Festival O Grand R … Première édition !

C’est avec classe et élégance que Marie Modiano, très bien accompagnée par ses deux musiciens (dont Peter Von Poehl) a lancé le coup d’envoi de ce premier jour de festival.  L’arrivée de Christophe, sans nul doute tête d’affiche de cette première soirée, a suscité un élan de nostalgie auprès de ses aficionados, ravis de voir leur « idole » pour de vrai. Ce sont Arielle Dombasle et Nicolas Kerr (eux aussi fort bien accompagnés !) qui ont clôturé une soirée sous le signe de l’émotion et de la nostalgie, en électrisant un public hélas un peu clairsemé après le départ de l’auteur des « mots bleus »… Pas la foule hier soir, mais un public religieusement attentif, O Grand R ! ça continue demain !

 

 

 

Ambiance détendue dans le parc du château de Sédières, à l’arrivée de la belle Marie Modiano qui a su capter dès les premières minutes l’attention d’un public qui, s’il ne s’était pas forcément déplacé sur son nom, a vite été charmé et envoûté par sa grâce, son talent et sa bienveillance. Accompagnée d’un contrebassiste et du talentueux guitariste / harmoniciste Peter Von Poehl, Marie, au piano et au chant, a déployé toute la richesse de sa palette artistique, alternant ballades pop, légères et aériennes comme des bulles de savon, et textes littéraires (bon sang ne saurait mentir !) avec une exigence et une authenticité rares. La complicité était palpable entre ces trois magiciens qui ont installé une douce ambiance et un climat très zen sur le pré, hier soir… Superbe découverte, en ce qui concerne l’équipe de « A vos marques… Tapage ! »

 

 

 

Christophe était attendu de pied ferme ! A peine une botte posé sur scène , c’est par une salve d’applaudissements qu’il fut accueilli par « son » public en liesse (et néanmoins sagement assis). Flegmatique, semblant timide et ému, Christophe a néanmoins engagé d’emblée un contact privilégié avec ses fans, s’adressant à eux comme avec de vieux potes, verre de Jack Daniels (rapidement) à la main. Seul au piano, sa voix si particulière toujours intacte, il a enchaîné morceau après morceau, vieux tubes intemporels (« Aline », « Les mots bleus », « Avec les filles », « Señorita »…) et titres issus de son dernier album, bien souvent repris en chœur par un public fervent submergé d’émotions, en osmose totale avec leur idole. Il a ensuite pris négligemment sa guitare, s’excusant avec modestie d’être piètre guitariste, puis, il nous a offert un joli moment en faisant monter sur scène deux jeunes talents : Augustin (excellent pianiste) et Mathilda, voix claire comme de l’eau, qui l’ont donc accompagnés sur un titre. Un trait de la personnalité de ce « vieux routard » qui n’a pas pris la grosse tête et fait toujours preuve de générosité (et de flair !) envers la génération montante…  Intimiste et classe, la prestation de Christophe fut appréciée à sa juste valeur. Un coup de chapeau à la sonorisation parfaite et aux jeux de lumières de toute beauté !

 

 

 

Si ce n’est le cadre champêtre, aux premiers accords et à l’arrivée sur scène d’Arielle Dombasle et Nicolas Kerr, on aurait juré s’être fait téléportés dans une soirée chic des nuits parisiennes ! Arielle Dombasle, liane toute en finesse, semblait s’être échappée d’un dessin d’Enki Bilal, moulée dans une combinaison pailletée qui mettait en valeur un corps qui, semble-t-il ne subit pas l’outrage des ans. Nicolas Kerr, quant à lui, dandy déjanté, allure « aquaboniste », cigarette aux lèvres, dégageait un côté mauvais garçon que n’auraient en aucun cas renié Gainsbourg ou  Daniel Darc. Accompagnés d’un batteur, d’un guitariste, d’un clavier et d’un violoniste (fou ! mais quel talent !), le duo a instauré un sacré climat, entre gothique et rock pur et dur, dans une ambiance électro chic et choc. Vénéneuse et fragile, Arielle Dombasle (qui a décidément plusieurs cordes à son arc !) a mêlé son timbre de voix sucré et aristocratique à celui de Nicolas Kerr, clair et puissant, dans des envolées électriques futuristes d’excellente facture qui ont délié les jambes de spectateurs jusqu’alors un peu engourdies . Déjanté et délicieusement décadent !

 

Compte-rendus et photos : Christine Le Garrec, photos : Bruno Robert.

 

 

Retour sur le site où nous retrouvons sensiblement le même public que la veille. Au programme de cette dernière soirée, Luca d’Alberto pour un set intimiste et classieux très « classique » dans le sens littéral du terme. Puis ce fut au tour de Natasha St-Pier, très attendue, qui a offert aux spectateurs de Sédières un spectacle spécialement cousu sur mesure pour l’occasion. Pour clôturer ce premier festival O Grand R, la puissance et la bonne humeur communicative des Stentors a séduit un public ravi de cette première édition !

 

 

 

En première partie de soirée, le talentueux Luca d’Alberto (créateur de bandes originales de cinéma et d’installations) a totalement subjugué le public de Sédières en deux coups d’archet, berçant et faisant vibrer un public silencieux, comme il peut l’être dans une cathédrale. Impressionnant … Pendant la petite heure qu’a duré leur prestation, le quatuor composé de Luca d’Alberto (violon et violon électrique), d’une violoncelliste (aussi jolie que douée), d’un clavier et d’un percussionniste, a enchaîné ses morceaux d’une beauté pure aux accents rageurs, tel un torrent parfois tempétueux, distillant une ambiance harmonieuse et apaisante comme une parenthèse au temps…  Un récital d’une belle créativité qui révèle un talentueux compositeur, qui, s’il est encore dans l’ombre des grands, ne le restera certainement pas longtemps ! Une seule reprise a été réalisée au cours de ce concert, celle de « Sweet dreams  » d’Eurythmics que le quatuor a totalement transformé et magnifié dans une version particulièrement originale, inattendue et séduisante . Le néo classique s’est invité hier soir et il ne pouvait trouver meilleur écrin que celui du superbe site de Sédières !

 

 

 

Tout comme Christophe la veille, Natasha St-Pier a été accueillie comme une vedette internationale (ce qu’elle est sans nul doute) par un public heureux de pouvoir voir, et surtout entendre, la belle dame à la voix d’or venue du lointain Canada. Natasha a tout de suite annoncé la couleur : plutôt que d’enchaîner tubes sur tubes, elle a fait le choix de présenter un spectacle original, créé de toutes pièces pour le festival par elle-même et son pianiste, composé de titres moins connus de son répertoire et de reprises dans des registres bien différents de ceux où on l’attend généralement. Elle a ainsi enchaîné « Travailler, c’est trop dur » de Zacharie Richard (acadien, tout comme elle), « I heard it through the grapevine » de Creedence Clearwater revival ou bien encore « True colors » de Cyndy Lauper (et même du Jackson Five !), offrant au passage à ses fans un voyage nostalgique dans les décennies des années 70 à 90.  Quand elle a repris tout de même deux ou trois de ses chansons les plus connues (Mourir demain », « Tu trouveras »…), ce fut impressionnant d’entendre le public qui, d’une seule voix, a entonné les refrains avec leur « star », sans erreurs ni fausses notes, en communion parfaite avec elle. L’ambiance était à la ferveur, c’est certain, pour ce concert que ne sont pas prêts d’oublier ses aficionados !

 

 

 

Après le show de Natasha St-Pier, les spectateurs sont restés sagement assis : Les Stentors, eux aussi, étaient largement attendus… Et ils n’ont certainement pas déçu ni failli à leur réputation, loin de là ! Leur prestation, sous forme de reprises théâtralisées de chansons françaises de l’entre deux guerres, a comblé un public fredonnant et dodelinant de la tête sous l’air de « Mon amant de Saint-Jean » et autres chansons réalistes, devenant plus grave en entendant retentir les quatre superbes voix entonner « Le chant des partisans »… Ce quatuor là dégage une belle prestance, dépoussiérant les classiques de leur humour et de leur élégance, virevoltants et dynamiques, accompagnés de leur pianiste un peu dans l’ombre, mais bien présent par sa virtuosité.  Les quatre gentleman ont fait fleurir sourires et nostalgie sur les visages, clôturant en beauté et en chansons cette première édition de « O Grand R »…

 

Un grand merci à l’organisation du festival, 6Team Prod, conseil départemental de la Corrèze… Et aux bénévoles pour leur efficacité et leur accueil chaleureux !

Compte-rendus et photos : Christine Le Garrec, photos : Bruno Robert

 

 

 

 

 

 

 

 

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