Juke Box N°9

Si je vous dis « Bumpkin Island », « Polaroid 3 » et  « Matmatah »… ça vous parle ? Ces trois formations aux styles et courants musicaux très différents, ont tout de même quelque chose en commun. Un nouvel album qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd!

 

 

 

« Bumpkin Island » n’est pas seulement une île au large de Boston, c’est aussi le nom d’une formation Rennaise qui nous propose de découvrir son deuxième album « All was bright », sorti le 3 février dernier sous le label « Patchrock-Les disques normal ». Jusque ici tout est clair et pourtant entre « Ten thousand nights » leur premier LP paru en 2013 et ce nouvel opus, quatre années se sont écoulées où ils ont pris le temps sans le perdre de publier deux EP « Home work # 1 et # 2 » constituant de vrais travaux expérimentaux à l’exploration de nouveaux horizons. Sur ce terrain propice « Bumpkin Island » est entré en studio au mois de septembre 2016, pour élaborer  “All was Bright”, sous la houlette de  Thomas Poli (musicien de Dominique A,  Montgomery,  Psykick  Lyrikah,  Miossec,  réalisateur  des  disques  de  Laetitia  Shériff, Robert Le Magnifique, Totorro, Ropoporose…) pour un résultat aux ambiances atmosphériques d’une grande richesse ! Un dix titres où Ellie James (lead vocal, claviers, percussions), Jérémy Rouault (basse, guitare, claviers, voix), Fédérico Climovich (batterie, percussions), Vincent Chrétien (guitare, voix), Clément Lemennicier (trompette, bugle, guitare, claviers, voix) et Thibaut Galmiche (guitare, claviers), nous offrent  une  pop  aux  nuances  et  aux  couleurs  multiples. Du premier morceau « Spectacular lives » , un clap your hands batterie voix qui retient d’entrée de jeu toute notre attention, en passant par des compos tel que « Heads over heels, Nightingale et All was bright » aux allures plus rock par l’apport de guitares électriques et de superbes arrangements cuivres ou simplement en nous entrainant dans des ballades hypnotisantes « Yellow on the sea, Your other et Playground » où la voix d’Ellie James trouve toute son intensité dans une dimension à la texture électronique des plus savoureuses, ils sont parvenus à gérer une véritable prise de risque en se renouvelant sans pour autant renier le parcours qui les a emmenés  jusqu’à ce nouvel album. Tournant toujours difficile ? Pas lorsqu’on possède à la fois l’énergie créative et le style affirmé des valeurs sûres ! Une électro pop rock à écouter sans modération !

All was bright, Bumpkin Island, Patchrock-Les disques normal, Février 2017, CD : 12 €, Vinyle : 16 Euros

 

 

 

 

 

C’est en 2008 que « Matmatah » a tiré sa révérence de la scène rock française. Neuf années d’absence laissant un grand vide et malgré la parution en 2015 d’un coffret best of « Antaology », nous offrant à l’occasion des vingt ans de la création du groupe, des inédits et versions live, une reformation n’avait tout simplement pas été envisageable. Et pourtant contre toute attente, les quatre musiciens brestois ont décidé de mettre fin à ce silence et de repartir sur les routes. Non pas pour jouer des anciens titres tel que « Lambé an dro, Emma ou derrière ton dos » hymnes qui ont marqué tout une génération mais aussi parce qu’ils avaient des choses à dire et qu’il était temps de reprendre la plume et d’écrire. Le résultat ? Ce cinquième album « Plates coutures » , est une immense bouffée d’oxygène à un moment où l’atmosphère générale est emplie de tensions. Matmatah répond aux maux par des mots. Onze nouvelles créations enregistrées en Angleterre, mixé à Bruxelles et masterisé à Abbey Road sous le regard bienveillant de Bruno Green pour une réalisation des plus énergiques. Ils n’ont rien perdu de la« ouache » qu’ils avaient à leurs débuts et sont même encore plus rentre dedans encore à l’écoute du premier titre « Nous y sommes » qui dénonce le triste état de notre planète ! Les mélodies sur « Lésine pas » en appelle à faire parler l’amour plutôt que la haine, des sujets brulants qui côtoient notre quotidien. « Petite frappe, Marée haute, Overcom ou Peshmerga » ces morceaux dans un format purement rock montrent du doigt  un système corrompu  aux tendances égocentriques , celui de notre époque. Jouant sur l’émotion et la retenue, ce nouvel opus à l’enchevêtrement de guitares diaboliques est contrebalancé de mélodies et d’arrangements redoutables. Matmatah signe là un album qui par ces propos jette un regard grave sur une humanité qui ne se lasse jamais d’être en guerre contre elle-même, mais laisse entrevoir que tout n’est peut être pas perdu… On peut battre ou se faire battre à « Plates coutures », mais on ne tombe pas sans résister !

Plates Coutures, Matmatah, La Ouache Production, Mars 2017, CD : 13,99 €, Vinyle : 19,99 Euros

 

 

 

Venez prendre un bain de jouvence sensoriel et émotionnel dans les eaux profondes de « Rivers » premier album de « Polaroid 3 » où le trio alsacien issu de la scène jazz, nous livre une trip pop qui se regarde autant qu’elle s’écoute. Car de leurs inspirations diverses, ils ont tissé une identité qui leur est personnelle, une musique qui correspond aux images qu’ils ont dans la tête. Entre réel et fantasmes, laissez vous guider et traverser par les compos et la sublime voix cristalline de Christine Clément. Vous entendrez gronder la batterie de Francesco Ress et verrez les claviers de Christophe Imbs dessiner les chemins d’un univers musical hors format. Pour ce projet ils se sont entourés de Clémence Schaming (violon), Françoise Coppey Thibault (alto) et Camille Bloch (cello), des cordes qui donnent aux mélodies et aux harmonies de cet album une instrumentation inédite. Pour ce dix titres, Christine Clément a été puiser dans son imagination où rêves, surréalisme et fantastique côtoient cette affection qu’elle a pour la nature et ses grands espaces. La puissance des éléments sont ici mises en musique d’une façon magistrale et prend toute sa force dans des arrangements et des orchestrations à couper le souffle. « Rivers » n’a pas seulement un pouvoir apaisant qui incite à la méditation, il a aussi la capacité de nous engloutir et de nous dissoudre ! Polaroid 3 mérite largement de sortir de la confidentialité et d’atteindre les sommets !

Rivers, Polaroid 3, Label Oh-Bloody Mary Records, Fevrier 2017, CD : 15 €

 

 

Bruno Robert

 

 

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