Juke Box à Fleur de Peau…

Je ne sais plus… Si je pleure ou si je ris… Si je chante ou si je crie… Si je blasphème ou bien je prie… Toutes les émotions sont au rendez-vous de ce Juke Box à fleur de peau… Ne le ratez pas ! Avec Trovaores, Dalhia, Clément Oury et Unda Sway.

L’Espagne a toujours été pour moi, source de magie musicale.

Tomber par hasard sur une fanfare de procession…

Longer le Guadalquivir du côté de Triana à l’époque où le quartier n’était pas si bien éclairé et assister par une fenêtre entrouverte à un cours de danse enjoué, aux rythmes des palmas…

Ou, toujours à Séville, épier depuis mon balcon un guitariste et un chanteur à une table de taverna, discuter, fumer, boire des coups et chanter comme si la conversation continuait…

C’est ainsi que nous parlent ces deux Troubadours, le galicien Antonio Placer et le gitan Antonio Campos, par images, avec tendresse et passion.

TROVAORES c’est un road-trip en Hispanie, un voyage initiatique.

Une manière de réinventer le flamenco vers une forme contemporaine plus aventureuse.

Sept longues pièces polyformes pour revisiter l’Espagne et son patrimoine musical.

De peñas flamenca en palau de la música, le panorama est splendide !

Si le flamenco est la pierre angulaire de l’édifice par les voix et la guitare de Canito, le piano, le violoncelle et la clarinette donnent les teintes jazz, klezmer ou classique selon les instants volés aux concerts.

Un sextet de luxe capturé in vivo sur les scènes de Grenoble.

Des airs comme la terre d’Espagne, arides ou luxuriants… Une œuvre puissante et profonde où la maîtrise du chant classique se mesure à la liberté expressive du cante flamenco et parfois au-delà du chant, vers la Commedia dell Arte !

Les compositions complexes nous poussent vers des contrées inexplorées où la musique sert de langage…

Bribes de tango, de fado, détours par les Balkans, la péninsule est large !

Cet enregistrement est d’une beauté et d’une intensité rare.

Pour ma part il trouvera facilement sa place dans ma discothèque, entre ceux de ‘Songhaï’ et le ‘Toromagia’ de Manolo Sanlucar.

Les connaisseurs apprécieront, j’invite les autres à la curiosité !

Trovaores / Antonio Placer / Alma Music / sortie le 11/12/2020

Vous ne craignez pas le chaud et froid ?

D’entrée la photo terrible en noir et blanc de Joey Rouet annonce la couleur : ça va pas rigoler !

Nous quittons un Sud chaleureux, pour la Cold Wave à vous glacer les sangs de la sombre DALHIA…

DALHIA est un duo, composé de Rachel Geffroy au chant et de Simon Vouland aux machines.

Et ces gens-là ne sont pas du genre à faire de concessions…

En fleur vénéneuse, DALHIA instaure une tension permanente, un climat post-apocalyptique qui angoisse et fascine à la fois.

De séances d’hypnose en comptines flippantes, cette charmeuse de serpents distille une électro minimale qui creuse son sillon jusqu’à l’obsession.

Your Bitch Is My Target

Elle aborde sur le track Hide My Face, les violences conjugales, dont les images du clip suintent d’une sensibilité à fleur de peau, tandis qu’un son viscéral nous arrache les tripes.

Sur un beat Indus saturé, DALHIA convoque aussi Dark Vador pour diriger La Marche De La Mort

N’est pas Soulages qui veut, et tout n’est pas si noir dans le Monde de DALHIA. Il y a du rose sale dans la balade pop Sublimation

Et même du blanc qui irradie en arc-en-ciel le In Love With The Snow, une divagation psychédélique à l’atmosphère enfumée…

Cet EP est le manifeste d’un duo à la conscience extra-lucide.

Loin de tous les climato-sceptiques, négationnistes et autres machistes…

Leur cause, c’est celle des femmes, violentées, manipulées, rabaissées, dans un univers hostile qui déshumanise.

Leurs armes ? Une parole libre, âpre, rappée, rappeuse et du hip-hop, de la techno, de la pop…

Pour finir par danser sur les décombres…

Hyde my face / Dalhia / Banshee Records / Sortie le 30/10/2020

Clément s’appelle OURY, comme Gérard…

Mais son cinéma à lui, fait plus penser aux bricolages poétiques de Méliès ou à la mécanique aléatoire de Tati, qu’à la comédie débridée de son célèbre homonyme.

Clément OURY n’est pas cinéaste, il est musicien !

Ben oui, c’est quand même une chronique musicale…

Violoniste, tubiste, compositeur, arrangeur, ingé son, il a bossé avec Shantel, Tony Gatlif, Soviet Suprem, The Dò, pour ne citer que quelques uns, qui me tiennent à cœur…

Et c’est sous son nom qu’il se tape LA TÊTE DANS LE MUR !

Oh, pas de manière violente, juste assez pour voir des papillons s’évaporer en poésie instrumentale…

Entre Valse d’Automne et Valse de Cuisine, Clément OURY tangue avec tendresse et humour.

De minis Univers naissent, croissent et disparaissent sous nos yeux émerveillés…

Étoile d’araignée

Le bouzouki mène la danse, des plaines d’Anatolie jusqu’aux cabarets de rébétiko de Thessalonique ou du Pirée…

OPA !

En mode classique, nous rejoignons le nid douillet, sur une pavane, pour des Gouttes dans les Yeux…

 Un goût d’enfance et Miniball Brass Duo nous donne des envies de sauter dans les flaques !

Des bandas déglinguées de retour de Gùca pour un Chantier Décalé

Ce sculpteur de sons modèle une œuvre contemporaine organique.

De l’art qui nous parle sans parole…

Évoquant à tour de rôle le ‘Delicatessen’ de Jeunet, les musiques répétitives de Terry Riley ou de Steve Reich et encore la divine Carla Bley dans son intrigante ‘Musique Mécanique’ cuivrée…

Clément OURY marche sur un fil, nous faisant voyager dans le vaste Monde et dans notre intérieur…

Chacun dans sa case

Il nous donne une part d’humanité supplémentaire, avec sa poésie du quotidien, faite de sons à la fois familiers et incongrus.

1000 Attentes

De la musique concrète qui ne ferait pas mal aux oreilles !

Bien au contraire !

Sans bidouillages, tout en produits naturels et vrais bouts d’instruments…

Clément OURY sonnerait-il le New-Age d’une Musique Bio ?

La Tête dans le Mur / Clément Oury / Vlad / Sortie le 13/11/2020

Bordeaux connu pour sa scène rock, ne nous a pas habitué à exporter des pointures du rap.

La donne pourrait bien changer, avec UNDA SWAY, les nouveaux poulains de l’écurie Banzaï Lab.

Avec Yoüg aux commandes des machines et des platines et Thomas Anton qui rappe aussi bien qu’il chante, les deux balancent un son à filer des frissons…

La voix grave et envoutante se combine à merveille avec les doigts de dentellière du Beatmaker.

Des samples de pianos, de flûtes indiennes, de harpes, de longues nappes de basses en ondes bénéfiques, des scratchs comme des caresses…

Dès l’intro de Changes avec sa guitare en bandoulière et son scratch dans la poche, le coup est gagnant !

Un blues rap à l’écriture ciselée et la voix éraillée à souhait… Un petit bijou !

Changement de style avec Charlie Carrie un rap en français, au flow souple et élégant, avec glissando de harpes et spiccato de violons… On ne s’en lasse pas !

« …Accélère ma dernière dose… »

Duty Clan en ambiance plus sombre tout aussi efficace que le rêve qui se transforme en cauchemar…

UNDA SWAY clôture cet EP avec Wachies, un rap tribal qui devrait ravir mon ami Mitch the Fish, qui a produit en son temps le fameux crew de Siya Possi X à Libreville… Wachies, au flow rauque, limite guttural et des fulgurances de harpes en guise de kora… Indispensable !

Voilà un truc bricolé dans la cuisine et dont le son est digne des plus grosses productions.

L’écriture tout en finesse du duo nous donne 4 titres qui rendent complètement addict.

« …5/5 pour le top 10 ! … »

UNDA SWAY et son ‘Liquid HIP Hop’ comme ils aiment à le définir, engendre une musique qui coule de source, un bain de jouvence en eaux troubles…

Lambda # ! / Unda Sway / Banzaï Lab / Sortie le 23/10/2020

Le RASCAL (Peinture d’appel : Philippe Primersky)

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