Arts et essais ! N°27

Cette sélection d’ouvrages vous donnera tout un tas d’idées de cadeaux pour combler les mélomanes de tous poils ! Rock, musique psychédélique, folk, blues, punk, Métal… Chacun devrait y trouver son bonheur ! Discographies complètes et détaillées des Pink Floyd et des Rolling stones, autobiographies de Patti Smith et de Steve Jones, biographie de Jimi Hendrix, bible du Métal…  Pour les plus traditionnels, je vous propose également un essai (non illustré) sur The Carpenters ! Tous ces ouvrages, savamment documentés et à la riche iconographie feront le bonheur de leurs fans ! Des « beaux » livres à savourer en connaisseur et à faire découvrir aux jeunes générations !

 

 

 

La carrière et la discographie de ces deux groupes mythiques méritaient largement d’être examinées à la loupe ! C’est chose faite avec ces deux énormes pavés qui nous font la totale en décortiquant minutieusement de A à Z, 179 chansons des Pink Floyd et 365 des Rolling Stones (fiches techniques, studios d’enregistrement, musiciens, genèses des morceaux, réalisations, anecdotes, portraits de managers, d’arrangeurs, d’ingénieurs sons, d’égéries…) ! Abondamment illustrés de photos (un pur bonheur !), ces deux livres à compulser en écoutant à fond les œuvres de ces groupes dont la musique, dans des registres différents, a marqué toute une génération et influencé les suivantes, est un pur bonheur… De fan ! Car rien ne manque pour rassasier sa curiosité dévorante, titre après titre, album par album ! De leur naissance en 1967 à leur dernier album en 2014, les Pink Floyd ont révolutionné la musique psychédélique et laissé de mémorables souvenirs à ceux qui ont eu la chance d’assister à leurs concerts, véritables sons et lumières d’anthologie (Je fais partie de ces chanceux… Animals, 1977, hummmmm…) Ouvrez vos oreilles… la rumeur circule qu’un nouvel album et une tournée pourraient voir le jour en 2018… Info ou intox ? Affaire à suivre ! Quant aux Stones, « On air »,  une compil de leurs « live » à la BBC dans les années 60,  sort en ce mois de décembre. Les Stones… Mick Jagger et Keith Richards en tête, ont survécu, tels des phénix, à tous les excès et nous font tirer la langue depuis plus de cinquante ans… Le talent se mesure à la longévité : si ce n’est celle des artistes, du moins celle du plaisir intemporel qu’ils procurent à plusieurs générations ! Deux livres à déposer impérativement sous le sapin de Noël… Ils sont tout simplement exceptionnels, comme les fabuleux artistes qu’ils présentent !

Pink Floyd : la totale de Jean-Michel Guesdon et Philippe Margotin, E/P/A, 2017 / 49,90€

Rolling Stones : la totale de Jean-Michel Guesdon et Philippe Margotin, E/P/A, 2017 / 49,90€

 

 

 

 

1966/1970, cinq ans d’une carrière prometteuse stoppée net par la faucheuse, dans des circonstances jamais vraiment élucidées. Il avait vingt sept ans, comme Janis Joplin, Jim Morrison, Brian Jones, Kurt Cobain et Amy Winehouse … Hendrix a traversé la galaxie blues rock avec la fulgurance d’une comète… Fin du rêve, mais début du mythe car, aujourd’hui encore, il est l’idole et le modèle de bien des guitaristes qui se grattent autant la tête que la guitare sans jamais arriver à la cheville de ce musicien de génie.  Si vous êtes fan d’Hendrix (ou tout simplement curieux du phénomène !), cet ouvrage va vous combler ! D’abord, il est magnifique avec ses illustrations psychédéliques, très « années 70 »: Au premier regard, c’est un bel « objet » ! Mais dès qu’on l’ouvre, c’est un trésor, une mine d’or, la caverne d’Ali Baba qui s’ouvre à vos yeux ébahis avec des centaines de photos, une documentation hallucinante et une multitude d’anecdotes sur « le roi de la guitare électrique » ! Saviez-vous que ses premiers concerts ont eu lieu en France ? Si, si, à l’Olympia en 1966 ! Que c’est grâce à la petite amie (du moment) de Keith Richards qui assistait à un de ses concerts, qu’il a été révélé au grand public ? Analyses musicales, témoignages, concerts, tournées, « sex, drugs ans rock’n’roll », cet ouvrage nous embarque de Monterey à Seattle en passant par Woodstock et l’île de Wight dans le destin tumultueux de cet artiste précurseur à la virtuosité unique qui nous fait toujours  autant vibrer près de cinquante ans après sa mort… Are you experienced ? Avec ce beau et précieux bouquin, oui, très certainement !

Jimi Hendrix : le roi de la guitare électrique par Gillian G.Gaar, E/P/A, 2017 / 29,90€

 

 

 

 

 

Née dans le New Jersey dans une famille d’ouvriers, Patti, qui écrit depuis son plus jeune âge, décide de forcer le destin et de tenter sa chance à New-York, lieu de prédilection des artistes qui renouvellent l’art sous toutes ses formes : on est en 1967 et rien ne semble impossible ! Artiste en recherche d’elle-même, elle savoure sa liberté en dépit d’une vie de petits boulots dans des quartiers miteux, où elle rencontrera le photographe Robert Mapplethorpe, qui s’avèrera être un des meilleurs de sa génération et avec qui elle vivra une histoire d’amour, puis d’amitié, qui perdurera jusqu’à la mort de Robert en 1989… Ensemble ou séparément, le lien qui unissait ces deux belles âmes ne s’est jamais rompu… Avec « Just kids », c’est leur histoire qu’elle décline, l’innocence et la fraicheur de la jeunesse, leur soif de créativité, lorsque tous deux n’étaient encore que des enfants, menant une vie de bohème au (désormais mythique) Chelsea Hotel , où se croisaient Janis Joplin, Lou Reed, Bob Dylan, Allan Ginsberg… Satellites d’Andy Warhol.  Mais « Just Kids » c’est aussi et surtout une promesse : celle faite à Robert sur son lit de mort, d’écrire leur histoire… Treize années auront été nécessaires à Patti pour restituer au plus juste ses émotions et ses souvenirs qu’elle nous dévoile dans cette autobiographie bouleversante de sincérité et de simplicité, ponctuée de photographies et d’anecdotes qui nous plongent autant dans leur intimité amoureuse et artistique que dans la richesse de l’underground des années 60 à 70. Paru en 2010, cet émouvant hommage avait fait grand bruit et bouleversé les lecteurs de la « poétesse rockeuse » … Les éditions Gallimard nous offrent en cette fin d’année l’occasion de le découvrir ou de le redécouvrir avec cette réédition de luxe, agrémentée de photographies supplémentaires… « Collector » et Indispensable !

Just kids (édition intégrale illustrée) de Patti Smith : Gallimard, 2017 / 35€

 

 

 

 

 

Propres sur eux et sourires « ultra brite », Richard et Karen Carpenter (frère et sœur et fondateurs du groupe du même nom) prônaient à travers leurs chansons un retour à l’ordre aussi musical que moral, défendant les valeurs traditionnelles et bien pensantes de l’Amérique des années 70, mises à mal par les vagues « sex, drugs ans rock’n’roll » et « Peace and love » qui envahissaient les ondes (avec une belle énergie et une multitude de talents !). Réacs ? Affirmatif ! Mais extrêmement populaires ! Les Carpenters vendaient des millions de disques (premier fan ? Nixon…) et furent de sacrées vaches à lait pour l’industrie phonographique de l’époque…  Et pour les laboratoires pharmaceutiques ! Car, derrière cette image de premiers de la classe, Richard se bourrait de tranquillisants pendant que Karen, atteinte d’anorexie mentale, se gavait de laxatifs…  Alors qu’ils protestaient contre les valeurs libertaires des hippies et sur leur consommation de substances hallucinogènes, ces deux-là se camaient jusqu’à l’os de substances qui, si elles étaient licites, n’en n’étaient pas moins dévastatrices ! La maladie de Karen mettra un point final à l’aventure des Carpenters : la chanteuse à la voix cristalline décèdera en 1983, à l’âge de trente trois ans, d’une crise cardiaque… C’est au parcours de ce groupe porte-parole de la bonne conscience de l’Amérique conservatrice et à la chute d’une idole (victime autant d’une maladie peu reconnue que d’un système de starisation qui l’a détruite) que Clovis Goux nous convie dans cet essai aussi objectif qu’exhaustif qui retrace les faits dans le contexte historique de l’époque. Une histoire dans la grande, ponctuée de chapitres en forme de clins d’œil comme « Middle Class Heroes », « Sympathy for the record industry » ou « Lost in the Supermarket » où, pour ma part, je retrouve mes références, en terrain aimé et connu ! J’avoue : je ne connaissais pas ce groupe, occupée justement à savourer Marianne Faithful, les Rolling Stones ou les Clash… Alors ? Autant dans les idées qu’ils développaient que dans leur musique que je trouve, pour ma part, sirupeuse au goût de guimauve, les Carpenters, c’est décidément pas ma tasse de thé ! Pas forcément non plus, celle de Clovis Goux qui signe néanmoins avec cet essai le témoignage d’une époque sous un autre éclairage, en même temps que  l’autopsie d’un conte de fées qui s’est terminé en naufrage…

La disparition de Karen Carpenter de Clovis Goux, Actes Sud, 2017 / 15€

 

 

 

 

 

Trois ans d’existence, un seul album studio « Nevermind the Bollocks »… Si les Sex Pistols ont eu une carrière fulgurante, ils restent une légende qui a fait des petits, en lançant un mouvement qui a fait du chemin depuis ! Sans langue de bois et avec un humour ravageur,  Steve Jones nous raconte la l’histoire de ce groupe culte des années 70 (dont il est le fondateur) dans cet ouvrage en forme de confessions d’un enfant du punk. De son enfance à la Dickens, (Steve a servi de Punching-ball à son beau-père, commis divers méfaits, passant par la case centre de détention en bon Bad Boy qui se respecte), à la naissance du groupe, Steve raconte les dérives et les excès, la rage, l’ambiance apocalyptique des concerts (souvent annulés !), l’alcool, la came, les femmes, dans une multitude d’anecdotes, nous mettant en immersion totale dans l’ambiance un peu crade et politiquement incorrecte de l’esprit punk. Grand baiseur devant l’éternel (même les nanas de ses potes y sont passées !), voleur dans l’âme, Steve raconte ses méfaits qui tiennent parfois de l’exploit… Comme le vol du matos de Bowie après un de ses concerts, ou celui de  l’accordeur de la guitare de Brian Ferry (mais pas les guitares de Rod Stewart, juré, craché, c’est pas lui ! ) ! Egos démesurés, rivalités et rapports houleux, notamment avec Sid (bagarreur et totalement incontrôlable) et Rotten (qui se prenait pour Dieu… ) ont été les prémisses de leur séparation, effective après le départ de Rotten et la mort de Vicious quelques mois plus tard qui mettra un point final et définitif à l’aventure. L’après Sex Pistols pour Jones ? Un long et mauvais trip à l’héroïne qui lui vaudra une cure de désintoxication (et l’hépatite C) puis des rencontres avec Iggy Pop, Bob Dylan, la fondation du groupe « The professionnals » avec Paul Cook, une carrière solo, quelques passages au cinéma, et jusqu’à aujourd’hui, animateur radio aux USA… Sacré parcours ! Émouvant mais aussi furieusement drôle, « Lonely boy » se lit d’une traite avec un plaisir jouissif… Esprit Punk, es-tu là , Yes sir ! Punk’s not dead !

Lonely boy : ma vie de Sex Pistols par Steve Jones, E/P/A, 2017 / 22€

 

 

 

 

 

Difficile de s’y retrouver dans les méandres du Métal… Fabrice Canepa, fan depuis l’adolescence, a entendu notre désarroi et nous en dévoile tous les mystérieux courants dans cet ouvrage aussi exhaustif que passionnant, y compris pour les néophytes comme moi qui confondent allègrement Métal symphonique, industriel progressif ou hard FM ! Un biker n’y retrouverait pas sa bécane ! Avec un humour ravageur et une solide connaissance de son sujet, Fabrice nous dresse le portrait des cinq grandes familles « inoxydables » qui font l’objet d’une fiche récapitulative (présentation des groupes majeurs, de leurs sujets de prédilection, des principaux labels et des cinq albums les plus emblématiques… Plus son coup de cœur !) Et bien…ça fait du monde, moi, je vous l’dis ! Bon, ACDC, Aerosmith, Alice Cooper, Deep Purple, Led Zeppelin, on connait tous, c’est du hard rock. (non ? Alors, n’allez pas plus loin, parce qu’après, ça se complique) !) Bon Jovi, Def Leppard, Guns N’Roses, Mötley Crüe ? Hard FM, bravo ! Plus difficile… Nirvana ? Grunge… Classé Métal ! ça vous en bouche un coin, hein ! (moi, en tout cas, oui !) Après, on rentre dans le bizarre, l’inédit… Thrash Métal (boivent comme des trous et pètent tout ce qui est à leur portée), Folk Métal (s’éclatent avec des solos de vielles à roue ou de cornemuse), Death Métal (experts en écritures bizarroïdes), Grindcore (connaissent au moins dix sept synonymes du mot « éviscération »), Stoner Métal (amateurs de plantes vertes de préférence hallucinogènes), Doom (aiment les ténèbres et les cimetières sous la lune… Sous la pluie, c’est encore meilleur !)…. Look cheveux gras, longs ou rasés… Tatoués, piercés de partout, fringués de noir, de cuir, maquillés comme des camions volés, politisés et même chrétiens… A peu près tous chantent la mort et le macabre, la violence, le chaos et la destruction, vénèrent ou ont la pétoche de Satan et pratiquent des rites bien à eux ! Âmes sensibles s’abstenir ! Mais ne pas se fier totalement aux apparences… Un cœur se cache sous leur look d’enfer et les « Métalleux »  » sont en général plutôt doux et aimables et ont un sens de la communauté plutôt marqué (ils adorent les rassemblements… Hellfest, c’est leur Noël !) Ils cultivent les paradoxes comme le jardinier ses choux et ses poireaux ! Même si j’ai parfois eu l’impression de traverser un pays étranger parfois hostile, j’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce beau bouquin (richement illustré !) et appris tout un tas de choses que je ne soupçonnais même pas (faut dire que je partais de très très loin). Je comprends mieux maintenant l’engouement de mes garçons, qui, ados, me vrillaient les oreilles avec Sepultura (Groove Métal… J’en tremble encore ! ), ACDC, Iron Maiden , Motorhead ou Metallica (que j’apprécie pour la plupart d’entre eux). Ils m’ont heureusement épargné le look à la « Kiss » et la crise cardiaque qui n’aurait pas manqué de s’ensuivre ! Le Métal fêtera ses cinquante ans en 2020… Un constat : le « Métalleux » vieillit bien… Et malgré des cervicales douloureuses, rien ne l’empêchera  de pratiquer le headbanging jusqu’à la rupture desdites vertèbres !

Inoxydable : la bible du métal par Fabrice Canepa, Tana, 2017 / 35€

 

 

Christine Le Garrec

 

 

 

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