Juke Box N°32

Et voici les derniers coups de coeur d’Alex et Chris dans ce juke box vitaminé plein d’énergie, d’humour noir et de bon son ! Bonne écoute à toutes et à tous avec Les Fat Bastard, Razorlight, Al’Tarba & Senbeï et Les Rois de la Suède !!!

Prêts pour un voyage qui vous emmènera des Balkans aux portes de l’Orient avec un petit détour vers Cuba ? Alors, vous êtes mûrs pour l’expérience du gangband en compagnie des sept « Bastards » ! Préparez-vous à un moment explosif… Car la musique métissée de ces sept mercenaires, pimentée à la sauce paprika, a le chic et choc pour mettre le feu aux poudres dès la première écoute ! Leur formule ? Une section cuivre qui déménage à la manière d’un big band éclaboussé de swing, un accordéon nostalgique ou déchaîné, des percus endiablées, une batterie déchaînée, des riffs de guitare bien équilibrés, un bon son électro savamment dosé et un chanteur polyglotte qui vous embarque dans la musique des mots venus d’ailleurs ! Leur show aux couleurs du monde groove grave de grave et vous n’aurez aucun mal à sortir de votre réserve, les apaches, car les Bastards vont très vite débusquer la bête qui sommeille en vous ! Mais s’ils ont le sens de la fête chevillé au corps et à l’âme, les Bastards sont également dotés d’une belle conscience : leurs invitations à abolir les frontières ( « No border ») et à faire preuve de solidarité envers les plus faibles (« Lampedusa ») offrent de jolis moments d’émotion au cours de leur récital… Un peu de Tutti et beaucoup de frutti, acidulé et joyeux, c’est la devise de ces bêtes de scène qui savent se faire tendres et respectueux de la tradition qu’ils bousculent tout en gardant intacte son essence. Un joli clin d’œil à Bregovic sur un morceau, un hommage à la liberté du peuple gitan sur un autre… Les Bastards passent d’un univers à l’autre, les brassent et les mêlent pour donner naissance à un son neuf et pétillant, avec une classe internationale. Cet album « live » va certainement vous donner envie d’aller constater « de visu » leur prodigieuse énergie… Vous avez du bol, ils démarrent une tournée début Mars, alors, surveillez leurs dates, ils passeront sans nul doute tout près de chez vous ! En attendant, la vidéo de leur concert est disponible grâce au QR code à flasher sur la pochette de l’album (vous pouvez également y accéder ici !). Alors ? Tous des « gros bâtards »… Et fiers de l’être !!!

The Fat Bastard Gangband « Live » / Belka production/ La Chaudière production / 2018 / 15€

Alléluia ! Les Razorlight reviennent sur le devant de la scène ! Et oui, après un silence radio d’une bonne dizaine d’années, Johnny Borrell a donc reformé son groupe (remanié de manière drastique) pour nous offrir cet « Olympus sleeping » qui comporte une douzaine de titres tous plus décapants les uns que les autres : du bon gros rock qui flirte avec le punk de la belle époque, sans renier pour autant la new-wave anglaise des années 80, entrecoupé de ballades pop accrocheuses et énergiques. Un mélange des genres qui met la patate et donne envie de renouer avec les bons vieux pogos de notre jeunesse (et de la leur !). On peut dire que Borrell a visé à l’essentiel dans ce nouvel opus, avec des morceaux aussi courts que percutants (s’allongeant sur les deux derniers titres), qui donnent à l’ensemble un climat homogène, cohérent… Et bougrement punchy ! Guitares électrisantes, batterie métronomique, voix furieuse, tous les ingrédients sont réunis pour vous inciter à bondir hors de votre fauteuil pour frétiller comme un poisson dans la Tamise, car les Londoniens qui  n’ont rien perdu de leur verve, sont toujours et plus que jamais, pied au plancher, à fond, à fond, à fond ! Ce « revival » a sans nul doute réveillé les dieux de l’Olympe… Quant à nous, pauvres humains que nous sommes, nous le dégustons comme une bonne vieille madeleine de Proust trempée dans de l’Earl Grey ! Ce sera difficile de les voir cet été en « live »… Après leur concert de début Février au Bataclan, ils sont bien partis en tournée, mais hélas, ils ne se produiront en France qu’une seule fois, fin Juin, au festival Rock in Évreux

« Olympus sleeping » / Razorlight / Atlantic Culture Records / 2018 / 12€

Christine Le Garrec

Quel voyage que cet album d’Al’Tarba et Senbeï ! Avec Rogue Monsters, ces deux beatmakers de talent nous régalent pour cette première collaboration, nous faisant passer par tous les registres, sonorités et univers electroniques ! Le premier est adoubé par Dj Muggs de Cypress Hill (ce n’est pas rien !) et le second nous titille les oreilles avec son superbe projet Smokey Joe & The Kid ! Vous l’aurez compris : cette collaboration s’annonce méchamment efficace !

Et ça commence fort avec le premier titre, « Rakshasa », qui débute par un son étrange empli de mystère, une petite voix saturée aux sonorités asiatiques venant percer l’obscurité de cette ambiance et, sans prévenir, la voix devient nette, de légères percussions se font entendre, le beat démarre et les samples de voix viennent se mélanger aux scratchs et aux percussions ! On navigue entre plusieurs univers, chaque morceau ayant sa propre empreinte : sons plus légers et fun comme « Hold Up », sonorités électroniques plus poussées avec « Tarikh » , tout le monde s’y retrouve. On a même droit à une interlude bien barrée où les deux compères discutent à une heure tardive… qui part sur du punk bien bourrin pendant quelques secondes !

Les deux beatmakers savent également envoûter avec des sons planants teintés de sonorités orientales ou avec des samples qui semblent tout droit sortis de vieux films, comme dans « Oh, Edwaaaaaard », ou « Lonely Bones », avec le petit grésillement qui rappelle celui des vyniles… Aaah nostalgie quand tu nous tiens !

Les featurings présents sur l’album apportent une touche rap (Illaman, Youthstar et DJ Nix’on sur « Boris the Blade » et Droogz Brigade sur « On Hante La Ville »), dans une ambiance unique qui vous met une pêche d’enfer !

Cet album d’une belle diversité et d’une grande richesse musicale offre une expérience unique et dépaysante. Je ne peux que vous recommander d’embarquer vous même pour ce voyage, ce superbe voyage ! Une vraie pépite à ne pas manquer !

« Rogue Monsters » / Al’Tarba & Senbeï / Banzaï Lab / 2019 / 12€ le CD / 25€ le vinyle (acheter ici !)


Cela fait plusieurs années qu’ils sévissent dans le paysage musical ces joyeux lurons que sont Les Rois de la Suède ! Avec leur humour baignant allègrement dans le second degré, l’absurde et l’humour noir, nos trois lascars nous ont habitués à des textes plus ou moins hilarants… Et les voilà qui reviennent à la charge avec l’album « Punk Rock Academy » (sorti le 23 novembre dernier… Mieux vaut tard que jamais pour en parler, car croyez moi, ça vaut le détour !)

Première chose, une fois le CD entre les mains, avant même de l’écouter, prendre connaissance des titres, histoire de savoir dans quoi on s’engouffre… Et là, c’est un beau florilège !

L’album commence dans l’absurdité avec « La liberté de rouler », véritable hymne nostalgique aux chauffards de tous poils ! Ensuite ? ça continue avec « Les animaux c’est des cons », en forme d’une ode pour vous décourager d’adopter un animal !

Avec les cinq premiers titres, on baigne dans la mauvaise foi et l’humour noir, entre « Les molécules d’Hitler » et « Comme par hasard » (qui devrait plaire aux complotistes et autres négationnistes). La misogynie quant à elle n’est pas oubliée avec « Si t’étais une femme tu comprendrais » ! Le tout naturellement accompagné de riffs de guitare qui donnent envie de se trémousser et de pogoter joyeusement.

On atteint le sommet de l’absurdité avec « Acarien », ou encore « Première chanson en anglais »… qui ne contient aucun mot en anglais.

Après cette première partie l’album nous offre des interludes dans lesquelles les rois de la Suède se retrouvent propulsés au sein de la Punk Rock Academy. Cette petite partie est vraiment amusante, entrecoupée de morceaux encore bien barrés comme l’excellent « Mort aux solos de saxo » !

L’album finit en apothéose avec « La chanson du pardon », où les trois monarques suédois présentent leurs excuses à tous ceux qu’ils ont offensés, mais pas trop non plus parce que c’est quand même des rois, faut pas déconner non plus !

Vous aurez compris qu’avec Les Rois de la Suède, énergie rock et humour grinçant vont de pair ! Les nostalgiques des anciens albums des Fatals Picards devraient se régaler (les rois comptent d’ailleurs dans leurs rangs l’ancien chanteur du groupe !) Alors foncez écouter cet album si ce n’est déjà fait !

« Punk Rock Academy » / Les Rois de la Suède / L’Autre Distribution / 2018 / 10€

Alexandre Vergne

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