Quand création et existences ne font qu’un au Théâtre des Sept Collines !

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Hospitalités c’est du théâtre assurément, et pourtant c’est aussi autre chose tant les spectateurs sont immergés dans la vie des habitants de La Bastide Clairence.

 

 

Atelier d’écriture avec Barabara Métais-Chastanier

 

Samedi, au Théâtre des Sept Collines, dix-sept personnes se sont  réunies autour de Barbara Métais-Chastanier pour un atelier d’écriture qui interrogeait l’hospitalité.

Points d’appui proposés à notre imagination et au dialogue, des photos très puissantes et se prêtant à diverses interprétations. La richesse des productions, la variété des situations évoquées et l’émotion souvent à fleur de mots qui en ont résulté démontre que le procédé était choisi avec soin. Mais aussi inspirante soit-elle, cette mise en scène n’aurait pas suffit seule à susciter des écrits si nourris et si touchants. Non, le sel de ces petits textes est sorti de l’écoute et du dialogue engagé dans les duos ou trios constitués autour des propositions d’écriture. En effet, les participants, autochtones et réfugiés, ont croisé leurs perceptions, leurs imaginaires et leurs expériences pour faire parler les photos.

De belles rencontres et des restitutions parfois décalées et pleines d’humour où s’entendaient le plaisir à  raconter tout comme l’urgence à s’indigner ou à dénoncer les manquements à la plus élémentaire des hospitalités.

Rendez-vous a été pris pour un nouvel atelier le 7 avril pour poursuivre cette exploration d’un thème fondateur du vivre ensemble. Gageons que nous serons nombreux à nous y retrouver.

 

 

Huit personnes en compagnie de Massimo Furlan nous entraînent à leur suite dans leurs trajectoires personnelles, familiales ou professionnelles. Histoires croisées  et entremêlées de femmes et d’hommes à la fois héritiers et façonneurs d’existences. Jamais on ne s’ennuie à les écouter et l’on s’aperçoit très vite qu’un village de 1000 habitants est un creuset où se côtoient et s’imbriquent les individualités.

Tour de force du réalisateur qui, dans un décor réduit à sa plus simple expression (deux bancs), réussit à rendre compte du temps qui passe. Le spectateur grandit et vieillit au rythme des témoignages et passe sans transition des années 60 au début du XXI ème siècle, sans cassures, revient à la génération précédente puis se retrouve confronté aux problématiques très contemporaines. Et l’on réalise que, puisque la diversité est déjà là, dans cette petite communauté humaine, il n’est pas impossible que s’y incorporent des personnes venues d’ailleurs. On peut se nourrir de la différence. Identité et altérité ne sont pas antagonistes : en douceur et par des déplacements fluides et suaves, c’est ce que semblaient nous dire les Bastidots sur scène. Des Bastidots attachés à leur culture et à leurs paysages mais qui s’interrogent sur la notion d’hospitalité et la relation à l’Autre.

Je ne me suis pas beaucoup attardée sur la vidéo de l’arrière-plan qui n’était qu’accessoire. Le principal se concentrait dans la parole, les visages et les corps des acteurs : s’en dégageaient une forte présence de chacun d’eux et un sentiment de proximité.

On sent chez Massimo Furlan une grande attention portée à ses partenaires et au public et ses yeux  rieurs me font penser que l’humour, saupoudré comme du piment d’Espelette tout au long de la représentation, lui doit beaucoup. Ce spectacle nous montre à voir des vies qui ne sont simples qu’en apparence et il a fallu sans doute beaucoup de travail pour que « naturel » soit un adjectif qui vienne à la bouche pour qualifier  le jeu des comédiens.

Grand bravo à tous pour cette pièce peu commune.

Swaz

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