Histoire(s) de lire… N°41

Comédies du pouvoir et des sentiments, générations avides, perdues ou désabusées, quêtes initiatiques, messages drôles, inquiétants ou émouvants venus de l’au-delà… Un Histoire(s) de lire au coeur de l’humain en autant de reflets de ses peurs, ses ambitions et ses contradictions ! Bonnes lectures à toutes et à tous !

Georges Duroy de Cantel, dévoré par l’ambition, est prêt à toutes les compromissions, même les plus basses, pour atteindre le but qu’il s’est fixé : devenir un riche notable reconnu par ses pairs. Tous les moyens sont bons pour ce fils de paysans normands qui n’hésite pas à jouer de sa séduction pour asseoir son pouvoir : après avoir épousé Madeleine, une incorruptible journaliste, il séduit Virginie, l’épouse du directeur du journal « La vie française », avant d’épouser sa fille, Suzanne… Un « beau » mariage car les Walter sont une famille de banquiers juifs fortunés… Tout naturellement, Georges devient le rédacteur en chef du journal de son beau-père et s’installe auprès de son épouse et de leurs deux enfants dans un luxueux hôtel particulier. Mais il a les dents longues et sa fortune ne suffit pas à le combler… Il lorgne désormais sur le Palais-Bourbon, première marche politique dont il ne compte pas se satisfaire, puisque c’est aux plus hautes sphères de l’état qu’il aspire… Harold Cobert a eu la lumineuse idée (et le talent !) de reprendre le personnage de Georges Duroy où Maupassant l’avait laissé à la fin de son roman « Bel-Ami ». Pas évident de reprendre un tel personnage sans craindre la comparaison avec son illustre auteur ! Et bien, Harold Cobert a su parfaitement tirer son épingle du jeu et il nous offre avec sa « Belle-amie » un sacré tour de force littéraire ! D’une plume aisée et fluide, il retrace à merveille les mœurs et le contexte politique de l’époque dans cette flamboyante comédie du pouvoir qui résonne avec le monde politique et financier actuel : magouilles, corruptions et coups bas, scandales d’état… Rien de nouveau sous le soleil et les ors de la troisième république apparaissent tout autant gangrenés que ceux dans laquelle nous vivons aujourd’hui… A travers ce personnage arriviste, dénué de scrupules, cynique et méprisant, Harold Cobert dessine les hoquets de l’histoire et l’intemporelle perversité dénuée de morale des hommes qui nous gouvernent, d’une écriture classique et classieuse … Un pur bonheur de lecture !!!

Belle-amie d’Harold Cobert, Les Escales, 2019 /19,90€

Mais quelle mouche a bien pu piquer Bambi avec cette idée saugrenue de vouloir un enfant ? Félix se serait bien contenté de continuer sa vie pépère à roucouler avec elle jusqu’à la fin de ses jours, leur union frôlant à son goût la perfection… En plus, après un premier roman à succès, il n’arrive plus à trouver l’inspiration, alors, un bébé, c’est bien le cadet de ses soucis, il a bien assez à faire avec sa propre personne ! Mais voilà… Le tic tac de l’horloge biologique de Bambi a sonné, rien ne la fera changer d’avis et son désir de maternité remet en cause l’existence même de leur couple, car Félix ne veut rien entendre : il est hors de question pour lui de se reproduire… Ses potes, autour de lui, ont tous succombé à ce satané ordre des choses qui fait que l’on se rencontre, que l’on s’aime et que des enfants naissent de cet amour, quitte à en adopter quand la nature se fait récalcitrante à toute tentative de procréation…. Mais lui résistera jusqu’au bout à l’appel de la paternité ! Comment reconstruire la belle osmose avec Bambi dans ces conditions ? Pour tenter d’y voir plus clair et de se dépatouiller de cette inextricable situation, Félix décide de prendre du recul en se réfugiant au cœur des Causses, dans une commanderie templière que rénove son ami Zébulon. Mais au lieu d’y trouver un havre de paix propice à une saine réflexion, il succombe aux charmes de Sabine, la voisine de Zébulon, venue elle aussi se ressourcer quelques jours pour oublier que son mari, perpétuellement en voyage aux quatre coins du monde pour des raisons professionnelles, la délaisse… Tous deux deviennent amants le temps d’une nuit… Cette aventure qui aurait dû être éphémère se complique quand Félix découvre qu’il est bel et bien tombé amoureux de la belle… Et se compliquera encore davantage lorsqu’il apprendra qu’elle est enceinte et que son mari, en plus d’être rarement présent, est présumé stérile… Jean-François Pigeat signe avec cet itinéraire d’un enfant gâté, le portrait d’un jeune homme immature et égoïste qui refuse de se projeter dans un avenir, il faut bien le dire, pour le moins incertain. Cette comédie douce-amère et désabusée reflète les affres et les contradictions d’une génération mal grandie avec une jolie pointe d’humour et beaucoup d’ironie !

L’ordre des choses de Jean-François Pigeat, Le Dilettante, 2019 /18€

Viré de l’école, Nicolas reçoit les compliments de son père en même temps que la caisse à outils familiale… A lui d’en faire bon usage ! Mais voilà, s’il est rempli de bonne volonté, Nicolas est affligé de deux mains gauches et d’une maladresse qui semble sans limites ! Après avoir été viré de son boulot de laveur de cars (où il bossait avec sa compagne, Marcelline, qui le vire également sans sommation), Nicolas squatte chez son ami Jakhno. Celui-ci, qui retape sa vieille bagnole chez un pote garagiste, lui présente son ami afin qu’il le prenne en apprentissage… Marché conclu et première bonne occasion pour Nicolas de faire enfin ses preuves en se montrant digne de la fameuse boîte à outils de son paternel ! Mais voilà, c’est là qu’est l’os… Son patron noie dans l’alcool ses états d’âme depuis sa séparation avec son épouse et un beau jour, suite à une erreur d’inattention, le garage part entièrement en fumée… Retour à la case départ pour Nicolas qui ne se décourage pas pour autant ! Une association qui a pour vocation de former des stagiaires au beau métier de menuisier vient de se monter non loin du garage. Nicolas tente sa chance… Et est illico engagé pour refaire les travaux avant l’arrivée des stagiaires et pour leur enseigner ensuite la menuiserie (euh..) … Pas de contrat, pas plus de salaire, mais bon, Nicolas est aussi volontaire que maladroit et il retrousse ses manches pour se mettre à l’ouvrage… déclenchant bien entendu par son incompétence notoire une série de catastrophes… L’humour est omniprésent dans ce roman avec ce personnage de candide lunaire et maladroit qui a le chic pour s’embourber dans des situations absurdes et improbables, entouré d’une ribambelle de bras cassés plus farfelus les uns que les autres ! Mais on ne peut raisonnablement limiter ce roman à l’humour qu’il dégage… Gérard Besnier nous offre en effet à travers cette quête initiatique en forme de chemin de croix, un roman à la construction surprenante où, entre chaque chapitre, il prend à partie sa lectrice dans de courts apartés, afin de faire le point avec elle sur le chapitre précédent… Ce choix réducteur d’un lectorat féminin et cette manière de s’immiscer dans la lecture, moment intime et privilégié s’il en est, est parfois perturbante mais on ne peut nier son originalité ! N’y voyez pas un obstacle à votre envie de découvrir ce roman : son écriture, parfaitement maîtrisée, vaut à elle seule le détour ! De la belle ouvrage !

La boîte à outils de Gérard Besnier, François Bourin, 2019 /22€

Années 80. David a vingt ans lorsqu’il quitte son Clermont-Ferrand natal pour « monter » à Paris afin d’intégrer Normale Sup. Introverti et solitaire, il a du mal à s’intégrer à la vie estudiantine parisienne, enfermé dans la nostalgie de sa vie « d’avant » et de ses copains d’enfance. Au fil de ses rencontres, le jeune homme va quitter peu à peu sa peau d’adolescence pour entrer de plein fouet dans sa vie d’adulte : un changement brutal où ce « longtemps » tant espéré est arrivé plus vite qu’il ne l’aurait imaginé… Voilà en quelques lignes le pitch de ce roman fleuve qui traverse la vie politique, économique et culturelle des années 80 à travers le vécu et le ressenti d’un jeune homme : amitiés complexes et besoin d’appartenance à un groupe, sentiment d’exclusivité pas toujours bien perçu par ses pairs, amours compliquées par sa difficulté à s’engager et à comprendre sa relation à l’autre, passions compulsives pour le cinéma et les salles obscures et pour les ambiances de concerts devenus mythiques… David, entier, ne supporte pas la tiédeur et s’obstine jusqu’à l’obsession. Christophe Mercier, avec humour, profondeur et une pointe de cynisme, nous offre avec « Longtemps est arrivé » une formidable fresque existentielle et sociale, nous immergeant dans l’ambiance d’une époque révolue où l’on espérait des lendemains qui chantent, à travers l’éducation sentimentale de ce jeune homme à la recherche de lui-même. Ce roman brillant qui se savoure avec une pointe de nostalgie, est sélectionné pour le prix François Mauriac… Une nomination amplement méritée !

Longtemps est arrivé de Christophe Mercier, Bartillat, 2019 /24€

La Fuye, quartier populaire d’une ville dangereusement encerclée par deux fleuves tumultueux, est depuis peu l’objet des convoitises d’urbanistes, investisseurs et autres spéculateurs. Ce quartier délabré où réside majoritairement une population âgée enracinée ici depuis des décennies, offrirait un sacré potentiel si celui-ci était rénové… Pour un moindre coût, ils pourraient faire de sacrées plus values en l’aménageant de façon à attirer une population plus jeune, plus branchée et plus fortunée ! Ces vieilles bicoques et ces anciens entrepôts auraient une sacrée classe une fois transformés en lofts… Quant aux petits commerces désuets, des magasins « bobo chic » et des restaurants exotiques apporteraient un autre standing au quartier ! La vie de village ? Pfff.. Un autre temps ! Place à un monde uniforme, déshumanisé et sans âme, bien plus lucratif que ces nostalgies passéistes ! Reste maintenant à convaincre les gens de quitter leur maison, lieu de toute une vie et écrin de leurs souvenirs… Théo, un agent immobilier prêt à tout pour ne pas se faire évincer par les jeunes loups aux dents longues qui lorgnent sur sa place, est chargé d’appâter ces pauvres vieux en leur faisant miroiter des logements neufs en périphérie, près des zones industrielles. Si Certains cèdent à l’appel de ces illusoires chants des sirènes, d’autres résistent comme Malick, cafetier sur la place, qui n’imagine pas une seconde sa vie loin de ce lien tissé avec sa clientèle d’habitués… Louise, une jeune assistante sociale qui vient tout juste d’intégrer le quartier, est outrée par les procédés malhonnêtes et les basses manoeuvres de ces marchands de rêve… Ce quartier, c’est celui de Lucien, son grand père paternel, cheminot et syndicaliste CGT, dont elle sait très peu de choses, son père, brillant chirurgien au CHU où elle travaille, étant resté très évasif à son sujet… Paul, son voisin, pourrait peut-être lui apporter de précieux témoignages à son sujet, si celui-ci, atteint du syndrome de Diogène, ne vivait pas cloîtré dans ses souvenirs, enfermé avec ses chiens et chats dans son taudis où il accumule objets et déchets qu’il érige comme des remparts entre lui et le monde extérieur pour lequel il n’éprouve que mépris et incompréhension… Sa maison insalubre et son comportement asocial suscitent bien des commentaires acides dans le quartier, certains rêvant même de le faire enfermer… La tension monte entre les hommes tandis que les fleuves gonflent et s’impatientent, prêts à engloutir la ville… Dans ce roman choral où la ville tient le premier rôle, les voix des différents protagonistes résonnent en dévoilant leurs failles et leurs aspirations, sous l’écriture précise et ferme que Sylvie Dazy manie tel un scalpel, tranchant dans le vif de relations humaines de plus en plus dénuées de valeurs… Un roman fort et juste sur l’absurdité des hommes et sur la puissance d’une nature qui, si nous n’y prenons garde, jouera le rôle de juge de paix en mettant un point final à notre humanité…

L’embâcle de Sylvie Dazy, Le Dilettante, 2019 /18€

En Floride, sur le parking d’un camp de caravanes coincé entre une décharge et une rivière à alligators, Pearl, une jeune adolescente, et Margot, sa mère, vivent dans une vieille voiture sur cales, qui est leur seul bien et l’unique maison que n’a jamais connue Pearl qui vit ici depuis sa naissance, Margot ayant fui une vie bourgeoise et un père autoritaire… Pearl, à la peau de porcelaine, est aussi frêle que sa mère, mais fait preuve d’une maturité à toute épreuve : lorsqu’on n’a connu qu’une décharge pour terrain de jeu, ça forge le caractère… Elle partage avec sa mère une relation fusionnelle, faite de rêves et d’éclats de rire qui allègent la dureté de leur quotidien et leur vieille voiture déglinguée devient, grâce à l’imagination de Margot, le véhicule de tous leurs voyages immobiles… Pearl et Margot ne sont pas seules dans cette galère et partagent ce terrain miteux avec d’autres laissés pour compte du rêve américain : une vieille enseignante et sa fille un peu demeurée, une infirmière, son mari et Avril May, une gamine délurée qui est la meilleure et seule amie de Pearl. Mais depuis peu, le pasteur Rex a également investi les lieux… Celui-ci, après avoir pieusement prêché en chaire la bonne parole, s’adonne sur le camp à un juteux trafic d’armes qui attire un incessant cortège d’individus louches, dont Eli, un mystérieux texan dont la douce et fantasque Margot va tomber amoureuse… La relation exclusive des deux amants va éloigner peu à peu Pearl de sa mère, la livrant encore un peu plus à elle-même, tandis que les armes circulent de plus en plus dans le camp de fortune… Jennifer Clement signe avec « Balles perdues » un flamboyant plaidoyer contre la libre circulation des armes aux USA et la banalisation de la violence engendrée par sa réglementation : un constat froid comme l’acier d’un colt qui s’oppose à la sensibilité et à la tendre fragilité de ces deux personnages, sans jamais tomber dans la caricature. Ce roman fort et juste, sombre mais non dénué de poésie, joue sur la colère et la désespérance d’un monde en perdition qui brise des existences à l’abandon, les laissant à la merci de balles perdues… Un roman qui ne peut laisser indifférent.

Balles perdues de Jennifer Clement (traduit de l’anglais (États-Unis) par Patricia Reznikov), Flammarion, 2018 /20€

Quinze ans… Pendant quinze longues années, Henny a attendu désespérément le retour de Michaël, son prince charmant… Comme elle avait refusé de quitter sa ville natale de Pine Creek pour le suivre, Michaël, qui y étouffait dans l’ombre de son frère, le mutisme de sa mère et l’autorité glaciale de son père, était parti sans elle vivre ses rêves dans le vaste monde pour assouvir sa passion pour la géologie, dont il a fait son métier et pour lequel il est respecté par ses pairs. Et le voilà de retour, leurs sentiments enfouis renaissant intacts au grand jour… Pour une seule et courte nuit d’amour car Henny, en quittant les bras douillets de son amant, encore éblouie par ces douces retrouvailles, se fait renverser et tuer par un camion alors qu’elle traversait la route pour rejoindre le motel des Pins Perdus où elle travaillait… RIP, Henny ? Pas vraiment, car son départ pour l’au-delà semble reporté à une date ultérieure… Pas plus de lumière blanche que de beurre en branche pour l’accueillir et notre douce et adorable Henny se retrouve transparente aux yeux des vivants, mais toujours là, à observer dans une totale impuissance le monde qui l’entoure… Puisqu’elle est là et dieu sait (Ah ! Celui-là, hein !) pour combien de temps, Henny décide de faire en sorte de réunir ses amis et amours terrestres, qui ont bien du mal à se remettre de son (faux) départ… Bienvenue au motel des Pins Perdus, dans l’ombre évanescente de ce fantôme empathique qui se voudrait protecteur ! Vous y découvrirez toute une petite humanité scellée par une solide amitié depuis l’enfance, composée par les amies qui faisaient le bonheur de la défunte, coincée désormais entre ciel et terre… Mackenzie, rebelle au sale caractère et au cœur d’or, qui se bat tel Don Quichotte contre les préjugés des habitants fanatiques religieux de ce petit bled conservateur qui la rejettent pour son homosexualité… Camila, patronne du motel, qui l’a laissé aux mains d’Henny et de Mackenzie lorsqu’elle a quitté la ville, après avoir changé de sexe… Et bien sûr le beau et ténébreux Michaël torturé de remords pour avoir quitté Henny, et malheureux comme les pierres de l’avoir perdue à nouveau, et cette fois définitivement, à peine après l’avoir retrouvée… Bien d’autres personnages tendres et attachants gravitent autour de ce motel des âmes perdues, point de ralliement de toutes les détresses mais aussi de tous les bonheurs… Katarina Bivald, d’une écriture légère et empreinte d’humour, nous embarque sans prétention dans ce roman « feel good » rempli de bons sentiments, qui égratigne au passage l’intolérance et l’aveuglement hargneux d’une petite communauté repliée sur elle-même et sur son intransigeance. Un bon moment de lecture, sans vraiment de happy end, son héroïne étant décédée dès le premier chapitre… Esprit es-tu là ? Oui !!! 

Bienvenue au motel des pins perdus de Katarina Bivald, Denoël, 2019 / 21,90€

Jim Byrd est passé de l’autre côté du miroir, lorsqu’il a été déclaré cliniquement mort après que son cœur se soit arrêté de battre, l’espace de quelques minutes… Aujourd’hui, il va bien, du moins physiquement. Son cœur est relié au réseau « HeartNet » et il peut surveiller les battements de son palpitant en temps réel par le biais d’une application sur son Smartphone. Un système fiable jusqu’au jour où des hackers s’amusent à le pirater, provoquant en aveugle la mort des porteurs de ce dispositif… Une  sacrée épée de Damoclès au-dessus de la tête de Jim que son expérience de mort imminente n’a rien fait pour le rassurer : durant le bref moment où il a quitté le monde des vivants, il n’a ressenti aucune vision de lumière céleste, mais un vide sidéral et une totale absence de lui-même… Les idées qu’il avait sur l’après vie sont désormais, de source fiable, totalement erronées…. S’il n’y a rien après la vie, quel est son but ? Pourquoi se démener vainement tout au long de l’existence pour tomber dans un néant vide de sens ? Depuis ce traumatisme, Jim se sent comme étranger dans le monde dans lequel il évolue, un monde virtuel où la technologie dépasse de loin les frontières du raisonnable, où des hologrammes plus vrais que nature circulent un peu partout, effaçant toute notion de réalité chez les êtres humains. Il continue, comme dédoublé, à exercer son métier de banquier, retrouve Annie, son amour d’adolescence, qui vit seule avec sa fille depuis la mort de son mari, dans des circonstances aussi mystérieuses que dramatiques… Tous deux amoureux, ils démarrent une nouvelle vie… Un jour où il rend visite à une cliente pour éclaircir quelques points concernant un prêt qu’il lui a consenti pour l’agrandissement de son restaurant, il se retrouve face à un épisode surnaturel troublant qui va totalement l’obséder : plusieurs personnes, en grimpant l’escalier qui mène à l’étage, ont ressenti une présence et entendu une voix avant d’être poussées violemment… Cette maison, qui appartenait aux Lennox, a brûlé dans un terrible incendie qui a causé la mort du maître des lieux et celle de son épouse, plus d’un siècle auparavant… Thomas Pierce nous offre une passionnante réflexion sur l’après-vie et sur l’insoutenable légèreté de l’être dans un monde où la spiritualité a peu à peu disparu au profit d’une technologie délirante. A travers ce curieux roman (dans tous les sens du terme !), il nous questionne sur notre place dans l’univers et sur notre rapport au temps… Celui-ci existe-t-il ou n’est-il qu’une vue de l’esprit ? Après lecture de ce roman qui balance entre anticipation et philosophie, nous devrons bien évidemment chercher nos propres réponses… Passionnant !

Nos vies d’après de Thomas Pierce (traduit de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié), Denoël, 2019 / 23,90€

Christine Le Garrec

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