La prog de l’Empreinte en Mars !

Pour fêter l’arrivée du printemps, la scène nationale de l’Empreinte nous offre une généreuse programmation pour tous les âges : apéro conversation, théâtre, musique, danse… Et le talentueux Abd Al Malik sur un plateau ! Demandez le programme !

Mardi 10 Mars / 18H30 / Apéro conversation avec Marielle Macé / Faire des cabanes ou comment vivre dans un monde abîmé / Durée : 1H30 / Entrée gratuite / Théâtre de Tulle

Pour Marielle Macé, la cabane est une formidable invention qui puise dans l’imaginaire et les savoirs collectifs et partagés. On la retrouve partout, théâtre des jeux d’enfants ou encore espace refuge des populations déplacées. La cabane permet la poésie et élargit notre vision de l’hospitalité. À la croisée de la littérature et des sciences sociales, Marielle Macé nous entraîne sur des chemins sensibles, en quête d’espaces intacts et réinventés dans un « monde abimé ».

Mardi 10 Mars / 20H30 / salle des confluences d’Argentat / Mercredi 11 Mars / 20H30 / Salle Ventadour à Egletons / Jeudi 12 Mars / 20H30 / Salle Jean Moulin à Bort-Les-Orgues / Vendredi 13 Mars / 20H30 / Salle culturelle d’Allassac / Théâtre / Le roi Lear / Julien GuillLa Compagnie Provisoire / Durée : 1H45 / Tarifs de 5 à 14€

Au début du Roi Lear, il y a un héritage. Celui de Lear à ses filles, d’un roi-tyran à ses enfants. Le metteur en scène Julien Guill de la compagnie provisoire choisit de s’appuyer sur cette notion de transmission entre générations pour nous passer à son tour ce monument théâtral shakespearien qui circule depuis 1606. La mise en scène est volontairement épurée, les rôles partagés entre quatre comédiens, deux hommes et deux femmes, entre la trentaine et la cinquantaine. Ils sont tous ces enfants qui racontent leurs pères, qui les observent périr, qui assistent à la dérive d’un roi déchu jusqu’à sa mort. Ramené à l’os, ce Roi Lear touche d’autant plus qu’il se répand dans la salle et dans les gradins, entre répercussion physique et résonance émotionnelle, il nous interpelle. Car ne sommes-nous pas nous tous, aussi, les enfants de Lear ?

Mardi 10 Mars / 20H30 / Musique / Printemps / Sylvaine Hélary / Durée : 1H15 / Tarifs de 5 à 21€ / Théâtre de Tulle

Printemps, comme un surgissement après l’hiver. Printemps, comme un soulèvement révolutionnaire. Ça bourgeonne dans le projet de l’insatiable flûtiste Sylvaine Hélary, imaginé alors que le printemps arabe occupait le devant de la scène médiatique. La flûtiste a réuni autour d’elle des musiciens qu’elle connaît bien, mais aussi des textes d’Arthur Grand, du philosophe Xavier Papaïs ou du blogueur égyptien Aalam Wassef. « Trois instrumentistes. Un polygraphe. Un écran de projection. Quelques bandes magnétiques imprimées de sons. Des dessins accrochés au mur. De petits pas. Un grand sursaut », résume-t-elle. Tous travaillent à mettre en mouvement cette installation collective aux allures d’art total. Le concentré artistique est dense, l’aventure hautement engagée. Ne serait-ce que dans ces présences décidées à faire renaître chaque soir sur les ruines hivernales un espoir musical, un nouvel essor.

Jeudi 12 Mars / 20H30 / Théâtre (dès 12 ans) / Des territoires (… Et tout sera pardonné ?) / Baptiste AmannL’Annexe / Durée : 2H15 / Tarifs de 5 à 21€ / Théâtre de Brive

Mieux qu’une série télévisée, Baptiste Amann a inventé une trilogie théâtrale en trois saisons que nous suivons, accros, depuis les deux premiers épisodes programmés au théâtre de l’Empreinte l’an dernier. Des territoires est un feuilleton ample autour d’une fratrie dans un pavillon de banlieue, qui dit la perte d’idéaux d’une génération tout en convoquant les grandes périodes révolutionnaires : la Révolution française (Nous sifflerons la Marseillaise…) et la Commune (… d’une prison l’autre…). Ce dernier volet commence dans une chambre d’hôpital. Ce drame intime et familial se télescope avec la guerre d’Algérie, que Baptiste Amann revisite par le procès de Djamila Bouhireb, combattante du FLN défendue par Jacques Vergès. Au plateau, les comédiens fidèles s’engagent à corps perdu. Nous parvient le cri d’une génération d’acteurs, d’une génération tout court, qui nourrit ses idéaux perdus à d’autres utopies que la sienne. Explosif.

Mardi 17 Mars / 20H30 / Théatre – roman graphique théâtral (dès 14 ans) / Noire / Collectif F71 / Durée : 1H30 / Tarifs de 5 à 21€ / Théâtre de Tulle

« Prenez une profonde inspiration et suivez-moi. Maintenant, vous êtes noire. » Noire, comme Claudette Colvin, lycéenne à Montgomery, en Alabama, en 1955. Moins connue que Rosa Parks, elle refusa dans un bus de céder son siège à une passagère blanche. Elle alla même plus loin, en attaquant la ville en justice. Une première dans l’histoire des États-Unis ségrégationnistes. Lucie Nicolas et Charlotte Melly du collectif F71 s’emparent de cette histoire méconnue dans un magnifique roman graphique et théâtral inspiré de la bande dessinée de Tania de Montaigne. Installée à une table, Charlotte Melly dessine en direct, et projette ses dessins en fond de scène. Sophie Richelieu prend en charge tous les personnages de l’affaire, chante, s’adresse directement au public. Noire est une expérience de l’empathie. C’est aussi et surtout une fabuleuse enquête historique, menée crayon battant, qui redonne forme et voix à une héroïne oubliée du xxe siècle.

Vendredi 20 Mars / 20H30 / Danse / Le jour de la bête / Aina Alegre – Association Studio Fictif / Durée : 1H / Tarifs de 5 à 21€ / Théâtre de Tulle

Jour de bête, jour de fête… Aina Alegre, danseuse catalane explosive aperçue aux côtés d’Alban Richard ou Nasser Martin-Gousset, célèbre avec quatre interprètes-amis un rituel festif. En habit sobre et androgyne, les cinq danseurs font fête dans la sobriété. Les tapements de pieds, de mains et les rondes semblent ricocher depuis les danses traditionnelles, mais la pièce n’est en rien folklorique. Leur carnaval contemporain multiplie les trajectoires et les moments choraux dans toute une panoplie d’élans simples et savants à la fois. Sans perdre cette haute concentration du geste qui les relie, ils sont capables de bourrasques et d’accalmies, de tensions électriques et de rires jubilatoires. Les mouvements se propagent par contamination, entre eux, jusqu’au public qu’ils ne laissent pas de côté. Car Aina Alegre s’est inspirée des fêtes catalanes populaires pour cette pièce non pas participative, mais totalement inclusive.

Samedi 21 Mars / 20H30 / Musique / Vassilena Serafimova et Thomas Enhco – Concert piano percussions / Durée : 1H15 / Tarifs de 5 à 21€ / Théâtre de Brive

Vassilena Serafimova, percussionniste bulgare, a été formée à Paris. Thomas Enhco, pianiste et violoniste, fait partie de la famille de musiciens Casadesus. À l’aise dans tous les registres musicaux – jazz, pop, expérimental, classique, improvisation –, voici que ce duo flamboyant se met au service de Jean-Sébastien Bach, dans un programme de sonates pour violons, de suite pour violoncelle et d’une partita réarrangées pour leurs deux instruments. Elle avec le son chaud, exotique, enchanteur de son xylophone de bois. Lui au piano, capable de toutes les folies. Ce programme sur mesure sera entrecoupé de compositions de Thomas Enhco et d’embardées improvisées. Sensations fortes garanties.

Lundi 23 Mars / 20H30 / Théâtre / Le silence et la peur / David Geselson – Compagnie Lieux-Dits / Durée : 2H / Tarifs de 5 à 21€ / Théâtre de Tulle

David Geselson s’attaque au monument Nina Simone en prenant bien soin de déjouer les pièges de l’incarnation. Comment représenter au plateau celle qui se disait « d’une autre planète » ? La chanteuse constitue un monde en soi, à la fois personnage de révolte, de rage, de génie, de souffrance, dont les origines remontent aux esclaves africains et aux Amérindiens décimés. Le silence et la peur ne sera donc pas un portrait, mais un faisceau de présences puisées dans quatre siècles d’histoire nord-américaine et dans la trajectoire de celle qui est née Eunice Waymon en Caroline du Nord dans les années 30. Les voix se croisent, les personnages aussi, de Christophe Colomb à l’historien américain Howard Zinn, en passant par les figures des luttes pour les droits civiques. Autant d’échos à une voix déchirante et fragile portée ici, en français et en anglais, par des artistes des deux continents.

Mercredi 25 Mars / 20H30 / Musique – Danse / Le jeune noir à l’épée / Abd Al Malik / Durée : 1H15 / Tarifs de 5 à 21€ / Théâtre de Brive

«  Jeune Noir à l’épée est d’abord le titre d’une peinture de Pierre Puvis de Chavannes qui m’a bouleversé » (présentée à l’origine dans le cadre de l’exposition Le modèle noir, de Géricault à Matisse au musée d’Orsay en 2019). Abd al Malik s’empare de cette figure du xixe siècle pour en faire un homme contemporain en révolte. « Du plus profond de mon propre vécu, je savais bien d’où venait la lutte de ce jeune Noir pour quitter la rue et la haine, sans abandonner les siens ». Cette performance puissante et singulière allie textes, art pictural, musiques et danse, pour dire les aspirations d’un homme en lutte. Émerge alors une réflexion passionnante sur l’identité à l’ère de la mondialisation, invoquant tour à tour Baudelaire ou Édouard Glissant. Salia Sanou signe la chorégraphie de ce spectacle percutant, porté par la poésie slamée, déclamée, rappée et chantée d’Abd al Malik. Magistral !

Vendredi 27 Mars / 20H30 / Musique – Théâtre (à partir de 10 ans) / Lemuel. Voyages minuscules / Cie les Nuages Noirs / Durée : 1H10 / Tarifs de 5 à 21€ / Théâtre de Tulle

La compagnie Les Nuages noirs transpose Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift de l’Angleterre du xviiie siècle à notre époque. Le Lemuel de Swift était chirurgien. Celui des Nuages noirs est un collégien. Ce qui les relie ? L’envie d’échapper à la banalité du monde, et de fuir ce que la société dessine pour eux – autant dire, rien de très réjouissant. Alors Lemuel rêve les yeux ouverts, divague, et se lance dans une fuite en avant pleine de rebondissements. Ce voyage initiatique se transforme en épopée fantastique. Le théâtre des Nuages noirs est toujours baigné d’un univers sonore. Ici, un musicien accompagne les trois comédiens dans une épopée satirique et merveilleuse où les chiens parlent et les Lilliputiens existent pour de vrai. Ou comment l’imagination peut soulever des montagnes, et permettre à chacun de se frayer un chemin dans ce monde. Même depuis une salle de classe…

Mardi 31 Mars / 20H30 / Musique / Purcell songs & dances / Les musiciens de Saint-Julien / Durée : 1H30 / Tarifs de 5 à 21€ / Théâtre de Tulle

Les Musiciens de Saint-Julien avancent depuis longtemps en terres baroques. Après leurs incursions en Écosse et en Irlande, ils poursuivent leur route vers l’Angleterre, montrant la porosité musicale entre ces territoires insulaires. Toujours guidés par leur fondateur, le flûtiste François Lazarevitch, cet ensemble de cordes aux couleurs atypiques – puisque s’y ajoutent deux flûtes, une harpe et un clavecin-luth – s’associe cette fois au contre-ténor anglais Tim Mead pour explorer le répertoire profane de Henry Purcell (1659-1695). Ce programme ne manque pas d’éclectisme, composé des airs connus du compositeur anglais (« O Solitude », « Strike the Viol », « What Power Art Thou »…), mais aussi de danses instrumentales et d’airs chantés conçus pour la scène d’opéra ou de théâtre. Ce faisant, les Musiciens de Saint-Julien poursuivent le chemin précieux qu’ils ont entamé il y a quelques années : celui d’une musique populaire inscrite au cœur des musiques savantes, d’un brassage d’origines, de pratiques et de répertoires.

Abonnements, billeterie, renseignements sur les navettes Brive / Tulle, Tulle / Brive, ici ! Téléphone : 05 55 22 15 22

Christine Le Garrec

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