J’ai reçu sous pli discret, un bel objet à la jaquette psychédélique…
Le truc est turc et s’appelle Johnny MAKAM…
N’allez pas vous imaginer un balèze à moustache avec un groupe de rock exotique…
Ici c’est la gracile Ebru Aydin à la voix aérienne et malicieuse qui donne le ton.
Avec ses comparses elle nous refile sous le manteau, une boîte de loukoums sonores, qui n’ont rien à envier aux Sultans Delights du bazar égyptien d’İstanbul…
Au fait, Johnny MAKAM, c’est Jeannot Solfège en français…
Ça claque moins hein ?

Comme un long trajet en bus dans la longue plaine d’Anatolie.
L’esprit encore embrumé par le narguilé bien chargé de la veille.
Un périple où la musique populaire côtoie l’appel à la prière.
Après une serviette chaude et une giclée d’eau de Cologne à la citronnelle, nous voilà frais pour le Paradis !
Karadeniz Dreamin’
Ces rêves de la Mer Noire font autant vagabonder l’imaginaire que Les Secrets de la Mer Rouge.
La musique en exhale toutes les senteurs de l’aventure et de la sensualité.
Et l’on peut facilement se laisser emporter dans un belly dance savamment ondulé…
Johnny MAKAM c’est l’être hybride de cinq talents fous, relookeur de génie d’un patrimoine ancestral.
Tout un folklore et une tradition passée à la moulinette d’un rock-prog inventif où l’on passe en un clin d’œil de la danse de village à la discothèque scintillante !
Rythmes insensés sur doses de raki…
Qui pourra empêcher mes pieds de bouger ?
Karadeniz Dreamin’ / Johnny MAKAM / Vlad Productions / Inouïe Distribution/ Sortie le 29 Mai 2026

C’est pour l’ouverture du festival Chahuts consacré à l’art de la parole, que nous rejoignons le Parc Pinçon difficilement contenu par les immeubles de la Benauge.
Pique-nique géant avant le show, ambiance kermesse des écoles…
Des tables, des nappes, des sourires, des rires…
Des gosses partout, de la bouffe à foison…

Un coup de rouge offert par un solitaire sympathique, le temps d’un sandwich effiloché de poulet mariné et de quelques considérations musicales, Johnny MAKAM est dans la place !

Un petit lutin au milieu de quatre colosses (je brode !).
A ma grande surprise, point d’instruments traditionnels, si ce n’est le kanun caressé par la chanteuse.
Une guitare double manche qui tire des sons de saz électrique, et n’est pas sans rappeler ceux des roumains du Balkan Taksim croisés récemment au Welcome in Tziganie.
Au rayon des curiosités aussi, une sorte de clarinette électronique capable de reproduire tous les instruments à vent de la Terre et plus encore !
Un clavier, si jamais nous manquions de bidouillages électroniques, mais celui-ci est le meilleur danseur de belly dance grec sur Toulouse ! Si mes souvenirs sont exacts…
Enfin un batteur pour emballer la chose, faudrait quand même pas que ce soit mou !
Mou ? Aucune chance avec la fougue de ces cinq là dont la musique parle si bien aux gens de ce quartier cosmopolite.
Une heure trente dans une bulle spatio-temporelle entre fête du village et fête de l’Huma, pour une humanité confiante et souriante.
Une bulle où l’on danse sur des rythmes qui semblent universels
Et je chante en turc, moi qui après nombre de voyages dans les contrées ottomanes ne sais tout juste dire que bonjour et merci…
Plein de souplesse, Johnny MAKAM réussit le grand écart qui relie les deux rives du Bosphore entre tradition et modernité.
Une musique inspirée, dont les racines puissantes permettent tous les élans vers le ciel.
Mystère et magnificence… Tout est parfait…
Teşekkür ederim !

LE RASCAL