Retour du Hellfest : 3 jours de metal et de rock !

Une fois de plus, me revoilà au Hellfest, pour la cinquième fois consécutive. Alors oui, au vu de mon bilan de l’année précédente, j’avoue ne pas avoir pensé y retourner, mais quelques noms d’artistes ont fait pencher la balance et j’ai voulu redonner une chance au festival.

Je vous embarque donc avec moi pour un tour d’horizon des groupes que j’ai pu voir se produire sur les scènes du Hellfest 2024 !

JOUR 1

Jour 1 pour moi, mais le festival a bien commencé la veille, le Jeudi 27 Juin. Personnellement je trouve que la formule 4 jours est trop excessive, et je me suis contenté cette année de 3 jours… Et ce fut largement suffisant pour avoir ma dose de metal.

Mon festival commence avec un aperçu de Karma Zero sur l’Altar. Rien de tel qu’un groupe de metalcore pour vous mettre dans le bain sans vous mouiller la nuque. Le public est déjà bien présent dès 10h30 et le groupe assure un bon show, simple et efficace.

Mais pas le temps de traîner puisqu’en même temps du côté de la Valley joue Red Sun Atacama. Changement radical d’ambiance. Ici on est sur un rock bien lourd, à la fois planant et énervé qui ne ménage pas les effets de distorsion. Bref un très bon réveil en somme.

Après l’excellent set des français de Red Sun Atacama, on enchaîne sur la Mainstage 1 pour 7 Weeks. Le groupe de Limoges a livré avec brio son rock qui oscille entre heavy et stoner et ça fait plaisir de les voir sur cette grande scène. Il est bien loin le temps des petites salles de Limoges !

Bon, on va pouvoir parler du premier coup de cœur de cette édition avec The Devil’s Trade. On regrette fortement que la Valley ne soit plus couverte tant la musique du compositeur et interprète Dávid Makó vous emporte dans un autre monde. Son dark folk vous entraîne dans un univers mélancolique, et on est transporté par l’émotion qu’il met dans sa voix. On a la sensation de percer un voile obscur et de plonger dans les abîmes en quête de lumière. Une prestation qui vous prend au tripes et vous laisse pantois.

Autre petite claque, cette fois-ci du côté de la Warzone, scène punk / hardcore, où le doux son du jingle de démarrage de la PS1 m’a attrapé. Smash Hit Combo est venu foutre le bordel avec son rap metal puissant. Avec des textes qui se réfèrent à la pop culture et plus particulièrement aux jeux vidéos et aux animés, le groupe français interagit à fond avec le public, allant même à créer un wall of death avec un côté qui représente Nintendo et l’autre Sega. Smash Hit Combo a fait une super prestation créant une ambiance bon enfant qui était plus que plaisante.

Retour vers les Mainstage pour voir Wargasm. Les british se démènent sur scène, balançant leur nu metal/punk électro avec force. Sans être transcendant, le show reste efficace et sympa à voir. On y retrouve par moments une petite influence The Prodigy assez cool.

On retourne à la Valley pour assister au concert de Black Rainbows. Le groupe italien a embarqué tout le public dans son stoner psychédélique. Un très très bon show d’une redoutable efficacité.

Back to the Mainstage. Et oui c’est ça le Hellfest en photographe, des allers retours non stop… J’ai vu un bout de While She Sleeps, c’était plutôt sympa, en attendant les australiens de Karnivool. 

Et ce fut une belle découverte. On est sur les coups de 15h et le public est déjà bien plus conséquent. Le rock progressif de Karnivool séduit rapidement la foule, et faut dire que ce groupe possède un sacré groove. Le genre de concert que l’on peut autant apprécier dans le pogo qu’allongé dans l’herbe. J’y ai même trouvé par moments des petits airs de Tool dans la voix du chanteur, ce qui était loin d’être déplaisant.

Sur la Mainstage 2 c’est Lofofora qui prend le relais. Ça doit être la troisième fois que je les vois et bien que j’ai été moins convaincu par la setlist, force est de constater que Lofofora est toujours fidèle à ses valeurs. A grand coup d’écran géant le groupe a assené des slogans dénonçant les violences sexuelles, allant même jusqu’à laisser place à deux femen avant de les garder à leurs côtés pour un morceau.

Reuno, chanteur du groupe, a également appelé à ne pas oublier de soutenir les petites scènes, et les actions locales, tout en rappelant à ne pas faire “le metalleux un seul week-end dans l’année”. Toujours taquin il en a profité pour lancer des petites piques quant à la démesure du festival.

Moins convaincu par le set cette année, mais la prise de parole et les positions assumées du groupe font du bien dans le contexte actuel, et quand on sait que le Hellfest a déjà eu des groupes problématiques dans sa programmation…

Retour sur les petites scènes pour voir un bout de l’envoutant concert de Einar Solberg, chanteur du groupe Leprous (chroniqué lors de leur passage au Hellfest 2022), avant de revenir voir un bout de Fear Factory et surtout Polyphia.

On s’éloigne un peu de l’univers metal le temps d’un concert mais ce fut un vrai plaisir. Les musiciens, en particulier Tim Henson, impressionnent par leur technique tout au long de leur set purement instrumental. Là, pour le coup, c’est un concert à voir allongé ou assis dans l’herbe. 

Un très bon concert, même si j’ai trouvé la fin un peu longue, et les appels au pogo du second guitariste totalement inutiles au vu de leur musique. Cela m’aura permis tout de même de davantage creuser leur discographie et de découvrir ce superbe morceau en featuring avec Chino Moreno, chanteur de Deftones (chroniqué ici lors de leur passage au Hellfest 2022)

Ça y est, à cette heure-ci le festival bascule dans une autre ambiance. Il est environ 18h, la fréquentation est bien plus dense, et cette année on se rend vraiment compte qu’il y a bien trop de  monde pour le site, et la circulation deviendra encore plus compliquée lors du set de Shaka Ponk.

Je vais pas m’étendre sur la prestation du groupe et vous renvoie directement à la chronique dédiée sur leur show actuel en Zénith.

Juste dire que pour un groupe énormément décrié par les metalleux comme n’ayant pas sa place (moi même étant quelque peu mitigé) il faut dire qu’ils ont vraiment assuré et que le public était plus qu’au rendez vous. N’ayant pas accès au crash barrière pour les photos (quelle joie…) j’ai dû me frayer un chemin tout du long pour m’extirper du devant de la scène. Bref, un show dantesque avec une véritable marée humaine devant la Mainstage, et malgré mes galères je suis vraiment heureux d’avoir vu ça.

Après cette longue bataille pour circuler et trouver une place dans le public, petite pause adossée à la barrière de la Mainstage 2. Et là, grosse claque devant Machine Head. Merci les grands écrans du Hellfest et les supers équipes vidéos ! J’ai pu profiter du concert du groupe américain depuis ma position comme si j’étais devant l’autre Mainstage. Concert d’ailleurs disponible gratuitement sur Arte et que je vous recommande chaudement. Ce fut un véritable rouleau compresseur avec un sacré groove, une véritable puissance qui s’est dégagée du groupe et en particulier du charismatique chanteur/guitariste Robb Flynn.

Si j’ai pu profiter peinard du show de Machine Head, celui de The Prodigy, je l’ai vécu à 200%. Placé à la barrière sur la gauche de la scène, armé de mon appareil pour tenter de choper des clichés du groupe iconique, autant vous dire que j’ai fait mon sport de l’année.

J’avais sauté sur la date parisienne de la bande de Liam Howlett en décembre dernier, seule date française (hors festival) et j’avais vécu un de mes meilleurs concerts.

Et bien malgré l’appareil et le téléobjectif, rebelote.

C’est sûrement le seul groupe de la scène purement électronique qui puisse jouer dans un festival de metal et retourner le public de la sorte. Après une arrivée des musiciens sous les applaudissements, Maxim, MC du groupe, arrive enveloppé d’un poncho affublé de l’iconique fourmi, symbole de The Prodigy.

Maxim chauffe la foule, elle lui répond et là… les premières notes de Breathe résonnent, les fans hurlent de joie, premier drop, chaos total.

C’est parti pour un enchaînement de tubes. A peine remis du premier titre, que Liam, aux synthés et machines, embraye sans pitié sur Omen.

Appuyé par un guitariste survitaminé et un batteur qui l’est tout autant, Maxim et Liam transforment le Hellfest en rave party le temps d’une heure et demie. Des flashs de lumières en veux tu en voilà, des lasers qui transpercent la nuit, et un vibrant hommage à Keith Flint, premier MC du groupe qui nous a malheureusement quittés en 2019, sur le mythique Firestarter. Pas de chant, les fans se chargeront de le faire sur l’instru du groupe, tandis que le fond de la scène se voit habité par la silhouette de Flint, dessiné avec des lumières et qui prend vie pour reproduire ses pas de danse.

La discographie de The Prodigy est si riche qu’on passe par quasiment tous les albums. 

Spitfire, Smack My Bitch Up, Poison, l’incroyable Roadblox, ou encore Voodoo People, qui commence avec sa version originale pour finir sur le remix de Pendulum et qui vient achever le public en transe… que des titres iconiques sur la set liste.

Le groupe disparaîtra quelques minutes pour revenir pour un rappel sur Take Me To The Hospital avant de saluer et partir sur Out of Space.

Une énergie de fou, un groupe qui interagit avec son public, un solide show lumière et vidéo, et Maxim qui assure désormais seul son rôle de MC avec brio… bref ce fut une très très bonne clôture de journée. Et cerise sur le gâteau je n’ai pas eu que des photos floues !

JOUR 2

Les effets secondaires de The Prodigy se feront ressentir toute la journée, mais il me faut tenir puisque ce n’est qu’à 23h55 que passe l’artiste que j’attends le plus et qui est en grande partie la cause de mon retour sur les terres de Clisson.

On commence tranquille avec une bonne surprise : Eihwar. J’étais assez sceptique sur ce duo toulousain. Il faut dire qu’il sort subitement d’on ne sait où et qu’il vient s’inscrire dans la mouvance pagan/musiques folkloriques nordiques. Et bien… En live, c’est très très bien ! Et il y avait du monde sous la Temple à 11h.

Les deux artistes, l’un aux machines, habillé en guerrier mystérieux, et l’autre au chant et tambour vêtue comme une sorte de prêtresse shamanique, se donnent à fond et haranguent la foule pour les embarquer dans leur transe. Et ça marche plus que bien. La performance vocale de la chanteuse est vraiment bonne et les instrus le sont également. Eihwar réussi à créer sa propre patte dans un genre qui s’est vu propulser en avant ces dernières années,et qui parfois nous livre des performances assez moyennes et cette sensation d’avoir juste voulu surfer sur la tendance. Bravo aux Toulousains !

On reste dans du folklorique sous la Temple avec les mongol de Uuhai. Cela me permet de me consoler d’avoir loupé The Hu l’an passé. Et franchement je trouve qu’ils n’ont rien à leur envier. Le groupe nous livre une belle performance, mélangeant habilement leur folklore avec des sonorités plus rock. 

Un bel enchaînement avec Eihwar.

Direction la Mainstage 1, où se produit Alien Weaponry. On reste dans du folklore quelque part, puisque le trio néo-zélandais livre un thrash metal puissant boosté par leurs chants guerriers rappelant leur racines maories. Le rendu donne une sorte de haka metal bestial qui est très très prenant. De plus les artistes de la Mainstage 1 bénéficient de la scène de Metallica qui joue le soir même, offrant une certaine liberté de mouvement, bien que cela les éloigne du public. Quoiqu’il en soit, ce fut une des meilleures découvertes de cette édition.

Malheureusement je ne vais pas m’attarder sur le concert de Spotlight à la Valley, ça avait l’air vraiment bien, mais le groupe de doomgaze a subi des soucis techniques au niveau du son qui était de très mauvaise qualité. Et d’après les retours que j’ai eu, cette édition a subi pas mal de petits soucis techniques à divers endroits. Dommage.

Retour à la Valley pour Dust Lovers. Et là c’est bien mieux niveau son. Du rock groovy bien énervé, avec des sonorités un peu western par moment.

Puis un petit détour vers la Warzone pour zieuter vite fait The Casualties et leur street punk qui a remué le public.

Et de nouveau à la Valley, ma scène de cœur vous l’aurez compris, pour y revoir Brutus. 3ème fois que je les vois et ce fut toujours aussi bon. Les belges commencent avec War, et c’est direct les frissons. Ils enchaînent avec le superbe Liar du dernier album et poursuivent leur conquête d’un public venu en masse. La prestation de Stefanie Mannaerts à la batterie et au chant est toujours aussi impressionnante.

Alliant des rythmiques post metal et punk à une voix oscillant entre un chant clair splendide et des notes plus éraillées, elle nous emporte dans des torrents d’émotions et vient frapper en plein cœur. 

Détour vers la Hellstage, la petite scène tremplin situé dans l’avenue avec les bars et stands de merch. La bio de Purge of Sanity m’a titillé et j’ai bien fait d’aller voir ça. Avec son metalcore, ce groupe de Nantes a conquis un public réceptif et venu nombreux. C’est très vite parti en mosh pit, et faut dire qu’au vu de l’énergie du groupe et de la qualité de leurs morceaux, tous les ingrédients étaient là pour transformer la fosse en défouloir. Une chouette découverte et un très bon moment !

Je suis retourné sur le festival et sans surprise ce fut… à la Valley bien sûr! Et qu’elle belle expérience j’ai vécu avec le concert de Chelsea Wolfe. Une ambiance ténébreuse et envoûtante s’empare de la scène dès le premier morceau. L’hypnotique Whispers In The Echo Chamber résonne, le son pesant vient faire vibrer les entrailles, tandis que la voix lancinante de l’artiste entame son couplet. La puissance des instrus mêlée à la performance vocale est saisissante.

On est en pleine plongée dans l’obscurité, et la pluie qui s’invite vient rajouter une certaine beauté au tableau. Je trouve les contrastes de sa musique fascinante comme avec le redoutable House Of Self-Undoing, et sa batterie ultra nerveuse, ponctuée par des sons électroniques ressemblant à une alarme, mais sur laquelle la voix de Chelsea Wolfe vient glisser et apporter cette touche ténébreuse et douce. Une véritable hypnose.

La pluie qui s’intensifie peu à peu aura eu raison de moi, j’ai donc vu un petit bout de Nekromantik que j’ai bien aimé visuellement mais pas forcément musicalement, et j’ai dû malheureusement quitter le concert de Mr Bungle qui s’annonçait pourtant très très bon.

La pluie… l’ennemi du photographe de concert.

Mais dieu merci, les averses se sont calmées et j’ai pu voir l’artiste que j’attendais comme le messie de ce Hellfest : Julie Christmas.

Si vous avez déjà lu certaines de mes chroniques, vous avez dû apercevoir le nom de Cult Of Luna à plusieurs reprises.

Il s’agit de mon groupe préféré et c’est grâce à lui que j’ai découvert Julie Christmas, et en partie grâce elle que je les ai autant aimé, puisque le groupe suédois et l’artiste américaine ont réalisé ensemble le magnifique Mariner, un album de cinq titres que je vous recommande chaudement.

Julie Christmas venait donc ici pour défendre son tout nouvel album Ridiculous And Full Of Blood. L’artiste était quasiment absente de la scène musicale depuis 2015, donc autant vous dire que les fans étaient plus qu’impatients de la revoir sur scène.

Lorsque l’obscurité s’empare de la Valley, l’excitation est plus que palpable, et à la manière d’un concert de Cult Of Luna, on ne discerne que des silhouettes prendre place dans la brouillard, une brève lumière en contre jour les découpant dans le noir. On reconnait assez vite Johannes Persson à la guitare/chœurs, frontman de Cult Of Luna, qui a également travaillé sur l’album de Julie Christmas.

L’artiste arrive enfin sous les applaudissements, dans une tenue étrange, une sorte de petite robe recouverte de fibre, le visage dissimulé derrière un masque lui aussi recouvert de fibre. Elle déambule dans une démarche rappelant celle d’une petite fille. Il y a un côté Alice aux Pays des Merveilles dans l’aura qui se dégage de là. 

Sa voix résonne alors, et bientôt les fibres qui la parcourent s’allument, et telle une chrysalide, le masque s’ouvre peu à peu pour dévoiler le visage maquillé de l’artiste. Et c’est là que le meilleur concert de cette édition commence. Pendant une heure, on assiste à une performance totalement démente, les musiciens sont déchaînés et la chanteuse totalement habitée, sa voix passant du murmure aux hurlements avec brio. Une forme de folie envoûtante parcourt sa musique, l’écouter chanter c’est comme écouter une sorcière qui tenterait de vous ensorceler. Elle transperce totalement le public, sa voix étant parfois rejointe par le scream de Johannes qui semble surgir du plus profond des abîmes. On a l’impression d’être en pleine tempête, les flashs de lumières ponctuant la puissance qui se dégage des morceaux.

C’est très dur de décrire cette prestation si particulière. Pour vous dire, il ne me semble pas avoir entendu Julie s’adresser au public autrement que dans des grognements, raclements de gorge et quelques soupirs. Elle semblait possédée, et elle nous l’a transmis. Ce fut dur de redescendre d’un moment pareil. Une mention spéciale au sublime The Lighthouse qui était incroyable en live.

Petit détour à la Temple pour voir un peu Eivør. Un show très doux où Le public semblait lui aussi envoûté. J’aurais voulu en voir plus, mais la fatigue, la pluie et les effets secondaires de The Prodigy auront raison de moi. Et après le concert de Julie Christmas c’était dur de retrouver quelque chose d’aussi puissant.

JOUR 3

Pluie, fatigue, le poids du matos, les problèmes de dos, et… bah The Prodigy, autant de facteurs qui font que pour ce dernier jour le réveil fut difficile.

Direction la Mainstage 2 pour y voir un peu du set de HotWax récemment découvert à Bourges (chroniqué ici). 

Puis après une grosse pause repas, retour aux Mainstage pour voir Nova Twins que j’avais loupé en 2019. Et quelle claque ! Le duo, épaulé par un batteur, tabasse méchamment avec son urban punk dopé aux effets électroniques et sonorités rap. Le public est au rendez-vous et Nova Twins assure une super prestation.


Retour à la Valley, pour Rendez-Vous. Leur post punk rappelle par moment des sonorités à la Depeche Mode, et le groupe parisien nous emporte avec lui avec une facilité déconcertante, déclenchant même quelques pogos.

On reste dans le punk, mais cette fois plus pêchu, avec un détour à la Warzone pour voir un peu de Drug Church. Simple et efficace.

Mais pas le temps d’y rester, puisque si je veux avoir une chance de photographier Royal Blood il faut y aller maintenant.

2 heures d’attente qui auront payé puisqu’en plus d’être dans les premiers, j’aurais pu voir le concert complet de Frank Carter & The Rattlesnakes. Et quelle découverte! 

Dès le premier morceau, Frank Carter se fraye un passage dans une foule bondée pour poursuivre son titre Self Love au cœur du public. Une prestation remarquable avec une énergie punk tout droit venue du Royaume-Uni, et par chance le concert est disponible gratuitement sur Arte !

Tout comme celui des britishs de Royal Blood. Deuxième fois que j’ai la chance de les voir, et c’est toujours aussi fou. La setlist nous fait prendre conscience que chaque titre a le potentiel d’être un vrai tube, et le duo basse/chant batterie est d’une grande efficacité. Un très très bon show cependant un peu gâché par un public mollasson mais j’y reviendrai sur la fin.

J’avais totalement zappé, mais Sierra, une jeune artiste du milieu de la synthwave, jouait alors sur la Valley. Et en arrivant là bas je ne m’attendais vraiment pas à retrouver autant de monde et surtout… tous en train de danser. Le temps d’un set, Sierra a transformé la Valley en dancefloor. Avec ses nappes pesantes et ses percussions qui tabassent, l’artiste a tissé une ambiance clubbing bien sombre avec des petites influences à la Gesaffelstein. Et bien que visuellement il n’y ait pas grand chose à voir, voir le public en transes était extrêmement plaisant.

On approche de la fin et après être retourné prendre une dose de punk bien british avec High Vis, retour à la Valley pour voir Crosses, le second groupe que j’attendais le plus.

Crosses c’est le projet annexe de Chino Moreno, chanteur de Deftones, et de Shaun Lopez (que je ne connaissais pas du tout). Et bien que j’étais heureux de les voir à l’affiche, j’avoue avoir été étonné. Car même si Sierra est très électronique et bien éloigné d’un Carpenter Brut ou d’un Perturbator, pourtant issus du même genre musical, j’ai trouvé que sa musique passait relativement bien au Hellfest. Mais pour le coup Crosses en studio ça sonne très peu metal ou rock. Et bien force est de constater que le live tabasse beaucoup plus et que l’énergie du duo est très communicative.

Malheureusement j’aurais du mal à vous en parler puisque le groupe a subi un gros souci technique qui a amputé le concert de 30 min. Vu le manque de communication des équipes du festival, la foule se vide peu à peu, on commence à se poser la question de s’ils vont revenir ou pas… Alors que tout espoir semble perdu, voilà le duo qui remonte sur scène pour 3 ou 4 morceaux et reprend comme si de rien n’était devant un public galvanisé.

Vraiment pas de chance, surtout qu’avec le peu que j’ai vu, on aurait surement eu un show totalement fou. Dommage également de les avoir programmés à une heure où il fait encore jour.

Bref après cette note mitigée, mon festival s’achève pour voir un peu Madball foutre un énorme bordel à la Warzone. Le frontman totalement déchaîné est au milieu du pogo lorsque j’arrive, un cameraman d’Arte à côté de lui, pris dans la tempête. Le concert est lui aussi sur Arte !

Bilan de cette édition: des supers groupes mais une ambiance assez étrange. Bien que cela fait un moment que les puristes disent que l’ambiance a changé, je vous avoue que depuis 2018 je n’avais pas vu une évolution aussi soudaine. Le festival s’ouvre et d’un côté c’est top mais de l’autre on se retrouve avec un public bien différent, surtout aux Mainstages. On se retrouve à certains concerts comme Royal Blood où personne ne réagit hors pogos, on voit des artistes comme Frank Carter galérer à lancer un circle pit ou se frayer un chemin parce que des gars en bob Cochonou veulent prendre des selfies, on n’arrive plus à circuler parce que des gens refusent de bouger pour vous laisser passer en dehors de la fosse… ça devient un peu triste.

Lorsqu’on regarde autour de soi on a la sensation de voir moins de metalleux et ça se ressent dans l’ambiance globale…

Hormis cet aspect, le festival mériterait d’agrandir son site sans augmenter le nombre de tickets, car cette année la circulation a été particulièrement éprouvante. On croise les doigts pour voir également des améliorations à la Valley, ça ne fait que deux ans qu’elle a été totalement chamboulée et j’espère que le festival n’est pas sur une décision définitive quant à son aménagement.

En dehors de ça, le festival semble s’être amélioré sur ses équipes de prévention contre les harcèlements. J’ai croisé davantage de maraudes et le dispositif semble être renforcé notamment avec des points infos. A voir selon les retours des festivaliers s’ il y a un vrai changement ou si on est sur de la poudre aux yeux. Le Hellfest souhaite également davantage communiquer et être un peu plus transparent sur son impact écologique. Bref, on croise les doigts pour que les choses s’améliorent sur ces points.
Côté positif, personnellement j’ai trouvé la programmation de cette année assez bonne, et plutôt variée, et j’ai encore pu croiser de chouettes personnes.

On verra maintenant pour l’année prochaine…

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Alexandre Vergne