Culture Geek ! N°14

Un Culture Geek sauvage apparaît ! Dans celui ci on fera rapidement le tour de mes dernières découvertes. De la bande-dessinée toute fraîche avec Carbone & Silicium et Horseback 1861 (cyberpunk pour l’un et western pour l’autre), puis un saut dans l’univers fantastique et mélancolique du jeu Brothers: Tales of Two Sons. Enfourchez vos destriers, prenez votre deltaplane ou connectez vous au réseau et en avant !

Horseback 1861

Avec Horseback 1861, le Label 619 nous embarque dans son premier western ! Un one shot au pays de l’Oncle Sam que l’on doit au duo David Hasteda et Nikho. Le premier signe le scénario de cette épopée dans les contrées hostiles de l’Ouest Américain. On lui doit déjà l’excellent Mapple Squares, un one-shot sordide aux côtés de Ludovic Chesnot que je vous avais déjà présenté lors du premier numéro de cette rubrique. Quant à Nikho, j’ai pu découvrir son travail il y a un an environ par le biais d’Instagram et je dois avouer que ce fut un véritable coup de foudre. Le jeune dessinateur signe donc sa première bande-dessinée et ça fait plaisir de voir un talent pareil exploité à sa juste valeur.

Horseback 1861 est une uchronie prenant place dans l’Amérique où les tribus amérindiennes se sont rassemblées, refusant une déportation forcée vers l’Ouest. On y suit Redford Randall, un célèbre chasseur de primes qui, prenant sa retraite, fonde une compagnie de convoyage. Entouré d’une équipe de personnages marginaux hauts en couleurs, Randall se voit confier une marchandise par des représentants du gouvernement. Un long et périlleux voyage l’attend, lui et sa bande, avec tout son lot de rebondissements et de machinations.

Il faut dire que dès l’annonce de ce combo Hasteda/Nikho j’ai été très impatient de mettre la main sur cette BD. Et je dois avouer ne pas avoir été aussi emballé qu’au début.

L’histoire s’avère très prenante et le scénario, bien que certaines ficelles aient été maintes fois utilisées, tient la route et se trouve être efficace.
Le dessin de Nikho quant à lui est redoutable, et il nous offre de belles planches et des cases puissantes, notamment lorsqu’il s’agit de plans serrés sur les visages. Cependant, j’ai trouvé pour ma part certaines séquences pas très lisibles, ce qui m’a parfois perdu dans l’action et dans les scènes de dialogues.

Malgré tout, ce petit défaut n’enlève rien à la qualité graphique. Lorsque l’on prend en compte qu’il s’agit de la première BD de Nikho, le jeune dessinateur n’a clairement pas à rougir. Son trait cinglant, sa gestion des couleurs et des ombres donnent une patte unique à cette uchronie qui a encore des choses à nous montrer.

Les amateurs de western et de bande-dessinée devraient y trouver leur compte, de même que les fans du Label 619. Horseback 1861 s’avère être une belle oeuvre graphique dont on espère voir la suite !

Horseback 1861 est disponible en librairie et sur l’Ankama Shop

Carbone & Silicium

Mathieu Bablet fait son retour avec un nouveau one-shot de science-fiction qu’on pourrait qualifier de bonne grosse claque. Là aussi il y avait de l’impatience !

Juste le fait de tenir l’ouvrage dans ses mains est des plus agréable. Ankama nous offre une fois de plus un très bel objet soigné sous tous les angles. Mais sinon ça parle de quoi?

Carbone & Silicium, ce sont les noms de nos deux héros. Deux androïdes, les deux nouvelles I.A. Fortes conçu par la Tomorow Fondation, en plein cœur de la Silicon Valley. Créés pour les besoins des humains, Carbone et Silicium vont découvrir le monde, connecté au réseau Internet, pour parfaire leur sensibilité et leur humanité. C’est donc le parcours de ces deux androïdes que nous allons suivre au fil des années. Démarrant dans un futur très proche du nôtre, le récit de Mathieu Bablet balaie 271 années d’un futur dystopique qui se veut le plus crédible possible, avec comme spectateurs Carbone et Silicium et bien sûr le lecteur.

Juste le principe de voir l’évolution du monde est intéressant. Mais la qualité d’écriture du récit le rend encore plus passionnant ! Carbone & Silicium amène, par le biais de ses personnages, son lot de réflexions. Que ce soit le rapport de l’Homme face à l’écologie, au système économique ou à la technologie, cette BD questionne, interpelle sur la nature de l’Homme et sa capacité à sombrer dans l’excès et à transformer une noble cause en quelque chose de néfaste.

Sans pour autant tomber dans un discours pessimiste et déprimant, Mathieu Bablet arrive à nous tenir en haleine de la première case à la dernière. Chaque changement d’époque affichant la date et le lieu sur la page de gauche, et le nouveau visage de Carbone sur celle de droite, nous fait retenir notre souffle avant de poursuivre et découvrir l’évolution du monde.

La BD traite d’ailleurs efficacement du transhumanisme et de la thématique liée au transfert de la conscience dans un ordinateur. Mais je n’en dirai pas plus pour ne pas vous dilvugâcher cette BD.

Côté dessin, le trait millimétré et d’une précision redoutable de Mathieu Bablet est toujours un vrai régal pour les yeux. Chaque case est une pépite ! Sa maîtrise des décors permet de croire à ce futur chaotique. Les architectures démesurées, les lieux désaffectés, les bidonvilles, les décharges à ciel ouvert, les paysages sauvages, les laboratoires, tout paraît si crédible et si vivant. En plus d’une vraie maîtrise des couleurs, chaque lieu nous plonge dans une ambiance lumineuse unique.

Et que dire du visuel et de la représentation du réseau ? En plus d’être originale, cette représentation est d’une totale beauté, symbolisée par une architecture titanesque au style pré-colombien. On assiste à un véritable enchevêtrement de passerelles, d’escaliers à l’envers, à l’endroit, sur les côtés, tout ça dans des couleurs négatives, qui rendent le lieu encore plus intriguant. Un environnement qui n’est pas sans rappeler certaines œuvres d’Escher.

Sûrement une des meilleures trouvailles visuelles de cette BD.

Et on en profite pleinement de ces divers décors, puisque Mathieu Bablet laisse une grande place au silence et à la contemplation.

Que dire de plus sur Carbone & Silicium… Si ce n’est qu’il faut foncer pour se la procurer ! Si vous êtes fans de bande-dessinée, de récit de science fiction baigné d’une ambiance cyberpunk, de nouvelles technologies ou passionnés par les différents sujets que traite Carbone & Silicium… juste un mot : filez chez votre libraire préféré !

Carbone & Silicium est à retrouver en librairie et sur l’Ankama Shop

Brothers: Tales of Two Sons

Pour finir, un détour du côté de la sphère des jeux-vidéo ! J’ai récemment pu mettre la main sur un petit jeu pas piqué des hannetons !

Brothers: Tales of Two Sons, développé par Starbreeze Studios nous plonge dans un monde fantastique où deux jeunes frères vont devoir trouver l’Arbre de vie afin d’y trouver le remède nécessaire pour guérir leur père gravement malade.

Dans cette odyssée aux aspects de conte, on incarne simultanément les deux frères, la manette se divisant en deux, le joystick et la gâchette de gauche permettent de contrôler le grand frère tandis que le joystick et la gâchette de droite permettent de contrôler le petit frère. Les deux gâchettes supérieures permettent quant à elles de manipuler la caméra et ainsi de profiter des panoramas qu’offre le jeu.

Car il faut le dire, Brothers: Tales of Two Sons accroche la rétine avec sa patte artistique aux allures de cartoon. Parcourant divers lieux tous plus beaux les uns que les autres, le jeu nous fait plonger peu à peu dans des environnements de plus en plus fantastiques. Du village natal des deux garçons bercé par la mer aux hautes chaînes de montagne, en passant par les glaciers, les mines ou encore par un champ de bataille, vestige d’un affrontement entre des géants, le jeu est une pépite visuelle.

Je vous ai parlé d’un aspect cartoon mais attention à ne pas trop vous fier aux apparences ! Dès les premières minutes du jeu, l’intro, accompagnée par une très jolie musique, vous fait comprendre qu’il s’agit là d’une histoire tragique. Bercé par une bande-originale mélancolique, le jeu gagne un peu plus en beauté à chaque découverte de paysage enchanteur.

L’esthétique et l’histoire c’est bien joli, mais qu’en est il du gameplay ?
Et bien pour ma part, Brothers: Tales of Two Sons s’avère novateur et n’a cessé de me surprendre par ses mécaniques de jeu qui lui permettent de ne pas s’essouffler et de ne pas devenir redondant.
Si le grand frère montre plus de force pour soulever des objets spécifiques (pousser un portail, un levier…), le petit frère lui permet de passer à travers des grilles ou d’interagir différemment avec certaines personnes. Les deux garçons sont ainsi complémentaires et chacun a besoin de l’autre pour avancer.

Chaque niveau offre ses particularités. Ainsi vous pourrez chevaucher des bouquetins dans la montagne, faire équipe avec un troll, utiliser un deltaplane qu’il faudra diriger en répartissant le poids des deux frères, etc…
Le jeu offre donc de belles trouvailles en ce qui concerne les mécaniques et c’est un vrai plaisir de les découvrir tout au long de l’aventure.

Le jeu s’avère être court mais le voyage qu’il procure en vaut clairement le détour !

Brothers: Tales of Two Sons est disponible sur toutes les plateformes, y compris mobile et anciennes génération (PS3 et Xbox 360)

Alexandre Vergne

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