistes du xxe siècle, l’auditeur fait l’expérience d’une incroyable parenté entre des styles et des époques a priori très éloignés.
Avec Simon-Pierre Bestion à la direction et son frère Louis-Noël Bestion de Camboulas au clavecin solo, dix-huit instruments à cordes, immergés dans un vidéo mapping faisant écho aux ambiances « électroniques » de ces œuvres, embarquent le public dans leur jeu de symétries et de transe.
Ensemble vocal et instrumental, La Tempête s’est installée à Brive en 2016. Au sein de ses ateliers, la compagnie poursuit le travail initié depuis 30 ans par la Camerata Vocale.

Vendredi 29 mars à 20 h30 / En route kaddish / Cie Lieux-dits – David Geselson / Théâtre / Durée 1 h / Théâtre de Tulle.

Le grand-père de David Geselson est parti de Lituanie dans les années 30 pour aller vivre en Palestine. Homme aux multiples passions amoureuses, il est en quête de terre promise. De l’idéal du kibboutz en passant par la tragédie de la Nakba, Yehouda ben Porat a parcouru l’Europe d’après la Shoah en tant que soldat dans la Brigade juive de l’armée anglaise, s’est exilé aux États Unis, puis en est revenu. Alors qu’il reçoit le prix du président de l’État d’Israël pour son travail de directeur de l’Institut de recherche, les idéaux qu’il aura poursuivis toute sa vie sont déjà fissurés. À la mort de celui-ci, David est au Japon et tente de fuir un chagrin d’amour.

C’est cette histoire qui nous est racontée. En Route-Kaddish est le dévoilement d’une quête, de mémoires et d’identités. Un théâtre entre documentaire et fiction où les vies de David et de Yahouda s’entremêlent, se répondent et s’interrogent.

Au-delà des biographies, des archives de l’Histoire et de ses frontières mouvantes, les questionnements surgissent. L’engagement, l’amour et le sens que l’on donne à sa vie. Les questions de transmission et d’héritages, aussi, où l’intime croise le politique.

Sur scène, Elios Noël est Yehouda, en dialogue avec David Geselson qui incarne son propre rôle. Avec une apparente simplicité, ils nous donnent toute la justesse d’un récit tout à la fois complexe et subtil, hanté par la puissance des désirs impossibles.

Samedi 30 mars à 11 h / Comment moi je ? / Cie Tourneboulé / Théâtre Jeune public à partir de 5 ans / Durée 55 minutes / Théâtre de Brive.

L’histoire commence par une naissance, un soir de neige. Une naissance inattendue – voire pas prévue du tout – qui laisse une petite fille toute emmêlée seule face à elle-même. Heureusement, sur son chemin, elle rencontre Jean-Pierre, philosophe haut perché dans son arbre. De questions en questions, comme on sème des cailloux en forme de point d’interrogation, cette petite fille déroule le fil de l’existence, apprend à réfléchir, à grandir…

Une histoire pour questionner ce Moi qui nous constitue. Une histoire pour le plaisir de poser des questions et d’entrer en philosophie. Qui suis-je ? Comment comprendre le monde qui nous entoure ? Comment y trouver sa place ? Comment grandir ?

La mise en scène de Marie Levavasseur aborde avec drôlerie et simplicité la philosophie à hauteur de petit homme par un jeu théâtral qui mêle corps, marionnettes et objets.

Quelques infos pratiques !

Théâtre de Brive, Place Aristide Briand 19100 Brive
Théâtre de Tulle, 8, quai de la République 19100 Tulle

Tél. : 05.55.86.01.10 / Mail : contact@sn-lempreinte.fr

La billetterie du Théâtre : Tél : 05.55.22.15.22

Mail : billetterie@sn-lempreinte.fr

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Swaz

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