Juke Box N°18

Un Juke-Box écrit à quatre mains pour vous immerger dans une multitude d’univers ! Hypnotiques ou plus musclés, dansants, planants ou carréments festifs, à l’écoute de ces CD (et DVD) vous passerez d’un monde à l’autre avec, nous l’espérons, le même plaisir que nous avons eu à les découvrir ! Ils reflètent toute la musique qu’on aime… Et quand la musique est bonne…. C’est à fond, à fond, à fond !!!

 

 

 

Bien malin celui qui pourra mettre une étiquette sur cette artiste qui repousse toujours plus loin les limites de son art ! Jaqueline Nakiri Nalubale, plus connue sous son nom de Jaqee, nous prouve une nouvelle fois avec la sortie de son nouvel album « Fly high » son statut d’artiste inclassable. Au carrefour de la soul, du reggae, de l’electro et de la world music, « Kokoo Girl » (titre de son quatrième album et qui deviendra son surnom) nous livre quatorze créations qui s’inspirent directement de sa vie. De sa voix impressionnante, elle nous chante sa quête perpétuelle de tournures de mots aussi belles que précises, dans une volonté de toujours proposer des paroles accessibles à tous sur des rythmiques aux sonorités différentes. Mentionnant pour la première fois dans cet opus ses deux petites sœurs (ainsi qu’une comptine dédiée à sa fille de cinq ans), Jaqee nous embarque une fois encore dans les plus hautes sphères d’une musique aux  couleurs métissées, avec cette vision de la vie qu’elle a hérité de ses origines ougandaises. « Fly High » est un album où Jaqee à supervisé beaucoup plus de choses qu’auparavant pour laisser une empreinte personnelle bien plus profonde. Force est de constater que ça fonctionne car cette fois, elle s’envole très haut !

Jaqee « Fly High » / Rootdown Records / CD : 20€

 

 

 

 

La « Vodoo Doll » Bonnie Li est de retour avec dans ses bagages un nouvel EP six titres mais aussi  un compagnon de route,  Elia M ! Véritable one-woman-band, Bonnie Li puise son inspiration musicale à travers le monde de Hong-Kong à San Francisco, en passant par Berlin, Montréal et Paris. Le fait qu’elle ait grandi en Chine a fortement marqué sa vision sur le statut des femmes dans nos sociétés et ce sujet est souvent développé à travers ses EPs. Depuis 2009, elle écume les scènes underground-électro et obtient la reconnaissance de ses pairs à travers de nombreux prix (lauréate SFR, jeunes talents du festivals Marsatac, finaliste des découvertes du printemps de Bourges…) De son côté, Elia M a su développer au fil de sa carrière, une techno lourde aux sonorités industrielles sombres et psychédéliques, assortie de rythmiques « groove » entêtantes qui le conduiront durant plus d’une décennie sur les « grosses » scènes des soirées françaises et européennes. Leur rencontre n’est pas simplement un électro choc, c’est aussi une grande aventure humaine et musicale… Leur musique est une subtile fusion de leur expérience et de leur vécu ! Elia accompagne la chanteuse electro sur scène et en studio pour les arrangements et la composition et son penchant pour les sonorités industrielles  se ressent tout au long de « Plane-Crash ». Nappes immersives, rythmes saccadés et déroutants, mélodies profondes et hypnotiques habillent la voix de Bonnie Li, posant une ambiance personnelle aux accents mélancoliques. Alors, asseyez-vous, appuyez sur play et laissez vous aller dans le monde envoûtant de Bonnie Li et de son « Plane-Crash » !

Bonnie Li « Plane-Crash » / Icons Creating Evil Art / CD : 12€

 

 

 

 

Vous connaissez sûrement le titre “Animals”, l’hymne du club de foot de Guingamp ? Il a été joué au Stade de France lorsqu’ils ont gagné la Coupe de France…  Oui, il s’agit bien de The Craftmen Club dont on parle ici ! Leur nouvel et quatrième opus « Colores » vient de paraître le 10 novembre dernier et après dix sept années d’existence, les bretons n’ont rien perdu de leurs « niaque » rock’n’rollesque ! Ils font partie de ces groupes qui ne laissent personne insensible, cherchant toujours à se renouveler d’un album à l’autre, quitte parfois à prendre le risque de surprendre et de désorienter ses auditeurs. Et c’est le cas avec « Colores » qui, de titre en titre, nous ballade, joue avec nos nerfs et nous bouscule du début à la fin ! Le groupe se dévoile dans ce disque, tant dans ses textes, majoritairement en français, que par le choix de montrer pour la première fois leurs visages sur la pochette de l’album. On y ressent aussi le fait  leur besoin de découvrir de nouveaux horizons musicaux avec un côté plus pop que ce qu’ils avaient fait précédemment. L’essentiel des titres à été enregistré à Morlaix, sauf deux chansons (« Le lustre » et « Le lac ») qui ont été captés en live au studio « Kerwax » sans aucune retouche. Le tout a finalement traversé la Manche pour être mixé par Jim Spencer qui donne à « Colores » ce côté « so british ». C’est avec cet album à la fois sombre et lumineux que le quatuor repart au combat, prêt à recevoir des coups, mais aussi à en donner !

The Craftmen Club « Colores » / Upton Park / CD : 12€

 

 

Bruno Robert

 

 

 

Vingt centimètres de neige (c’est beau !), le thermomètre en dessous de zéro, emmitouflée de la tête aux pieds, je pose sur ma platine le dernier EP de Baja Frequencia « Catzilla »… Et miracle ! L’atmosphère se réchauffe illico, les lainages tombent et la transe commence !!! Comment résister plus de trente secondes à ces rythmes aux styles qui s’entrechoquent dans une folle dérive des continents qui nous balade des Caraïbes aux confins asiatiques en passant par l’Afrique ? Ne cherchez pas, c’est impossible !!! Catzilla ravage tout sur son passage, vous électrise et vous apporte des effluves de fêtes endiablées sous une chaleur tropicale, qui vous plongent direct dans la canicule estivale… Que calor! Ce crew marseillais, composé de deux lascars (Azuleski et Goodjiu) à l’énergie explosive joue avec les sonorités  et les styles, les ponctuant de bonnes grosses basses dancefloor où hip-hop, dub, dub step et électro s’entremêlent, s’éloignent pour mieux se retrouver au fil des sept titres de cet EP très éclectique. Des feats de renom (La dame Blanche, Blimes Brixton, Skarra Mucci, Taiwan MC et Rafael Aragon) ont mis la main à la pâte pour tourner la sauce piquante de cette marmite du diable qui vous met en ébullition dès la première écoute ! De la « basse tension »… Qui fait monter la vôtre ! Caliente !!!

Baja Frequencia « Catzilla » / Chinese Man records / 2017 / CD : 10€ / Vinyle : 11,75€ (liens de téléchargement : cliquer ici !)

 

 

 

 

Christian Philibert et les Massilia sont faits du même bois : tous ont choisi l’indépendance pour préserver leurs choix artistiques. Philibert, dont c’est le quatrième long-métrage, réalise ses films par le biais du financement participatif et avec les fonds propres de sa boite de prod « Les films d’Espigoule ». Quant aux Massilia, c’est par le biais de petites structures basées à La Ciotat qu’ils fonctionnent (label Manivette Records, Salabrum comme producteur et tourneur). Et pourtant, ils sont sur la route depuis plus de trente ans, écumant festivals et salles bondées, et déclenchant partout un enthousiasme incroyable, même loin de leur terre provençale ! Si leurs textes, chantés en français et en occitan, revendiquent clairement la culture occitane libertaire (et marseillaise !) entre tradition et modernité (du « folklore », mais dans le sens noble du terme ! ), ils savent aussi se faire rageurs et militants lorsqu’ils évoquent les injustices sociales, l’appât du gain des dominants ou la menace sournoise du fascisme ! Mais les Massilia ne se résument pas à leurs engagements… Leurs voix savent aussi se faire tendres ou rieuses, dans des textes où amour rime avec humour … Les Massilia prônent avec une énergie et une joie de vivre communicative le métissage, le vivre ensemble et la tolérance, partageant leur musique en toute convivialité sur scène mais aussi dans les rues des quartiers du Panier ou de la Belle de Mai où ils déploient leur générosité, leur sens du partage et de la fête qu’ils communiquent à leur public avec une énergie et une joie de vivre sans pareille … C’est clair, ils ont su trouver le dosage parfait pour atteindre « l’aïoli »! (« Irie »en jamaïcain veut dire plénitude) Pendant une année complète, Christian Philibert les a pistés caméra en main, sur scène ou dans leur intimité, recueillant leurs témoignages et leurs anecdotes sur leur trente ans de carrière, tous s’arrêtant longuement sur leur chagrin à la mort de leur camarade, Lux B, décédé en 2008 (à qui le film est d’ailleurs dédié… ) Complété de documents d’archives, d’extraits de concerts et de témoignages de fans, le film de Philibert rend hommage à ces citoyens du monde et à la belle aventure qu’ils ont créée et font perdurer avec leur immense talent… Un film tonique et émouvant qui nous offre une vision forte et vraie de ce groupe Ô combien attachant ! Merci à vous, Tatou, Blu, Gari, Janvié, Papet J. et DJ Kayalik… Continuez à mettre le oai !

Massilia Sound System le film par Christian Philibert / Les films d’Espigoule / 2017 / DVD : 20€ (vente en ligne)

 

 

Christine Le Garrec

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