Juke Box N°70

En attendant la deuxième vague que l’on ne va pas tarder à prendre en pleine tronche, je vous propose de faire quelques provisions pour les oreilles… Alors prêt à se jeter à l’eau, pour Little Jimi, Samarabalouf et Thomas Cousin ?

Quand ta nièce te dit : Tonton à Bordeaux il y a un super groupe !

C’est un trio et ils font du barouf comme quinze ?

Oui !

Les Dätcha Mandala !

Non ! LITTLE JIMI !

On a beau être chroniqueur de rock, on en a pas moins des carences…

Alors si je ne veux pas passer pour un vieux con, je me dois de jeter une oreille à ce phénomène…

Au risque de perdre mon masque !

Et là je dis bravo Penny pour la prise !

Et merci pour le tuyau…

Alors ce Petit Jimi il est comment ?

Je dirais sévèrement burné de prime abord…

Un trio atypique sans bassiste, mais avec Benjamin et Guillaume, deux guitaristes morts de faim et Antoine un batteur survitaminé !

Ces garçons ont tendance à repousser les limites du paroxysme. Un peu à la manière du Grateful Dead en live, ça démarre à la cool et on finit en transe !

Vive la Transe !

LITTLE JIMI ressuscite le temps des guitar-héros.

Le temps des cheveux longs, des filles poilues en dessous des bras, du patchouli, pattes d’eph et pulls informes…

Tout ça et cette musique qui faisait vibrer le Monde.

Cette musique d’une urgence absolue que le Petit Jimi se réapproprie si bien.

« EP.1 » (le nom bizarroïde de l’album) est une messe païenne aux incantations chamaniques sur un mur de guitares saturées, hyper trafiquées, agrémentées de soli graciles.

Parfois, la fluidité des cordes transforme le mur en cascade.

Et le flot repart de plus belle tout du long de la plage. Et l’on se laisse emporter dans ce courant psychédélique, secoué par les remous hypnotiques et le battement des toms en grandes éclaboussures !

Un rock progressif sans synthés, où les tracks à rallonge permettent au groupe de développer une créativité débordante tout en maîtrisant son sujet.

C’est impressionnant, mais LITTLE JIMI ne nous veut pas de mal, il nous met juste en garde contre ce Monde inquiétant…

Et contrairement à cet Univers bancal qu’il dénonce, dans EP.1 tout est en place et c’est merveilleusement bien foutu !

EP.1 / Little Jimi / MRS RED SOUND / 16 Novembre 2018 / Lien Bandcamp ici !

20 ans que François PETIT balade son SAMARABALOUF.

Le bal ouf de Samara pour les ignares !

Et SAMARA n’est pas la favorite du sultan, mais l’antique nom de la Somme…

Le bal fou de la Somme, en somme…

Ça vous en bouche hein ?

Auto proclamé, « French World Music- Tendance Manouche », (pas la peine de chercher j’aurai pas mieux !) SAMARABALOUF passe tous les styles de musique à la moulinette du Swing et nous régale de leur virtuosité et de leur joie de vivre !

20 ans que François PETIT cherche la formule idéale, au fil des six albums studio et des diverses formations qu’il a créées.

Pour ce « No Future » avec sa guitare élégante, il a recruté Léo Ferdinand Cornélius MATHIEU son violon malicieux et sa mandoline câline ainsi que Phyllipa SCAMMELL à la contrebasse efficace et au violoncelle aussi beau qu’elle..

 Et c’est parti pour 13 titres. 10 instrumentaux, 3 chantés.

Parfait pour un cocktail distingué entre amis au bord de la piscine, par une soirée de fin d’été…

« No Future » démarre par « No Future » dans un style balkanique, alerte et déjanté.

Plein de promesses ce « No Future » !

« Espéranto » mélange plusieurs langages musicaux jusqu’à des réminiscences indiennes.

Un festival !

Une petite virée italienne avec « La Tarantella » swing à souhait…

Une chanson à la façon d’un Rita Mitsouko acoustique pour « Ma Vie » et le chant joueur de Phyllipa, suivi d’un tour dans l’Alfama de Lisboa pour une « Saudade » languide…

Nous retournons dans les Balkans et la virevoltante « Brocante à tues » aux joyeuses onomatopées.

« Petite Histoire Amoureuse en 6 actes » pour un drôle de menuet tout swinguant en dérive vers un cabaret tzigane. De là nous passons à « La Cuisine » qui régalerait un Sanseverino gourmand.

… « Vous l’aimez comment la cuisine ? »…

« Coup de Foudre » au goût hellénique d’Ouzo et de Sirtaki…

C’est encore loin les vacances ?

Et « Tango Pogo » ? Plus tango que pogo mais bien sautillant quand même…

Après l’Argentine, les joyeux lurons n’hésitent pas pour finir, à parodier Éric Morena avec un « Mambo Bateau » tout en drôlerie et joyeuseté.

Cet album est conçu comme la balade du jeune Nono Future, à travers notre époque et le Monde merdique que l’on s’apprête à lui laisser en héritage.

A lui et à la génération millénium, la charge de transformer ce beau cadeau empoisonné en un tonitruant : No !  No Future !

No future / Samarabalouf / Label ArtDisto / 18 Septembre 2020 / 12€

25 ans que Thomas COUSIN bosse pour les autres en tant qu’auteur, compositeur ou guitariste…

25 ans qu’il peaufine son savoir-faire au service du collectif.

Depuis 8 ans, il collecte au plus profond de ses tripes, des textes et des musiques qu’il ne peut qu’interpréter lui-même.

Et comme il sait tout faire à la manière d’un PRINCE frenchy, il fait tout !

De la prod, à la zique, aux textes et aux instrus à quelques exceptions près…

Ça donne l’album « DEBBIE et MOI » et c’est une réussite.

Un album caméléon qui fait un pont intergénérationnel de la chanson française.

A ma droite la Rive Gauche aux parfums des Reggiani, Ferré, Brel et les textes intimistes sur le temps qui passe, ami ou ennemi. L’enfance, la vieillesse, les corps qui changent…

La nostalgie et l’introspection…

« Toi tu Crois » , « La Passerelle », « La Plantade » ou « Que Se Fanent Les Roses ».

Le long spleen de l’absence et la terrible comptine de « La Chaise Vide »…

A ma gauche le rock français avec des sommets du genre, car Thomas est un sacré guitariste et le garçon n’hésite pas à superposer les prises de grattes pour notre plus grand bonheur…

« Dans Ma Tête » où il se passe plein de choses, sur un riff à la Franz Ferdinand (bravo pour le rock français ! (Note à moi-même…) et un refrain qui n’est pas sans évoquer Matmatah…

« Pas Comme Tout le Monde » et tout le talent du faiseur qui rejaillit. Un beat minimaliste très Prince 80’s et l’envolée finale en apothéose.

« … C’est le cœur avant la raison… »

« Jour de Braise » et son cri rageur et lucide sur une société pourrie et à bout de souffle.

« Parle-Moi de Nous » une histoire de cœur fiévreuse.

Et « Perdre le Sommeil » pour un voyage amoureux, une échappée solaire…

Au centre à la croisée des chemins, les tracks inclassables.

Si on allait « Voir la Mer » qui ouvre l’ouvrage de la plus belle des manières.

« Chanson de Pluie » aux métaphores marines et au refrain chuchoté.

Et le très beau rap acoustique « J’Crame Tout » avec en featuring Aron Cohen et de jolies guitares qui donnent un Spanish mood très cool…

« …Pour mettre les pendules à l’heure… »

Voilà, pour un coup d’essai, ça ressemble à un coup de maître.

13 chansons de grande facture, des textes qui foisonnent et une musique qui fusionne.

Thomas COUSIN n’a peur ni des boîtes à rythmes, ni des synthés, ni des guitares sauvages…

Mais il se frotte aussi avec bonheur à l’héritage des monstres sacrés.

En tenant cet album entre les mains, vous touchez peut-être un futur classique…

Vous sentez l’émotion ?

Debbie et moi / Thomas Cousin / Champ Libre / 15 Septembre 2020

Et un petit bonus en forme de gourmandise rien que pour vous les filles.

Il est beau, il chante comme un dieu, mais le summum c’est son jeu de guitare. Il vous fait pleurer sa 6 cordes comme pas un !

Alexis EVANS a tout pour vous plaire…

Bercé par la discothèque très blues de son papa Peter.

Lequel malgré plus de 40 ans passé en Gironde ne se débarrasse pas d’un charmant accent à la Jane B.

Alexis nous offre « But I do » le dernier single extrait de son fabuleux album « I’ve Come A Long Way ».

Capturé live s’il vous plait…

Là où il excelle !

LE RASCAL (Photo d’appel: Catherine CHARVET)

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