Ils ont osé l’utopie !

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 Nous qui habitons vos ruines : merveilleux titre pour cette pièce qui explore les expériences utopiques contemporaines, les questionne et  interroge également les spectateurs.

 

 

 

La Compagnie //Interstices, dirigée par Marie Lamachère et accompagnée par l’autrice Barbara Métais-Chastanier, a  construit un spectacle d’une rare densité : foisonnant, rythmé et qui confine les trois comédiens à la performance. Il faut, en effet, souligner le jeu physique de Laurélie Riffault, Michaël Hallouin et Damien Valero : le texte pulse, souligné par l’engagement des corps.

Cela commence par un questionnement tous azimuts lancé au public : « Pensez-vous que le mensonge soit une condition au bonheur ? Que faites-vous quand vous êtes seul(e) ?… » Questions existentielles et questions matérielles s’imbriquent comme un préambule à la possibilité d’inventer une autre organisation sociale que celle que l’on connaît, d’imaginer un autre rapport au travail que celui de nos sociétés désincarnées et technologiques. Ces questions croisées installent un climat où le sens et l’essence de la vie sont posés comme fondements mais où d’emblée l’humour  figure à la meilleure place pour nous obliger à un regard bienveillant et décentré sur nous-mêmes et nos choix de vie.

Toujours Charles Fourier sera perçu comme le théoricien et l’inspirateur de ces changements, ce qui leur confère stature, ascendance et aura philosophique.

Le désir : de ne plus subir une vie injuste, de vivre en accord avec ses pensées, avec les autres et avec l’environnement, le désir, comme principe premier, est à l’origine de nombreuses pratiques communautaires. Ces pratiques sont appréciées à l’aune des individus mais aussi par rapport à leur impact sur le reste de la société : constituent-elles des îlots de résistance à imiter ou paradoxalement contribuent-elles à ce que persiste le système inégalitaire  de l’exploitation capitaliste ? //Interstices envisage les engagements sous toutes leurs facettes et parie sur l’intelligence du public qui saura moduler son opinion.

Une création stimulante et poétique, fort bien construite, engagée et engageant la réflexion sur l’utopie encore et  plus que jamais nécessaire aujourd’hui : Nous qui habitons vos ruines fut réellement  un temps fort de Habiter, Vivre, Accueillir au théâtre des Sept Collines.

 

Swaz

 

 

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