Juke Box N°38 : spécial Mini Festoch’ du café de l’Espace !

Vous les avez aimés sur scène ? Et bien, pour faire durer le plaisir, voici les derniers albums des artistes que nous avons eu le plaisir d’applaudir dans l’espace ! Il faudra attendre encore un peu ceux de Baptiste Ventadour et des Fats Bastards dont la sortie ne devrait plus tarder… On suit ça de près !

Ce deuxième album du « Johnny Cash  du 93 » comme il se définit lui-même, balance, tout comme le précédent (Narvalo City Rockerz), et avec autant de bonheur, entre un bon rockabilly aux effluves de mob et de cambouis, et un son « western » qui fleure bon les grands espaces américains, porté par la voix de crooner, grave et claire, d’un Johnny en grande forme, accompagné de talentueux musiciens qui portent haut la flamme de ce narvalo de génie ! Il y a du punk et du rebelle dans cet homme là, de la gouaille, mais aussi un beau brin de poésie qui affleure au son de sa voix et de ses mots, lorsqu’il évoque les blessures et les petites joies qui parsèment l‘existence… De la tendresse aussi, qu’il nous dévoile en tranches de vie tout au long des treize titres de cet album particulièrement abouti ! Tendresse pour les siens, les amis, les voisins, ceux avec qui  les nuits sont blanches autour de « la chaleur d’un poêle à chansons », un verre à la main et de la folie douce plein les yeux… De la tendresse pour sa « Carlo », sa caravane et son mode de vie avec qui il a découvert le « bonheur de n’avoir plus rien », pour Blacky, l’ami « artiste de l’anisette, amoureux des belles gambettes, qui se parfume au joint de culasse », pour Montreuil, sa ville, un Montreuil authentique et fraternel avec ses petits bars peuplés d’anges et de démons, « assoiffés d’azur, dont la vie a brûlé les ailes »… Johnny nous montre l’autre côté du miroir où rien n’est blanc, ni noir, mais couleur amitié et couleurs de la vie que l’on se choisit sans la subir, quitte à connaître la dèche ou la zonzon… La famille élargie de Johnny, c’est vous, c’est nous, tous ceux dont le cœur est assez grand pour accepter l’autre avec ses différences, celles qui  nous enrichissent et nous grandissent… La musique de Johnny et de ses Narvalos est un hymne à la liberté et à la vie, joyeux et festif, tendre et mélancolique, qui soigne les bleus à l’âme et redonne confiance en l’humanité… Cet album où apparaissent en filigrane Brassens, Prévert  ou Gainsbourg, est dédié à Rachid Taha… Et c’est un vrai bijou ! Allez, les Narvalos, « te aves baxtalo » (que la chance soit avec vous) et que votre route soit belle et longue… Nous guettons déjà votre passage sur les bas-côtés !

Narvalos forever / Johnny Montreuil / Les facéties de Lulusam / 2019 / 12€

Avec ce premier album, Nans Vincent a déjà tout d’un grand… Et un talent fou pour poser ses mots là où ça fait mal autant que là ou ça fait du bien ! Accompagnés d’un électro classieux et minimaliste et d’une guitare, les mots de Nans portés par sa voix claire et douce, font mouche dès la première écoute : le jeune homme a des lettres et les plus belles qui soient car elles viennent tout droit de ses tripes, de ses errances et de ses colères, brutes, enrobées de poésie et d’humour, teintées de la politesse du désespoir… A travers les douze titres de cet album qui annonce une carrière des plus prometteuse, Nans chante l’amour qui ne tient pas toujours ses promesses, la cruelle absence (« ce serpent qui laisse son venin »),  le courage et l’amour d’une mère, d’une famille, à qui il doit d’être bien ancré sur terre, la douleur face à l’injustice des hommes et du ciel, la peur de la mort qui nous cheville tous à l’âme, nous laissant en peine et perdus, éperdus… Mais aussi le nombrilisme et le repli sur soi dans un monde où tout s’achète et se vend, où l’on « engrosse les gros dans un système salaire dérisoire » où consommer, c’est exulter, c’est exister… Un monde où il serait temps que l’on se bouge, où on ne vivra pas de « l’air du temps si celui-ci manque d’air »…  Nans décoche ses mots comme des flèches bien aiguisées, en tireur d’élite qui ne rate jamais sa cible. Élégant, dansant, émouvant, empreint d’un humour fin et délicat, son album s’écoute et se lit, yeux et oreilles grands ouverts sur le monde et sur nos émois. Quant à La pochette, réalisée par l’artiste Karl Lakolak (qui apparaît également dans le clip), c’est tout simplement une splendeur ! Un second album est en préparation et Nans est en tournée tout l’été, alors ne le loupez pas s’il passe près de chez vous ou de votre lieu de vacances, car si l’album est un pur nectar, voir Nans sur scène, c’est du vrai spectacle… Lumineux !!!

Ça va mieux merci / Nans Vincent / Nans Vincent Guéna / 2018 / 15€

Quinze ans d’existence et sept albums au compteur : les Dirty Fonzy ne sont pas nés de la dernière pluie et le temps ne les a certes pas assagis… Leur esprit punk flotte toujours sur la marmite, plus que jamais ! Festive et déjantée, leur musique sent la sueur, la testostérone et la binouze et prône la légitime défonce à coups de riffs et de larsens sous une batterie énergique qui doit faire pâlir de jalousie le lapin Duracell ! Les ombres des Ramones et des Clash, avec une pincée de Pogues et d’ACDC, planent  sur cet album composé de 12 titres courts et efficaces qui dégagent une énergie pure, décibels à fond !!! A quoi bon faire des blablas ? Les Dirty Fonzy, ça décoiffe, ça vous colle au mur et ça vous fait du bien à grands coups de pogos libérateurs ! Que demander de plus comme dirait l’acteur à capsules ? Nothing else ! Ça pulse grave de grave et ça s’écoute à fond, à fond, à fond, en nous mettant une banane d’enfer !

Hangover & broken dreams / Dirty Fonzy / 2016 / 8€ (6€ en numérique, ici !)

Un rock cuivré, énergique et énervé qui s’habille à l’occasion de ska au fil de ses inspirations, des textes engagés et enragés. Voilà Charly on the rock, bien frappé, qui ne mâche pas ses mots et bannit à tout jamais la langue de bois ! « La sale équipe » nous embarque au fil des onze titres de cet album dans un véritable combat de samouraïs, sabre au poing pour fustiger une société où la liberté d’expression est de plus en plus bafouée, où « ceux qui marchent sur nos têtes sont élevés en vase-clos, dirigeant les prolétaires dans des costards à 1000 euros », où on se gave de « gadgets obsolètes dont on recrache les oripeaux au visage de la planète », surconsommateurs à crédit, génération perdue…. No future ? Raison de plus pour vivre à fond, libres en étant nous-mêmes… Carpe diem,  on n’a qu’une seule vie ! Alors, éteignez vos télés, allumez vos cerveaux, créez, persistez dans vos rêves, combattez l’insipide et le néant ambiant… Et branchez-vous sur la fréquence de Dirty Charly, c’est du tout bon!!!

L’or et le sabre / Dirty Charly / 2016 / 15€ le CD (10€ en numérique ici !)

Tel un bienveillant berger des âmes, Olivier en appelle avec ferveur à notre humanité, tout au long des dix titres de sa « Shruti box »… Pas de sermon, non, mais une ambiance de fête porté par un son électro hypnotique et psychédélique, qui sait se faire dansant et festif pour nous embarquer dans un voyage métissé au long cours, du Rajasthan aux Balkans. Sur le bateau de Sukh Mahal, l’équipage est aussi talentueux qu’efficace avec Marc Mouchès au saxophone et Sébastien Lauquere à la basse, qui instaurent le climat envoûtant inspiré par leur commandant de bord. Une partition qui fait également la part belle aux instruments traditionnels de la musique Rajasthanie (bapang et kartal (percussions) et Tanpura (sorte de luth asiatique) qui apportent leur supplément d’âme à cette musique mystique, céleste et inspirée. Avec Olivero & Sukh Mahal, le dépaysement est garanti et le nirvana à portée d’oreilles ! Good trip !!!

Shruti Box / Olivero & Sukh Mahal / Kiéki / 2017 / 13€

Pour patienter un peu en attendant leurs albums…

Baptiste Ventadour sera en concert à Ussel le 26 Juillet prochain, lors du festival organisé par Havana Sol

Quant aux Fat Bastards, ils sont en tournée ! Vous trouverez toutes leurs dates ici !

Christine Le Garrec

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