Juke Box : Toujours Vivant !

Ouf !

J’ai réchappé à cinq canicules, à un méga incendie aux portes de la ville, aux assauts de tendresse de mon chat rescapé…

J’ai survécu à trois semaines en Grèce sur des îles vertigineuses, aux châteaux de Touraine qui me narguaient de leurs hauteurs.

J’ai même résisté au sourire sarcastique d’une fausse Joconde et à la rage de vaincre de James à la pelote basque…

Cet été qui n’en finit pas, a failli plus d’une fois avoir ma peau !

Mais vous me connaissez, on va pas s’affoler, deux-trois cd dans la musette, quelques shows bouillants et la vie reprend ses droits…

Avec Gyasi en concert quasi privé, le festival Green Paradize pour la partie live et les disques de Sidi Bémol, Youthie et Gigi de Nissa.

Tant qu’y a de la vie…

A peine descendu de l’avion, Gyasi, le Ziggy Stardust made in US me fait redécoller illico.

A 18 balles la séance, la Rock School de Barbey affiche complet, ce n’est hélas que pour la poignée de passionnés qui remplissent la salle du bar.

Les absents auront tort, car même si le grand échalas est un peu à l’étroit sur cette petite scène, le show n’en est que plus incandescent.

Plongée lunaire dans le glam-rock des seventies, une énergie farouche pleine de beauté qui en un claquement de doigts nous raconte une légende du rock.

Un Ange blond venu du ciel, la classe d’un Bowie, l’énergie de Marc Bolan, l’exubérance d’Alice Cooper…

Un Ange qui chante aussi bien qu’il joue de la guitare.

Une Diablesse brune qui touche sa gratte avec la même rage qu’elle chante.

Une basse impassible qui dépote et un batteur pas en reste…

Le combo est une redoutable machine à faire transpirer !

Et le public transpire d’énergie et de joie d’être là, de voir ce type faire son solo de gratte allongé à nos pieds et qui demain peut-être remplira des Stades !

Alors transpirons !

Le Festival Green Paradize au Parc de Mussonville à Bègles…

Le grand-père paternel habitait juste à côté, moi je suis né trois rues plus loin chez les grand-parents maternels, à deux pas de Musard…

Autrement dit Mussonville c’est ma cours de récré. Et en plus c’est Cécile la bèglaise qui invite !

It’s Paradize !

Nous arrivons le samedi juste pour le show de Bertrand Belin, dont je l’avoue, je ne connaissais que le nom…

Pourtant dans l’immense assistance, beaucoup sont là pour lui.

Cette voix, ce phrasé…

C’est Bashung dans le costard d’un David Byrne qui aurait soigné son épilepsie…

Hallucinant de ressemblance…

Passée l’idée que nous n’auront ni Gaby, ni Joséphine, on se laisse prendre par la poésie et le charme d’un dandy flamboyant.

Et l’heure qui lui est impartie est passée comme dans un rêve…

Bières et toilettes sèches font bon ménage.

Absorption pour les uns, évacuation pour les autres…

M’enfin, on a perdu quelques rangs pour Morcheeba…

Pour l’heure qui suit nous entrons dans le confortable trip-hop des londoniens.

Dans la coolitude la plus absolue, le groupe revisite ses tubes et nous laisse joliment dandiner du cul…

Nimbée dans la lumière, Skye dompte l’espace et nous charme de sa voix mystérieuse…

Ô temps suspend ton vol…

Dans la nuit béglaise c’est Cerrone qui prend les commandes du vaisseau spatial pour la grande messe disco…

Il rappelle aux plus anciens les sorties en boîte dans les années 70.

Les pantalons pattes d’éph’ et les cols pelle à tarte, pour tripper sur Supernature ou Give me Love avant de s’écrouler sur les banquettes moelleuses, tout en buvant des whiskies-coca et mater les petites en attendant les slows…

Toute une époque !

Super soirée, chanson française, trip hop, disco, des frites et de la bière (pas pour moi !).

Tout pour faire un bon festival à 10 minutes en tram de la maison !

Sidi Bémol balade son blues du côté de Montréal, et outre sa guitare soyeuse, il dégaine avec ses percussionnistes le guellal berbère pour donner la pulsation à un objet hors norme…

Une livraison hybride et pourtant très homogène dans sa réalisation.

Considérant de prime abord, Trop de boulot, Sidi ne peut que susciter la sympathie des masses laborieuses.

Et même s’il chante l’Enfer le bonhomme nous mène tout droit au paradis…

La rencontre avec les peuples autochtones dégage un puissant mysticisme et habite les compositions d’un poignant sentiment de plénitude.

Chicoutimiya le leitmotiv de mon été, Bus Ennar en incantation dans le désert brulant, le languissant Tamanrasset…

Les langues se mélangent, anglais, français, franglais, arabe, kabyle…

Des langues à polir les 12 merveilles qui habitent ce Guellal Montréal…

Guellal Montréal / Sidi Bémol / CSB Productions / Sortie le 25 septembre 2026

L’été fut aussi bercé par le reggae dub ouaté et mélodique de la surdouée Youthie.

Avec son comparse Macca Dread, la trompettiste, flutiste et accordéoniste promène la nonchalance de son reggae à travers des contrées inattendues…

Lotus Dub aux senteurs extrême-orientales,

D’autres aux couleurs latines, errances balkaniques…

Le ventilo peine à se frayer un chemin dans la touffeur ambiante…

Mais les vibes sont là…

Wild Vibes une fenêtre d’air frais sur le Monde.

Bamboo Groove tout groove, Flower Swing tout swing…

Trompette bouchée et accordéon pour finir sur un swing guinguette…

Un caméléon qui joue de la trompette…

Le dessin intérieur de pochette résume idéalement cet album.

Le décor reste, les couleurs changent…

Wild Vibes / Youthie / Youthie Records / Sortie le 20 Mars 2026

Moi j’ai un truc pas cher pour visiter Nice et sa région.

Je glisse la galette Ric Coma la Mar dans la fente de la platine cd et je laisse Louis Pastorelli alias Gigi de Nissa me chanter sa ville, ses habitants et surtout ses habitantes !

Rencontrer Petronilla, Milena e Catarina et Filomena, pour des histoires d’ici et des histoires d’ailleurs, de Corse ou de Shangaï…

Dans le maquis à la chasse au pangolin ?

Racontars de PMU, souvenirs de carnaval, poèmes à la lune ou à la mer, Gigi de Nissa nous régale, sa galette est aussi croustillante qu’une belle socca et nous fait fondre à l’intérieur…

Dans la catégorie des conteurs-fabuleurs occitans aux côté des Michel Vivoux de longue date, des Fabulous Trobadors du côté de Toulouse ou du Massilia Sound System de la cité phocéenne, il va falloir désormais compter (conter ?) sur Gigi de Nissa…

Ric Coma la Mar / Gigi de Nissa / Manivette Records / Baco Distribution / Sortie le 23 Octobre 2026

LE RASCAL