Festival du Bleu En Hiver : Jazzs magnétiques !

Des théâtres de L’Empreinte à la salle Des Lendemains Qui Chantent, de médiathèques en centres culturels, et jusque sur les marchés, le Jazz va nous enchanter et nous faire vibrer grâce au festival Du Bleu en Hiver… Que nous sommes heureux de retrouver sous les frimas ! Cosmique, métissé, voyageur, bicéphale, salé, utopiste, tonique, enragé, vitaminé, frappé, vivace, intense, aérien, scintillant ou cosmopolite, le Jazz (re)prend donc ses quartiers d’hiver pour nous faire voir la vie en bleu, de Boulazac à Brive en passant par Tulle, du 20 au 30 Janvier, pour une multitude de concerts de très grande qualité, gratuits ou à prix très raisonnables… Et pour tous publics ! A noter la belle exposition de Catherine Chaux que vous pourrez contempler jusqu’au 12 Février ! Bons concerts à toutes et à tous ! Régalez-vous !

Jeudi 20 Janvier / 20H / Auditorium l’Agora-PNC Boulazac / Jazz Cosmique / Back to the moon – Thomas de Pourquery & Supersonic / Tarifs de 6 à 20€

Méchant comme un remake à 6 des Douze Salopards, Supersonic lance ses détonations astrales et inquiètes, forge à mains nues un jazz astropataphysique. Tempos en rupture de vitesse et cabrioles libertines. Rompu à cet exercice comme un ex-président à celui des annonces de candidature, le combo astro-spatial rejoue rubis sur l’ongle l’esprit dissident, les thèmes solaires et cosmiques avec une déférence amoureuse, visiblement amoureuse. Jusqu’au tout récent Back To The Moon, intime et inspiré. Cosmique de répétition ? Loin s’en faut. Volet après volet, Supersonic explore de nouvelles routes et de nouvelles directions.

Vendredi 21 Janvier / 18H30 / Théâtre de Tulle / Samedi 22 Janvier / 14H / CSC Jacques Cartier à Brive / Jazz Métissé / Anw Be Yonbolo – Naïny Diabaté et Eve Risser / Gratuit

Le désert est traversé. Sans encombre, avec une fraîcheur loin d’être éthérée. Naïny Diabaté et Eve Risser se posent près de l’oasis de ce duo né des sessions du Kogoba Basigui, grand ensemble à cheval dans les dunes du Red Desert Orchestra et du Kaludja Band. Une pause sans pose pourtant, Anw Be Yonbolo, c’est une formule de soutien entre humains qu’on sonne au Mali. On est ensemble, même à deux seulement. La pianiste compose, la chanteuse arrange en improvisant. Amalgamer les luttes des femmes, les fleuves indociles et les saillies politiques avec un duo pareil, c’est osé. Mais aussi et surtout ultra précis, parfaitement fluide et jamais figé. Tout procède par glissement de techniques, de traditions, de styles et d’ambiances. Rien ne se percute pour autant. Ce duo piano/chant est un duo d’orfèvres. Obstiné et volubile, ce qui sort joyeusement ce bel ouvrage de l’atelier pour le porter sur les grands espaces, les clairières ensoleillées et les rivières un brin tapageuses.

Vendredi 21 Janvier / 21H / Théâtre de Tulle / Polka Mania / Lumpeks / Tarifs de 6 à 20€

Si leur nom vient des petits boutiques de seconde main polonaises, leur musique reste, elle, de premier ordre et conçue de mains de maîtres. Et de premier ordre. On pourrait classer la musique du quatuor tout contre la Radical Jewish Culture développée par John Zorn et la lave incendiaire crachée par Akosh S. Depuis 2018, Sébastien Beliah tient boutique entre ruelle tradi et boulevard free jazz. Alliage léger, la musique de Lumpeks réunit le contrebassiste au cornet de Louis Laurain, au sax alto de Pierre Borel, à la voix d’Olga Kozieł. Mélodies et danses polonaises se frottent à la musique créative d’aujourd’hui. Et de cette friction jaillit des bonheurs sans surcharge. Pas de tentation folkeuse conférencière, mais un quartet moulinant mazurkas, obereks et polkas dans le plaisir rapide et immédiat de jouer sur les modes et les structures. De réassembler des rythmiques aventurières.

Samedi 22 Janvier / 11H / Médiathèque Eric Rohmer à Tulle / Jazz voyageur / Adrien Amey / Gratuit

À bras le corps. Adrien Amey met à l’épreuve le titre même de son solo de saxophone. Abrazo, l’étreinte en espagnol. Et son alto en embrasse un joli paquet de thèmes, de motifs et de fulgurances brutes. Abrazo, c’est moderne, peu avare en micro-fictions. C’est certes abscons à la première écoute mais ça révèle des paysages insoupçonnés ensuite. Adrien Amey, qui a connu les honneurs du concours de La Défense et le bonheur de cofonder le Surnatural Orchestra, façonne son périple le souffle long en bouche et les deux pieds sur les pédales. Aussi preste qu’un Daniel Ricardo calé dans le siège de sa McLaren. Rapide et promptement dédoublé. Abrazo enlace mille pièces sonores, lance mille évocations à l’oreille de l’auditoire. Ça rêve tout debout, ça évoque le cinéma et ça peut même sonner harmonica-blues-du-Bayou. Ce solo, s’il ne se donne pas gratuitement distribue cependant, sans rougir, quantité de free hugs. Caressant.

Samedi 22 Janvier / 10H / Marché de Tulle / Samedi 29 Janvier / 10H / Marché de Brive / Jazz bicéphale / Le très petit grand orchestre / Gratuit

À deux c’est mieux. Vous en doutez ? Regardez bien comment Fred Pouget et Guillaume Schmidt montent, avec deux têtes, leur orchestre. Leur Très petit grand orchestre, tant leurs quatre mains sont pleines de neuf soufflants. Cinq clarinettes et quatre saxophones. Toute la gamme sonne haut dans les circonvolutions harmoniques, les improvisations cycliques et les inventions posées sur plusieurs objets du quotidien. À plusieurs, mieux à deux, pour un orchestre unique.

Samedi 22 Janvier / 12H et 18H30 / Théâtre de Tulle / Mercredi 26 Janvier / 20H30 / Centre culturel de Brive / Jazz folk / Suzanne / Gratuit

Trois voix, trois instruments mais un seul langage. Les clarinettes parcourent les flots avec nostalgie, l’alto navigue sur les mers du folklore, doucement remués par la guitare charriant des vestiges traditionnels échoués. La Suzanne de Maëlle Desbrosses, c’est ça. Flux et reflux des mélodies. Cultures variées, harmonies entrelacées, cette rivière débouche sur des mers apaisées. Cap sur les eaux calmes de Suzanne.

Samedi 22 Janvier / 21H / Théâtre de tulle / Jazz salé / Naõned – Maxime Delpierre / Tarifs de 6 à 20€

Demi-teintes et faux-semblants. Maxime Delpierre a l’art de la facette. Sans doute parce qu’il est enfant de Nantes. À cheval sur les terres de Loire et Bretagne, la Cité est peinte de storytellings hâbleurs, d’histoires pavées et de grandeur fantasmée. Rebaptisée de son nom originel, Naõned est aujourd’hui, aussi, une sorte de mantra post-rock où il laisse vivre le majeur et l’intime, l’onirique et le vécu, mais aussi son passé de guitariste unique chez Limousine et VKNG. À chaque bord de ce trio, David Akin, batteur au volant du premier groupe, et Juan de Guillebon, bassiste pour les consonnes du second. Sur cette base solide, Maxime Delpierre fonde Naõned et tout peut donc exploser à chaque instant. Textures après déphasage, sa guitare déroule ses récits, instrumentaux ou chantés, en marge de l’Histoire de sa ville, recompose une géographie personnelle et émouvante. Tout en gardant son ancrage dans le Limousin et chez les Vikings, Naõned illumine et s’asperge à l’air marin de l’Atlantique tout proche des nantais. Très bon l’iode en période d’hiver.

Mardi 25 Janvier / 20H / Plaine de Lamoura Agora-PNC Boulazac / Jazz utopiste / Surnatural Orchestra et Cirque Inextrémiste / Tarifs de 6 à 20€

Comment le vent vient à l’oreille ? Répondre à cette question-titre, c’est sans doute témoigner d’un argument-monde : comment un orchestre apparenté jazz rencontre des actes de cirque. Comment ces deux-là conciliabulent, échangent et finissent par se fondre l’un en l’autre. Ce spectacle sonne les retrouvailles du Surnatural Orchestra avec le Cirque inextrémiste après la belle aventure d’Esquif, turbulente réussite. Pas moins de démesure, pas moins de carnaval sonore et trébuchant. Pas plus de solutions, pourtant, aux questions posées par un monde tournant sur cahots. Mais une utopie, fière et solide de sa fragilité. Joyeuse comme un cheval de bois un jour de pluie. Ce groupe d’individus ultra légers, pleins de récits et d’inventions est à pied d’œuvre. Trompette en chute, grosse caisse sur trampoline. Corps en amont, joie en aval. À ne plus savoir si c’est le cirque qui bat le tambour ou la musique qui cabriole, ultra légère elle aussi, dans la brise actuelle.

Mercredi 26 Janvier / 9H30 et 10H30 / Salle Latreille à Tulle / Percussions-sons / Variations Tempus #1 et#3 – Aurélie Maisonneuve / Tarif : 6€ / A partir de 2 ans.

Tempus fugit, parait-il. Peut-être mais jusqu’à aujourd’hui, on a que deux solutions face au temps qui fuit. Le fuir à son tour ou le prendre en soi. Aurélie Maisonneuve choisit la seconde aventure, d’une voix claire et unique. Pas vraiment une fuite en avant ses Variations, Tempus #1 et #3. Traversée à destination de la petite enfance au tout public, parcours accompagné d’un espace-temps sonore et plastique, ces installations-concerts bousculent la matière et se moquent des changements d’heure. Pour la Variation #1, le temps infini s’écoule entre sable, cloche et pierre, pour la #3, c’est la tambour qui marque la mesure. Les deux unissent la voix d’Aurélie Maisonneuve aux percussions naturelles. Naturellement mises en jeu au moment et au moment seul où l’oreille s’ouvre. La sensation guide l’écoute, petit à petit. Car ses Variations prennent le temps de prendre le temps. Qu’il soit fuyard ou remonté.

Mercredi 26 Janvier / 18H30 / CSC Raoul Dautry à Brive / Jazz tonique / Ultra Light Blazer / Tarif : 10€

Jazz Rap ? Jazz classe. Ultra Light Blazer n’est pas du genre à retourner sa veste. Le combo sait habiller son groove avec la même aisance qu’un Saint-Laurent sur les pistes de danse du Palace. Radical et imparable. Ce jazz danse, ce jazz rappe et ce jazz rebondit. D’une référence hip-hop, The Roots ou Lauryn Hill, à un étalon jazz, Steve Coleman. Mais le quintet a sa patte. La musique d’Ultra light Blazer est précise et ciselée, drivée par le flow d’Edash, musclée par le soft power du jeu de Jonas Muel. Le MC et le saxophoniste soufflent sur les mêmes braises, celle d’un groove laissé loin des machines, confié aux instruments live. Plus souple, plus vivant. Plus intime, paradoxalement aussi, ce jazz-rap anglophone. Edash qui vient du Malawi, s’est juré de n’écrire en français que lorsqu’il pourrait faire aussi bien que Brel. De là à y voir une explication de Patience, leur dernier album, il n’y a qu’un rebond. À exécuter les deux pieds joints.

Jeudi 27 Janvier / 20H30 / Théâtre de Brive / Jazz enragé / We all break – Ches Smith / Tarifs de 6 à 20€

Attention chien enragé. Ches Smith n’en finit pas de ronger le même os. Celui qui rend capable le batteur d’inventer des bazars rythmiques avec élégance et d’une frappe assurée. Ses frasques musicales du trio Ceramic Dog mené par Marc Ribot restent sans doute le meilleur des exemples. Pas moins étincelant, ce nouveau groupe, We All Break. Assemblée réunie par Smith tout juste auréolée d’un disque sorti en juin dernier, le tentet joue avec le feu d’un jazz-vaudou génialement timbré. We All Break joue ses petites cérémonies magistrales sur la touche rapide et incisive du piano, dans le souvenir des nuits de Port-au-Prince et dans les chassés-croisés des rythmes et de la culture d’Haïti avec le jazz. Ici, le combo est moins bagarreur mais ne laisse pas de marbre. We All Break s’impose, implose et balance la tête de l’auditoire dans des trésors de transe improvisées.

Vendredi 28 Janvier / 21H / Salle des Lendemains Qui Chantent à Tulle / Jazz vitaminé / Coccolite / Tarif : 10€

Tombé du camion en 2019 à l’occasion d’un Bad Buzz, Coccolite laisse la joie des mauvais ragots au Cocalite. Ici, c’est tout aussi pétillant, ça adjuve selon l’humeur et le plaisir mais ça sonne carrément sincère. Cette combinaison spéciale du jazz et de l’électro est loin de la musique en canette. Echo, en 2020, laissait résonner la recette du trio gourmand. Risquons même l’épithète goinfre, tant l’appétit démontré par Julien Sérié, Nicolas Derand et Timothée Robert est impressionnant. Maniant, à grandes lampées, basse, drums, machines et claviers. Digérant sans heurt Ravel , Miles et Brad Mehldau. Sans rien oublier de leur volonté à le sortir des ornières où il se niche parfois de bonne grâce, les trois fils du Dr Jazz s’aventurent au-delà des limites du genre, et poussent leur musique sur le terrain de l’impro et du son maitrisé. Un son heavy et jamais pris à la légère qui affirme que Coccolite ne se prononcera jamais cocco-light.

Vendredi 28 Janvier / 21H / Salle Des Lendemains Qui Chantent à Tulle / Jazz frappé / Hyperactive Leslie / Tarif : 10€

Touché mais pas coulé. Le solo d’Antoine Leymarie a la coque solide et le vent en poupe. Calé sous le nom d’Hyperactive Leslie, ce set a du jazz la liberté formelle et la chaleur de son, de l’électronique la force d’abstraction et le pouvoir de séduction. Ce set a surtout l’élégance audacieuse. Celle qui pousse Antoine Leymarie, frappeur sans étiquette, à trafiquer sa batterie pour en faire un synthé grande classe, augmentée de percus ouest-africaines, de capteurs reprenant le moindre effet sonore ou rythmique pour le confier au sacro-saint jouet DJesque, le Pearl Syncussion. Arme secrète d’Aphex Twin, faiseur de rois dans l’électro des seventies. Pour Hyperactive Leslie, le magique appareil laisse le champ libre au batteur pour improviser et contrôler l’ensemble de la musique dans une spirale hypnotique, ronde, fascinante et volubile. De quoi rendre tout dancefloor intelligent, tout jazz club un peu arsouille.

Vendredi 28 Janvier / 21H / Salle des Lendemains Qui Chantent à Tulle / After jazz / Émile Londonien / Tarif : 10€

Arsène Lupin pourrait rougir. Voici du boulot de cambrioleur de génie. Faire les poches des scènes jazz Broken-Beat et House Music de la capitale britonne, et exposer son butin plein est, en France et à Strasbourg, ça pèse. Sorti des rangs du label alsacien Omezis, Émile Londonien ne joue pas seulement avec le patronyme d’un potentiel cousin parisien, mais joue surtout avec le sens du collectif, du feeling et de l’improvisation. Trois vertus qu’il exploite avec une maîtrise adoubée par le Pape de Brownswood, Gilles Peterson himself. Le broken-jazz de monsieur Londonien se pose sur un feeling arrondi comme une fin de mois de génial cambrioleur.

Samedi 29 Janvier / 12H / Théâtre de Brive / Samedi 29 Janvier / 15H30 / Médiathèque de Brive / Jazz vivace / Rhizottome / Gratuit

Né dans la rue. Pourtant parfaitement éduqué, ce duo ne prend pas la musique de haut mais par le haut. Par les possibilités de croisements et les jeux d’influences. Influence du classique (hello Rameau, Hi Schubert) sur la tradition populaire, croisement des registres propres à l’accordéon et au saxophone. La belle idée de Mathieu Metzger, jamais à l’abri d’en avoir d’ingénieuses aux côté de Louis Sclavis ou au sein de Freaks, est de jouer le sopranino. Ce môme saxé est mis dans les plis du soufflet d’Armelle Dousset. Ainsi va Rhizottome. Se construisant un herbier sonore et patient où restent vivaces fragments de mélodie trad, boutures originales et récoltes improvisées. Sa devise est imparable : « renouer avec ses racines puis jouer à s’en défaire ». Et dans ce dénouement, Armelle Dousset et Mathieu Metzger forgent de petits bals, perdus volontaires dans une douceur incroyable, avec la force des fleurs de pavés.

Samedi 29 Janvier / 18H30 / Théâtre de Brive / Jazz intense / Hirsute – Anne Quillier Quintet / Gratuit

Jazz ébouriffé ? Yes sir. Musique mal coiffée ? No Sir. Si ce nouveau quintet assemblé par Anne Quillier s’affiche comme sauvage, farouche et tumultueux, le soin ne reste pas la moindre des qualités communes aux cinq musiciens. Après avoir dressé son Watchdog bicéphale, après avoir allumé les triple-éclairs de Blast, voilà la pianiste et compositrice Hirsute. Pourtant le poil annoncé n’est ni électrique, ni gominé au rock le plus viril. Ce Hirsute bouscule les règles d’un combo acoustique, privilégie l’interplay du bois, du métal et de l’air. Anne Quillier sait l’usage des couleurs et des textures, les sept années passées en tête d’un sextet lauréat du concours de La Défense lui auront permis d’étoffer sa palette. Et de pouvoir peindre mille miniatures impressionnantes de verve, de ruptures rythmiques et d’idées lancées au galop. C’est Hieronymus Bosch dansant des menuets latinos et vous accueillant à bras ouverts.

Samedi 29 Janvier / 21H / Théâtre de Brive / Jazz aérien / Try ! – Airelle Besson Quartet / Tarifs de 6 à 20€

Grace. Depuis 1994, Jeff Buckley truste solidement le mot. Disons ici qu’il va falloir qu’il se fasse à l’idée que depuis 2014, Airelle Besson grignote une sérieuse part du vocable. 2014, c’est l’année de baptême du quartet réuni par la trompettiste. Radio One posera la première pierre dans la disco, Try ! vient tout juste de rebattre le fer. Et la grâce, donc. Le genre de délicatesse offerte à mains pleines, sans innocence mais avec une certitude chevillée en tête. Celle qu’un quartet est un espace sonore mouvant où l’expérience et la sensibilité peuvent régner en maîtresses redoutables. Ce sont les plans de la Parisienne établis pour Linda Olah, le pianiste Benjamin Moussay et le batteur Fabrice Moreau. Respectivement chanteuse granulaire, pianiste très rhodé et batteur moteur. Les pans sont ceux d’une tendre bataille où le jeu espiègle stratégise avec la sensualité atmosphérique. If I Should Fall From Grace, ahanaient les Pogues, ces quatre-là ne sont pas près de tomber. Bien au contraire.

Dimanche 30 Janvier / 17H / Théâtre de Tulle / Jazz scintillant / The Edge Of Memories – Sylvaine Hélary / Gratuit

Les kids de 2022 diraient de Sylvaine Hélary qu’elle glow grave. Glow, c’est le cas d’un de ces récent projets en quartet, Glowing Life, c’est aussi le cas de The Edge Of Memories, performance-concert qui ne prend pas l’étincelle à la légère et met le feu aux poudres. Rythmiques, harmoniques et spatiales, les poudres. L’électronique de Lynn Cassiers, les traitements de la voix et de la musique de la flûtiste-leader répondent au théâtre d’ombres pures d’Anne Palomérès. Ici aussi, ça brille et, luxe abouti, en clair-obscur. Habitué des mélodies de la pénombre, Sylvaine Hélary fouille dans la mémoire musicale, en sort ici Fauré, là Britten pour improviser et tisser des ponts entre improvisation contemporaine et jazz mémoriel. C’est cette même mémoire, ses recoins et ses bordures, qui sèment le trouble dans une aventure sonore et lumineuse, où les individualités s’échangent au fil de doux rêves éveillés, vécus, en glow, dans l’œil d’un cyclone timbré.

Dimanche 30 Janvier / 19H / Salle Des Lendemains Qui Chantent à Tulle / Jazz cosmopolite / Bumcello – Monster Talk / Tarif : 10€

Il y a des légendes plus discrètes que d’autres. Le boom-boom-cello de Bumcello est de celles-ci. Lancez le beat et le legato d’un morceau comme comme Beautiful You et vous verrez les têtes se tourner vers la vôtre. 20 ans après les débuts à Oberkampf, le pari du duo a été tenu. Cosmopolite comme jamais, au vu du peu d’intérêt de Vincent Ségal et de Cyril Atef pour les frontières et les étiquettes. 20 ans plus tard, le monde semble s’être beaucoup plus rétréci que leur musique. Auto-revendiquée comme variété internationale, ses fondations sont plus complexes, enracinées dans de savants mélanges inlassables. Le son Bumcello se forge par l’invitation et la rencontre, que ce soit avec Haïti en 2005, avec Omar Hayat à Essaouira. Fait de vadrouilles pointues et de quatre oreilles aguerries, Bumcello avance avec la joie aux ventres. La joie qui forge en douceur la vertu des légendes. Discrètes peut-être mais parfaitement enjôleuses.

Exposition Catherine Chaux, Écoutes ! / Du 8 Janvier au 12 Février / Cour des Arts à Tulle

« J’ai peint cette grande fresque en pensant à des bulles sonores, des ilots de couleurs, des parenthèses suspendues. timbre des mélanges, Polyrythmie, dissonances. Une grande improvisation syncopée. Peintures / jazzs En résonances !». Catherine Chaux, artiste peintre, vit en Corrèze.

Tous renseignements utiles ici ! Bon festival à toutes et à tous !

Christine Le Garrec