Culture Geek ! N°7

C’est tout frais, ça sort aujourd’hui chez Ankama Éditions, deux petites pépites ré-imaginant deux mythes de la littérature anglaise! Que ça soit Peter Pan ou Sherlock Holmes, ces deux nouveautés ne manquent pas d’originalité, d’ingéniosité et possèdent chacune un style graphique unique!

The Wendy project

Ça, c’est une vraie pépite ! Grand fan de Peter Pan depuis mon enfance, je vous avoue avoir flashé instantanément sur The Wendy Project en voyant son annonce. Déjà parce que c’est une BD Ankama (qui ne m’a jamais déçu à ce jour), mais surtout parce que ce n’est pas une simple adaptation de Peter Pan mais une réécriture vraiment originale ! Avec un style graphique très accrocheur, cette BD est très très agréable à avoir en mains. Venant de la jolie collection Étincelle de Ankama, The Wendy Project bénéficie d’une édition épurée et élégante qui la met extrêmement en valeur et donne très envie de plonger dans son univers poétique.

Mais de quoi ça parle?

Wendy, jeune adolescente vient de perdre son petit frère Michael dans un accident de voiture. Complètement chamboulée par cet événement tragique, elle se renferme sur elle même et, ne voulant accepter la réalité et étant persuadé d’avoir vu son frère s’envoler vers les étoiles. La psychologue qui la suit désormais va alors lui demander de dessiner dans un carnet ce qu’elle ressent. C’est alors que Wendy va s’enfermer dans l’imaginaire au point que le rêve et la réalité vont se mélanger à ses yeux.

Un angle vraiment très intéressant pour réécrire le mythe de Peter Pan, avec la thématique du deuil qui n’est pas non plus étrangère à l’univers du garçon qui ne grandit pas, puisque l’histoire originale est construite sur le thème de la peur de la mort. Dans certaines adaptations (et l’originale si ma mémoire est bonne), il est suggéré que les personnes qui peuplent le Pays Imaginaire sont en réalité décédées.

L’autre point intéressant avec The Wendy Project, c’est de centrer l’action sur Wendy et de suivre l’histoire de son point de vue. La BD est d’ailleurs agrémentée de phrases tirées du livre de J.M. Barrie, qui décrivaient Peter mais qui ici, ont été raturées pour parler de Wendy.

La où la BD fait très fort c’est pour nous immerger dans son histoire. On se croirait dans le journal de Wendy, dans ce carnet où elle dessine pour s’évader. Certaines cases nous montrent même la jeune fille en train de dessiner les cases précédentes du récit. Des petites annotations du personnage se baladent en bord de case et même dans les dessins. On se retrouve alors dans le même état que l’adolescente, à confondre la réalité et la fiction dans le récit.

Cette immersion est appuyée par l’incroyable qualité graphique du dessin de Veronica Fish ! On a l’impression d’être dans un carnet de brouillon, avec des cases tracées à la va vite, voire juste délimitées par le dessin lui même. Le dessin, crayonné en noir et blanc plus ou moins détaillé selon les scènes, est sublimé par des éléments de couleur à l’aspect aquarelle. La réalité semble alors en noir et blanc tandis que l’imaginaire se fond en couleurs dans cette morosité, débordant et tachant le reste du dessin.

On retrouve également tous les codes, éléments et personnages marquants du mythe de Peter Pan. L’incarnation du Capitaine Crochet par un policier avec une attelle à la main gauche, les garçons perdus qui accompagnent l’incarnation de Peter en la personne du jeune Eben, mais aussi la Fée Clochette incarnée par une jeune fille de caractère et très belle. On retrouve également la scène du « j’ai tué le Wendy à plumes ! » ou encore celle du « baiser ».

La BD est également remarquable pour ses jeux d’ombres. Comme vous le savez sûrement, dans le récit original, Peter perd son ombre et doit absolument la retrouver. Ici les jeux d’ombres sont également présents mais mis en scène d’une autre manière. Il s’agit de l’ombre de Michael qui est encore présente avec sa famille, avec Wendy, en petite ombre bleutée qui se balade sur ces crayonnés de noir et blanc. Mais également l’ombre de Wendy et celle de Peter qui interagissent entre elles indépendamment de leurs « propriétaires » sur une scène.

Avec The Wendy Project, Melissa Jane Osborne nous fait voyager dans l’imaginaire, dans un univers empreint de poésie, mis en relief par un dessin hypnotisant, débordant de couleur sur de jolis crayonnés noir et blanc. Une histoire prenante et une belle, très belle réécriture de Peter Pan, à lire sans modération.

Disponible en librairie et sur l’Ankama Shop pour 14,90€

Dans la tête de Sherlock Holmes

Si Melissa Jane Osborne et Veronica Fish ont réécrit le mythe de Peter Pan, Cyril Lieron et Benoit Dahan se sont quant à eux attelés au cultissime Sherlock Holmes. Une histoire inédite sublimée par des dessins fourmillant de détails et surtout une mise en page originale et fort ingénieuse.

Dans cette nouvelle enquête, Sherlock Holmes, accompagné de son fidèle Watson, tente de percer le mystère qui entoure une suite de disparitions fortement liées à un étrange spectacle de magie.

Dès les premières pages on ne peut être qu’être émerveillé devant le style graphique qui semble tout droit sorti de vieilles illustrations de journaux. Une impression renforcée par la couleur des pages qui imite la texture du vieux papier. Le dessin possède également  un aspect très cartoonesque, ce qui crée un style atypique.


Là où réside la vraie richesse de cette BD, c’est dans son découpage des cases, sa mise en page. On est littéralement plongé dans l’esprit de Sherlock Holmes. Ça fourmille, ça part dans tous les sens, on voit le célèbre détective s’agiter, piocher par ci par là des objets, mettre en place des tableaux, reconstituer des scènes de l’enquête dans cet immense grenier qu’est son esprit.

La mise en scène est extrêmement prenante et très ludique, certains passages nécessitent même de retourner la BD, de courber légèrement les pages pour voir les pièces du puzzle s’assembler. Les personnages sont totalement libres, surtout celui de Sherlock, et n’obéissent pas aux codes classiques de la BD, se baladant hors des cases à leur guise, suivant le fil rouge de l’enquête. Fil rouge qui est d’ailleurs représenté et qui du début de l’affaire jusqu’à la fin, parcourt les pages, se faufile entre les cases, des indices venant même se greffer à lui, sous la forme de petites cases, dès que Sherlock Holmes les trouve.

En plus de toute cette ingéniosité au niveau de la mise en scène, le scénario n’est pas en reste et s’avère bien ficelé et très prenant au point que lorsqu’arrive la fin on ressent cette agréable frustration de devoir patienter pour connaître la suite. Car oui pour connaître le fin mot de cette affaire inédite il faudra attendre le Tome 2.

Dans tous les cas, amateurs de BD et fans de Sherlock Holmes, je ne peux que vous recommander chaudement cette petite perle !

Disponible en librairie et sur l’Ankama Shop pour 14,90€

Alex

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