Ursus Minor, l’interview !

Chaud devant !!! Ma première interview aux « Lendemains qui chantent » et vous savez avec qui… Ursus Minor…Le top !!!!

 

A.V.M.T : Bonjour et merci de me recevoir. On vous a beaucoup vu dans la région ces derniers temps. Quelqu’un du groupe est corrézien ?

U.M : Non. Par contre, on a des amis très chers en Corrèze et on y vient assez régulièrement s’y réfugier.

A.V.M.T : Vous auriez pu enregistrer votre nouvel album à New York, Londres ou Paris, dans un grand studio. Pourquoi Treignac ?

U.M : Il y a des tas d’endroits dans le monde où on peut trouver des micros et de bons studios. Le choix ne s’est pas fait au niveau technique, mais plutôt au niveau humain. Il était important de se sentir libre sur ce projet, ce qui n’est pas forcément le lot commun de tous les endroits où on peut aller. Pour Treignac, il n’y a pas de hasard, juste des raisons. Ursus Minor a été créé en 2003 et c’est son quatrième album. On ne peut pas dire que l’on sur enregistre ! Il était temps de refaire un disque et ça nous a traversé l’esprit de venir le faire dans une petite commune avec un grand C, avec nos amis corrézien de Kind of Belou et de Tarnac. Le contenu aurait été différent si on l’avait fait ailleurs. Le groupe a un profond ancrage à Treignac, c’est l’un des axes que l’on a voulu mettre en jeu et dont on a puisé la force pour cet album.

A.V.M.T : Entre vos deux derniers albums, six années se sont écoulées. Vous avez des emplois du temps très chargés ou tout simplement vous laissiez au projet  le temps de mûrir ?

U.M : Ce n’est pas nécessaire de faire des disques tout le temps ! Entre 2010 et 2015, des démos ont circulé et des morceaux ont été joués en concert avant d’être enregistrés. Les membres du groupe ont beaucoup d’occupations diverses, Tony Hymas  en solo et en trio avec le projet « chronique de résistance » Stokley Williams chante dans son groupe « Mint Condition, François Corneloup joue avec 3284 groupes français, Desdamona avec III Chemistry qui a déjà tourné ici, et Grego Simmons est très occupé avec The Coup. Le groupe, ce n’est pas seulement des musiciens, c’est aussi un travail de production avec Christelle Raffaelli pour Nato et Jean Rochard,  producteur qui a une attention très particulière sur la réalité et l’actualité et qui a une réponse artistique à donner sur ce qui se passe. Ce disque ne pouvait pas se faire n’importe quand, ni trop vite, ni trop lentement, il parle beaucoup du moment dans lequel il sort, de Notre Dame des Landes, la nuit debout, tout ça est présent, rattaché à la réalité du temps, de l’actualité, de la vie, et ça compte énormément. Même s’il s’écoule six ans entre deux projets, il y a toujours quelque chose qui vit, des échanges, des idées, et à un moment, il y a une espèce de nécessité absolue de se retrouver car quand on est avec Ursus Minor , il se passe toujours quelque chose !

A.V.M.T : Votre double album est découpé en quatre parties : 4 points cardinaux, 4 saisons, 4 éléments. Vous pouvez en dire un peu plus ?

U.M : Ce n’était pas le concept de départ. L’histoire des quatre suites est apparue au fur et à mesure. On s’est trouvé avec des thèmes et des inspirations diverses, tout en laissant beaucoup de place à des changements et les choses se sont assemblées naturellement. L’album s’appelle « qu’est ce qui nous importe aujourd’hui ? » On a rencontré des  musiciens (Le Bénéfice du Doute, Dominique Pifarély, Anna Mazaud, Bernat Combi, Ada Dyer) avec qui on a eu envie de faire refléter cette façon d’être ensemble, la solidarité qui nous unit les uns les autres, l’amitié qui nous rassemble. C’est des gens qu’on aime avant tout. Ce n’est pas quelque chose de calculé. Par exemple, sur ZAD Song, l’idée d’avoir deux musiciens rencontrés a Notre dame des Landes s’imposait. On a pensé que Bernat Combi avait le même état d’esprit que nous, quelque chose de très personnel à dire. Nous pensons qu’il a apporté un sens supplémentaire à l’album, une vibration de l’espace et du temps et ça c’est important ! On oublie souvent ça. La musique est un langage puissant, et dans l’époque actuelle, elle devient un élément de décor. Ce double album est un objet avec son livret, il  est posé dans la réalité du temps.

A.V.M.T : Vous avez changé de chanteur. Boots Riley n’était pas dispo ?

U.M : Il était sur le premier et troisième projet. On avait envie d’un regard neuf et DeM Atlas, jeune rappeur du Minnesota, nous a apporté sa vision des choses. Ça ne veut pas dire que l’on ne travaillera plus avec Boots Riley ! De la même manière qu’il y a eu Brother Ali sur « Nucular », ce sont des musiciens avec qui on retravaillera sur d’autres projets. Il y a un groupe de base où il n’y a ni barrières, ni principes.

A.V.M.T : Comment vous êtes vous rencontrés ?

U.M : Jean Rochard et Tony Hymas se sont rencontrés en 84, avec François en 96, Stokley est arrivé en 2005. Pour Desdamona, elle était sur différents projets et c’est à St Paul que s’est passée notre rencontre. Quant à Grego, on cherchait un guitariste, son nom est apparu et ça a fonctionné tout de suite. La création du groupe s’est faite en 2000, lors d’un projet des « incontrôlés de la colonne de fer »  auquel participait Tony et François. Le groupe s’est formé autour d’un petit déjeuner.

A.V.M.T : Pourquoi un raton laveur sur la pochette de l’album ?

U.M : Si on regarde la petite séance photographique de Val K à l’intérieur du livret, on peut voir une photo d’un graffiti de raton laveur prise au Chiapas, Nous n’avions pas encore trouvé d’idée et quand on l’a vu, on s’est dit « c’est lui »!  Au même moment, la commission européenne demandait l’éradication du raton laveur..  Nous ressentons une sympathie naturelle  pour cet animal !

A.V.M.T : Merci de m’avoir reçu et bon concert !

 

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Bruno Robert

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