Juke Box N°62

Un juke box où les « super nanas » et le reggae se taillent la part du lion ! Du reggae « roots » métissé de sonorités exotiques avec Marcus Gad et BI.BA qui nous viennent respectivement de Nouvelle Calédonie et de Madagascar, puis mâtiné de soul jazzy avec les Wailing Trees qui se jouent des styles avec une rare élégance et une sacrée belle énergie ! Un petit tour ensuite à Haïti avec Moonlight Benjamin qui rend hommage à son peuple d’une voix extraordinairement puissante sous un rock tribal teinté de world… Pour continuer, du jazz fantasque de haute volée avec Marie Mifsud dont la voix recèle un grain de folie qui n’a d’égal que son génie vocal, et l’album coup de poing de La Pieta qui pour moi fut un véritable électrochoc ! Pour terminer, une initiative solidaire et originale du « Maisons Laffitte Jazz Festival » qui, interdit cette année comme tous les autres festivals (hormis Le Puy du Fou… No comment…), propose une édition digitale que vous pourrez donc savourer de votre fauteuil. Certes, rien ne remplace le plaisir d’applaudir les artistes sur scène… Mais c’est une louable alternative pour les soutenir, envers et contre tout, en ces temps difficiles ! Allez, bonne écoute à toutes et à tous… Et à très bientôt pour de nouvelles découvertes !

C’est aux sources du reggae que Marcus Gad s’est abreuvé pour nous offrir cet album « roots » empreint, comme son nom l’indique avec justesse, d’une belle sérénité teintée d’une touche de « soul rebel ». Un voyage d’une douceur extrême en treize étapes, nappé de chœurs à la « Wailers », où l’on se laisse suavement guider par la voix aux accents mystiques de ce tout jeune rasta qui nous vient de Nouvelle-Calédonie… Treize titres au cours desquels Marcus se fait le porte-parole de Gaïa dont il est un farouche défenseur, mais aussi de son peuple et de la culture dont il est issu, sous les rythmes d’un reggae nonchalant et lumineux où l’on se plonge avec délectation. « Protège ton histoire, préserve ta mémoire, protège ton pouvoir, conserve ton savoir ». Pas de cris, mais des prières invitant à la paix et à la préservation de l’identité de sa Kanaky natale dont l’histoire est marquée par des luttes sanglantes contre l’exploitation et l’esclavage. Un album humaniste et inspirant qui dégage de bonnes ondes positives tout en étant profondément engagé, sans haine ni violence. A noter la participation sur un titre (« Ini royal ») de Blakkamoore qui vient tout juste de sortir un album, dont je vous entretiendrais dans un prochain Juke Box ! Dernière chose… La pochette « ethnique » de l’album, signée Selam Semrete Selassie, qui dévoile les symboles calédoniens dans une explosion de couleurs, est une véritable oeuvre d’art !

Rythm of serenity / Marcus Gad / Baco Records / 13 Mars 2020 / 13€

Connaissez-vous le « Bingy Band » qui a sillonné les scènes du monde entier en compagnie d’artistes prestigieux tels que Clinton Fearon, Julian Marley, Alpha Blondy ou Jimmy Cliff (pour ne citer que ces géants du reggae…) ? Non ? Alors, réjouissez-vous car Bi.BA vient tout juste de sortir un album de bon reggae qui nous embarque dans un fabuleux voyage joyeux et dansant de la Jamaïque à Madagascar, où le groupe s’est formé il y a désormais vingt ans ! Un ludique et entraînant pèlerinage métissé aux couleurs de l’océan Indien qui, en 10 titres (et quatre reprises en version dub) d’un reggae roots éclectique habillé de sonorités malgaches, va vous faire onduler des hanches ! D’une voix suave et chaleureuse, Kazy nous entretient des affres et des bonheurs du sentiment amoureux avec les délicieusement vintage « Que dois-je faire » et « Sweet honey« , rend ensuite hommage aux pères en compagnie de Roberto Sanchez (« Father« ) et à un village rasta de Jamaïque dans un chouette duo avec Balik (« Pyromaniac« ), dénonce les ravages de la colonisation avec « Azafady« , nous incite à prendre de la hauteur « On the mountain top » et à garder l’espoir en toutes circonstances avec « You’ve got to believe » accompagné de Winston McAnuff... Quant au très chantant « Shalala, shalala » (qui s’imprime illico dans votre cerveau !), je vous paie mon billet que vous ne pourrez vous empêcher de le fredonner en tapant du pied ! Un album chaleureux, coloré et généreux qui fait preuve d’une belle originalité ! Are you experienced ? Yes, BI.BA… A fond !

Experience / BI.BA / Batelier records / 15 Mai 2020 / liens de téléchargement ici !

Après les avoir rencontrés et les avoir vus à l’oeuvre sur la scène du festival Havana Sol il y a trois ans (report et photos ici !), je peux vous affirmer haut et fort que voir ces lascars à l’oeuvre est une expérience hors du commun ! Comme leur deuxième opus m’avait déjà enchantée et convaincue (« Change we need« , chroniqué ici par Bruno), je me suis bien sûr précipitée sur ce dernier opus avec une curiosité mêlée de ferveur. Verdict ? « Insert sun » , c’est du soleil à profusion, de la joie de vivre et un son à décoiffer les plus récalcitrants à la musique sous toutes ses formes ! Car les Wailing Trees jonglent avec les styles avec une rare dextérité et dans une totale harmonie, nous balançant du très bon reggae aux accents jazzy et de splendides ballades soul pimentées de Hip Hop dans un patchwork finement cousu, habillé de chœurs voluptueux et de cuivres étincelants et porté par la voix chaleureuse d’un chanteur dont la tessiture est aussi parfaite pour la soul que pour le reggae ! Onze titres donc dans cette galette (dont trois en français) où les Wailing Trees nous parlent d’amour, celui de la vie mais aussi celui ressenti pour leur public dans le magnifique « La couleur de nos sentiments« , véritable déclaration d’amour où ils dévoilent leur bonheur de jouer et de partager leur musique sur scène… Des textes où ils nous engagent à retirer nos couches de vernis pour redevenir « vrais » en laissant « Nos jours égarés » loin derrière nous, pour revenir à l’essentiel… Des textes plus engagés aussi comme « Né ici » où ils remettent en place les chevaliers de l’identité nationale, en revendiquant à juste titre le droit du sol à ceux qui viennent de là-bas mais sont nés ici… Les Wailing Trees ne sont également pas dénués d’humour… Pour preuve, ils ont invité le caustique Didier Super sur le dernier titre (« Kataia ») où celui-ci fait une désopilante « critique » de leur « musique de fainéants qui sent le dreadlocks et le « végétarien », qui donne envie de s’acheter un hamac et de se transformer en rasta ». Il a bien raison, Didier sur certains points du moins… « Insert sun » vous donne des envies de paresser au soleil… Mais aussi de chanter et de danser sur cette bande son idéale pour les prochaines soirées estivales ! Alors, laissez-vous contaminer par l’énergie positive et communicative des Wailing Trees, touchés par la grâce et par un bienvenu virus de bonne humeur qui fait fi de la distanciation sociale… ça fait un bien fou dans la sinistrose ambiante ! Et vivement les concerts, hein, parce que là, ça commence à bien faire…

Insert sun / Wailing Trees / Label 440 / 6 Mars 2020 / 15€

Un regard déterminé qui annonce la couleur… La mièvrerie n’est pas de mise dans cet album où la voix puissante de Moonlight Benjamin vous met les poils sous un enragé « rock blues world » tribal ! Vous allez être littéralement scotché par l’originalité de l’univers musical de cette charismatique prêtresse vaudou qui soigne avec une belle ferveur les plaies de son peuple : Haïti ne pouvait rêver meilleure ambassadrice pour porter haut et fort ses souffrances et ses espoirs… En dix titres ensorcelants aux mélodies incantatoires (chantés en créole) et sous un feu de guitares rageuses et de batteries d’une efficacité redoutable, Moonlight Benjamin vous met littéralement en transes ! Explosif, rageur, hypnotique, troublant, mais également dansant, « Simido » nous offre un trip hallucinant, étourdissant de force et de beauté. A découvrir absolument ! Pour ma part, un gros, gros coup de coeur !

Simido / Moonlight Benjamin / Ma Case / 31 Janvier 2020 / liens de téléchargement ici !

Un jazz sauvage et libre dompté avec dextérité par des musiciens hors pair et porté par l’incroyable voix de Marie Mifsud qui nous embarque avec sensualité dans des registres tour à tour lyriques, scat, pop ou jazz avec une aisance qui frise le génie ! Vous l’aurez compris… Cet album, que dis-je cet OCNI (objet chantant non identifié), aussi élégant que déjanté a durablement séduit mes oreilles et mon goût pour les univers inclassables où les codes n’existent que pour être bousculés ! Et pour le coup, « Récif » est un vivant exemple d’inventivité et de virtuosité qui vous laisse totalement ébahi… ça fuse de tous les côtés, dans tous les sens, ça explose, ça pétille, c’est tout en ruptures, en jeux de mots et de notes qui se mêlent et s’entremêlent, dans un équilibre parfait entre harmonie et folie douce ! Marie nous berce, elle nous bouscule et réveille en nous un large spectre d’émotions en évoquant les fêlures et les blessures enfouies, les regrets et les doutes, les espoirs et les désillusions qui font leurs nids dans les jeux de l’amour qui ressemblent bien souvent à ceux du chat et de la souris… Poétique, parfois drôle, toujours imaginatif, cet album est une mine d’or à explorer encore et encore… Et si Marie « redoute le doute qui met en déroute »… Je n’en n’ai pour ma part aucun à son sujet. Ma conviction est faite : c’est un vrai plaisir de s’échouer sur son récif ! Mon seul doute ? Aucun obstacle ou piège vocal ne pourra laisser cette magicienne aux ressources inépuisables sans voix ! Époustouflant !

Récif / Marie Mifsud / Ebullissons / 27 Mars 2020 / 16,50€

Enragée et sensible à fleur de peau, La Pietà crie, tape, dénonce, revendique et jamais ne caresse dans le sens du poil au fil des 13 pistes de cet album coup de poing et coup de coeur où elle déverse, sans filtre ni fausse pudeur, son trop plein d’émotions retenues, ses colères, ses doutes, ses espoirs et ses désirs. Désirs d’avancer, de refuser de tourner en rond dans un monde devenu virtuel, un monde trop étroit, trop étriqué où il faut se battre pour à peiner exister. Avancer en terrain miné, dynamiter les idées reçues, les faux-semblants. Avancer à visage découvert, écorchée vive mais tête haute. La Pietà slame, rappe, se livre et nous délivre en mots acérés et lucides qu’elle libère en un flot de larmes amères et de rage qui ne se contient plus. Précise, elle cogne et touche là où ça fait mal, nous parlant droit au coeur et nous renvoyant en miroir nos bleus de l’âme. Coups de gueule et coup de blues s’enchaînent, presque en apnée, sur une bande son electro punk percutante qui épouse les maux et les mots de La Pietà. Les nôtres, ceux que l’on cherche et qu’on ne trouve plus. La Pietà nous donne la parole perdue, elle est le Jiminy Cricket de nos consciences, la voix off de nos émotions, de nos faiblesses et de nos forces. On sort KO et curieusement consolé à l’écoute de cet album vertigineux où La Pietà dévoile l’extrême richesse de son univers musical mais aussi de son écriture, foisonnante et fascinante. Si la rage est un moteur, nul doute qu’elle ne manque pas de carburant pour aller loin, très loin…

La Moyenne / La Pietà / Della Pieta / 19 Juin 2020 / 15€

Maisons-Laffitte Jazz Festival : digital édition du 12 au 21 Juin 2020 !

Crée en 2005, Maisons-Laffitte Jazz Festival est reconnu pour sa programmation à la fois riche, éclectique et audacieuse, pour son engagement à promouvoir la création musicale, et pour sa contribution à la promotion d’un nouveau jazz français créatif. Sa programmation innovante met en avant des artistes en développement aux cotés de têtes d’affiches nationales et internationales favorisant la rencontre entre les jeunes créateurs et leur public. Pour cette 16ème édition, Maisons-Laffitte Jazz Festival s’apprêtait à accueillir (entre autres !) la légende vivante du saxophone Benny Golson, la voix soul et envoutante de Kelly Lee Evans, le pianiste Rolando Luna, éminente personnalité du jazz cubain, le trio aérien du pianiste américain Marc Copland, mais aussi le trompettiste israélien Itamar Borochov, nouvelle sensation issue de la scène New-yorkaise.

Comme tous les autres festivals, il ne pourra malheureusement avoir lieu dans sa forme initialement prévue, en raison de la crise sanitaire qui affecte particulièrement les secteurs culturel et évènementiel. Les artistes et les techniciens ainsi que l’ensemble des professionnels qui œuvrent à la réalisation de nos festivals se trouvent aujourd’hui dans une position de grande précarité. Les organisateurs de Maisons-Laffitte Jazz Festival sont convaincus que cette manifestation a un rôle à jouer dans le grand élan de solidarité nécessaire à la sortie de cette crise. Dans cet esprit, ils ont élaboré une transformation de la manifestation en un projet de festival digital, destiné a présenter les artistes et leur actualité et à véhiculer un message de solidarité cher à leurs équipes. L’édition digitale de l’évènement va donc consister à produire des contenus inédits et à réaliser la captation live des 7 concerts d’artistes français qui étaient programmés cette année.

La diffusion des contenus aura lieu entre le 12 et le 21 juin 2020, tous les jours à 18h sur Facebook Live, Youtube Live et sur le site web du festival pour dévoiler un nouvel inédit centré sur chaque artiste programmé (prise de parole de l’artiste, une partie de son concert live, images de making of, interviews centrées sur les organisateurs, les bénévoles, les techniciens et les partenaires…). Le 21 juin à 20h45, à l’occasion de la fête de la musique et en guise de point d’orgue de cette édition digitale, le concert de clôture réunissant les versions intégrales des sept performances live des artistes programmés, sera diffusée sur Youtube Live, Facebook Live et sur le site web du festival.

Si cette initiative est avant tout un acte solidaire, C’est également une proposition innovante, qui permet de relayer dans un cadre professionnel, l’actualité des artistes et d’assurer la continuité de leur travail en s’adaptant aux conditions liées à l’état d’urgence sanitaire. C’est enfin une action mesurée : grâce à la solidarité des partenaires financiers du festival, les budgets alloués à la manifestation sont réinvestis et pallient en grande partie aux aides d’urgence et au chômage partiel qui auraient pu être demandés sur les dates de la manifestation.

LA PROGRAMMATION DE CETTE #DIGITAL EDITION

BIRÉLI LAGRÈNE TRIO

« Parmi les guitaristes qui peuvent revendiquer l’héritage de Django Reinhardt, Biréli Lagrène s’impose : bien sûr, il a compris et pérennisé le timbre si particulier, les estafilades guitaristiques, le swing calorifère qui caractérisait la poésie de son illustre aîné. Mais chez Biréli, il y a une manière de dépasser la virtuosité pure afin d’atteindre un ordre supérieur de qualité : au point que son jeu peut nous faire douter qu’un Django eût vraiment existé avant lui. Biréli Lagrène a choisi de saluer son maître en nous faisant partager cette musique pleine d’une sève itinérante. Il sera, pour cet hommage, entouré de ses plus fidèles complices, musiciens d’une même communauté d’esprit : Adrien Moignard à la guitare et William Brunard à la contrebasse. Biréli, Django : deux prénoms, une même vision de la guitare pour fêter, en un tête-à-tête imaginaire, ce passé des cordes « à la française » qui n’a jamais eu autant d’avenir ». François Lacharme.

VINCENT PEIRANI TRIO JOKERS

Nourris par de nombreuses influences musicales, les Jokers, menés par Vincent Peirani, se définissent comme cosmopolites. Oscillant entre force et tendresse, ce trio nous emmène dans un univers alternatif à travers des résonances sourdes et légères. Leurs instruments – accordéon, guitare et batterie – développent des croisements qui confèrent à leur musique une touche magique. Une formation hybride dans laquelle chacun des protagonistes peut se substituer à l’autre, pour devenir tour à tour, soliste, rythmicien, coloriste, etc. Une musique libre et imprévisible en découle, à l’instar du joker de la carte à jouer qui les place à rôle égal, complémentaire ou parfois en opposition.

ANDRE CECCARELLI TRIO

André Ceccarelli est considéré comme l’un des meilleurs batteurs français de notre époque. Celui qui est souvent surnommé « Dédé » a joué et enregistré avec les plus grands, et ce, quel que soit le style. Mais on est tout de même en mesure de dire qu’il est principalement un batteur de jazz. Non content de jouer « live », il a aussi enregistré un grand nombre de disques sous son nom.

PAUL LAY « DEEP RIVERS » TRIO

Deep Rivers ne tient pas du hasard. En préparant les évènements liés au centenaire de l’arrivée du jazz en Europe, en 1918 et particulièrement le centième anniversaire du premier concert de jazz, le 12 février 1918 à Nantes, je cherchais des musicien.ne.s à qui confier certains projets spécifiques. J’avais dans l’idée de faire jouer les musiques populaires de la fin du XIXe et début XXe siècle. Paul Lay a immédiatement accepté les termes de ce défi et s’est mis à la recherche de compositions emblématiques qu’il pouvait proposer à la voix d’Isabel Sörling et au walking de Simon Tailleu.

THEO CECCALDI TRIO DJANGO

Récompensé en 2017 d’une Victoire du Jazz dans la catégorie « Révélation de l’Année », l’énergique Théo Ceccaldi mène ses projets personnels tout en répondant à de nombreuses sollicitations artistiques. Sur « Django », le Trio de Théo Ceccaldi embarque sa musique dans un univers aux ambiances contrastées. Un jazz qui oscille entre frénétiques envolées et délicates caresses. Violon, guitare et violoncelle tirent une révérence affectueuse à la musique de Django Reinhardt et la transportent dans leur univers ludique. Loin des conventions, entre déchaînement et tendresse, les cordes du trio tissent un voile onirique.

ANNE PACEO QUINTET

Collectionnant Prix et récompenses internationales, Anne Paceo s’est très vite imposée comme une figure incontournable de la scène Jazz française. « pourquoi s’enfermer dans des cases alors que le monde est si vaste ? « , semble nous dire ses compositions tissées d’un maelstrom d’inspirations par-delà les traditionnelles frontières entre les genres musicaux. Avec ce 6e album, elle pousse plus loin ses explorations sonores de globe-trotteuse. De par sa vivacité rythmique et son esthétisme poétique, «Bright Shadows» déploie une séduction qui tend à l’universel : à l’ADN jazz s’entremêlent pop, électro, soul et sonorités africaines. Avec ses fidèles compagnons de route, auxquels se joignent cette fois les voix de Ann Shirley et Florent Mateo, elle cisèle des œuvres rythmiques envoûtantes comme un mantra, tout en donnant pour la première fois de la voix ! La partition au charme pop, transcendée par le charisme vocal omniprésent, vibre d’une force incantatoire, tandis qu’Anne Paceo s’affirme plus que jamais comme artiste emblématique d’une génération : inventive, décomplexée, réfractaire aux carcans des frontières musicales.

DAVID LINX QUARTET

David Linx, chanteur belge formé au contact de grands musiciens américains, est un chanteur rare. Il a été de nombreuses fois récompensé en France : Prix Charles Cros, Prix de l’Académie du Jazz, Victoires du Jazz… Ce musicien exigeant a mené sa voix sur de nombreux sentiers, qui l’ont amené à travailler avec Steve Coleman, Meshell Ndegeocello, Aka Moon ou le Count Basie Orchestra. Fidèle à ses convictions, il s’emploie à mettre en lumière la beauté et l’amour qu’il s’efforce de percevoir en ce monde. Car David Linx n’est pas seulement un grand musicien, c’est aussi un « grand bonhomme ».

Christine Le Garrec

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