Arts et essais ! N°28

Sculptures troublantes de Marc Petit, histoire de l’art  sous forme d’encyclopédie visuelle, grands photographes du 20ème siècle, Biographie illustrée de Gala, muse des surréalistes… L’art est à l’honneur de cet « arts et essais » où même la pub sort des sentiers battus pour nous montrer le meilleur d’elle-même ! Des petits papiers de bulleurs géniaux, un guide original de Paris en bandes dessinées et quelques magnifiques calendriers et agendas complètent cette série d’ouvrages à glisser sous le sapin des esthètes de tout poil !

 

 

 

C’est après une importante rétrospective à l’abbaye d’Auberive où il exposait trois cents sculptures et une centaine de dessins (production de trente-cinq années de travail), que l’idée du « Testament » a germé dans l’esprit de Marc Petit. Une oeuvre monumentale, introspective et intime, que ce magnifique ouvrage nous propose de découvrir, dans le secret de sa création… Celle-ci nous plonge dans les racines du passé de son auteur et dans le processus de création qui est le sien, en douze hauts reliefs réalisés en bronze, représentant chaque mois de l’année. L’artiste y a transposé ses expériences (« ses anecdotes ») telles les empreintes et traces de son vécu, nous « parlant », dans une écriture sensible et forte, de l’enfance et de ses fêlures, du temps qui passe, de l’art et de la création, de l’amour et de la famille, de la mort étroitement mêlée à la vie… Avec ce puissant « testament », la tendresse et la sérénité se disputent au macabre, dans des corps recroquevillés sur eux-mêmes ou cherchant d’autres chaleurs, des mains qui se cherchent et parfois se trouvent, unis ou solitaires, toujours en proie à la réflexion qu’on semble lire dans les expressions de leurs visages… Marc Petit a exprimé toute la violence de la comédie humaine dans ces scènes sphériques où les personnages semblent animés de vie et prêts à s’extraire de leur gangue de bronze pour échapper à leur destin ou se réchauffer les uns aux autres face à la vacuité du monde… Pour chacune de ces pièces, la poétesse Muriel Mingau a écrit un texte qui répond comme en écho à l’œuvre de cet artiste tourmenté et prodigieusement talentueux qui ne peut laisser personne indifférent… Si je ne devais en garder qu’une seule, je choisirai celle du mois d’août où une famille entrelacée dans une partie du cercle contemple sans le craindre le vide qui s’ouvre à ses regards… Une œuvre troublante qui laisse s’égrener nos propres « anecdotes » dans  une vive émotion… Bouleversant.

Dans le secret d’une œuvre : Marc Petit (textes de Muriel Mingau), Les Ardents Éditeurs, 2016 / 24€

 

 

 

 

Cette magnifique réédition (incontournable ouvrage de référence !) va vous permettre de  vérifier vos connaissances sur l’histoire de l’art du 15ème siècle à nos jours ! Richement illustrée d’œuvres choisies parmi les plus représentatives de chaque courant, période ou école (plus de 2000 illustrations !), cette « bible » des arts sous toutes ses formes (peinture, sculpture, photographies…) vous propose une présentation des artistes majeurs au fil des siècles et une analyse dûment commentée de leurs œuvres, de manière précise et sans élitisme, en cinq chapitres respectant la chronologie (15ème et 16ème siècle, 17ème et 18ème siècle, 19ème siècle, début du 20ème et de 1945 à nos jours). Aussi agréable à lire qu’à feuilleter nonchalamment, cette encyclopédie visuelle, rédigée par treize grands spécialistes de l’art, est aussi un outil fort pratique à consulter lorsque l’on a besoin d’effectuer une recherche ponctuelle. Un fabuleux voyage à travers les arts, qui survole le temps et les continents, dans un bel effort de vulgarisation… Remarquable !

Histoire de l’art en images par Andrew Graham Dixon, Flammarion, 2017 / 29,90€

 

 

 

 

Le XXème siècle est assurément celui  du règne de l’image, animée au cinéma, mais aussi de la photographie qui a connu en moins de cent ans un extraordinaire essor… La naissance des agences, l’essor de la presse illustrée et des magazines ont fait éclore la notoriété de ces  « défricheurs du visible » que sont les photographes. « D’utile », la photo est devenue progressivement un Art (en grande partie grâce à Stieglitz), avant de devenir accessible au plus grand nombre grâce aux avancées technologiques permettant un maniement beaucoup plus simple du matériel, jusqu’à l’avènement du numérique qui a révolutionné pour de bon la façon de « travailler » le réel « … En rafales ! A partir de quels critères décide t-on qu’une photographie est une œuvre d’art ? Rien de subjectif : pour la singularité du regard, la qualité des contrastes et des lumières, son intemporalité, l’émotion que son auteur suggère devant un paysage, une expression ou un regard figé pour l’éternité… Qu’ils soient photoreporters de pub, de mode ou de guerre, que leurs clichés laissent des empreintes du monde social ou architectural, ces femmes et ces hommes, par leur regard unique, nous ont légué des témoignages précieux sur l’évolution de nos sociétés… Rédigé par une historienne de la photographie, commissaire d’exposition qui a réalisé bon nombre de livres et d’articles sur le sujet, ce superbe ouvrage met en valeur cinquante cinq des photographes les plus marquants du siècle dernier. Techniques utilisées, œuvres emblématiques, parcours personnels et artistiques… En feuilletant cet ouvrage de référence richement illustré, on admire ou découvre les surréalistes, les engagés, les capteurs d’instants et les précurseurs entrés au Panthéon de cet art troublant qui nous interpelle tous… Des plus célèbres (Araki, Man Ray, Brassaï, Capa, Kollar, Cartier-Bresson, Doisneau, Lartigue, Kertesz…) à ceux davantage connus des spécialistes, venant du monde entier et de tous horizons, chacune et chacun d’entre eux nous ont offert une part de beauté et d’éternité… Superbe et émouvant…

Les grands photographes du XXème siècle par Luce Lebart, Larousse, 2017 / 29,95€

 

 

 

 

Tout commence en 1913, dans un sanatorium où la jeune Elena Diakonova, atteint de tuberculose, vient se soigner. Elle a dix-neuf ans et vient de traverser seule toute l’Europe en train, de sa Russie natale jusqu’en Suisse… Elle y rencontrera un jeune homme de dix sept ans, Eugène-Émile Paul Grindel qui tombera sous son charme et lui dédiera ses premiers poèmes… Ces deux-là seront quelques années plus tard connus sous le nom de Paul Éluard et de Gala et vivront un grand amour dont naîtra une petite fille Cécile… Fin de l’histoire ? Bien sûr que non ! La personnalité complexe de cette femme aussi fatale qu’inspiratrice de talents, libre, forte et passionnée, ne pouvait se satisfaire d’une vie rangée, même auprès d’un homme aussi brillant qu’Éluard… Infidèle et indomptable, mère indigne, insupportable et capricieuse, Gala a fait de sa vie un roman et a marqué indéniablement l’œuvre de bon nombre d’artistes surréalistes dont elle fut la muse et qui, selon leur propre aveu, lui doivent beaucoup… Dali en tomba raide amoureux et sa passion pour Gala transformera sa vision de l’art… « Quand il la vit là devant lui, un choc céleste l’étoila. C’était soudain là devant lui, son double venu d’au-delà… Tout ce qui vibre, ce qui luit, ce qui tressaille, tout ce qui bat dans cette femme réuni, tout ce qui bande, c’était là… » chantait Nougaro à propos de ce couple mythique et sulfureux… Dali, qui lui a survécu quelques années, n’a plus jamais prononcé son nom après sa mort. « A travers elle, il communiait avec le cri de la vie »… Tout est dit…Dominique Bona, dans cette biographie illustrée de photographies inédites, de reproductions de correspondances et de documents d’archives, nous propose une vision exhaustive de ce personnage hors du commun, pas forcément sympathique sur bien des points, mais à qui on ne peut nier l’influence qu’elle a exercé sur les artistes des plus prestigieux du 20ème siècle… « Une vie de Gala », fidèle et précis, tente de nous donner les clés de cette personnalité sulfureuse et dérangeante qui a emporté avec elle son mystère dans l’au-delà… Édifiant !

Une vie de Gala par Dominique Bona, Flammarion, 2017 / 29,90€

 

 

 

 

La guérilla, dans le langage du marketing, ne désigne pas une lutte armée, mais des méthodes non conventionnelles qui s’incarnent dans les grandes largeurs et en trois dimensions pour interpeller le passant. L’environnement qui abrite ces installations devient alors le décor d’une mise en scène théâtrale où le mobilier urbain devient un support potentiel. Le but ? Créer le buzz sur Internet par le biais des réseaux sociaux ! Et il faut reconnaître, même si on est « anti pub » que ces réalisations sont pour la plupart d’entre elles plutôt bluffantes et font autant preuve de créativité que d’humour ! Ce bel ouvrage, réalisé par Anne Magnien, (créatrice et animatrice du cultissime « Culture Pub »… Entre autres !), nous présente les exemples les plus créatifs et les plus innovants de ces dix dernières années. Affiches déformées, pliées, sous forme de puzzle digital, sucettes géantes en panneau de signalisation, lampadaires en pot de peinture ou en cafetière,  murs en « Lego » ou boîte de puzzle au milieu de chantiers de démolissement… L’aspect ludique de ces campagnes publicitaires est indéniable ! Audacieuses et impertinentes, ces installations transforment le chaland ébahi en lilliputien au pays de Gulliver ! Mais cet ouvrage présente aussi des aspects nettement plus « humanitaires » : messages « frappants » à l’intérieur des poubelles pour dénoncer le gâchis alimentaire, automates et distributeurs où sont enfermés des « esclaves » au travail, slogans  écologiques astucieusement mis en scène  pour inciter à  économiser eau et énergie… Ou encore un ours robot qui déambule dans les rues de Londres ! D’autres vendent carrément du rêve : transformations de stations de métro en jungle ou recouvertes de neige pour un paysage polaire… Et il y a celles qui font mouche avec un humour mordant ! J’ai adoré le rouleau de PQ en fin de parcours pour une marque de laxatif, l’homme escargot rampant au milieu des voyageurs d’un aéroport avec la mention « Attention pub clandestine » ou le distributeur vocal de bière où plus le cri est fort, plus la bière est amère ! Bien sûr, tous ces projets visent à la consumérisation, mais si l’espace de quelques minutes, on fait abstraction de l’aspect mercantile pour se pencher sur la créativité, la vivacité et l’imagination de ces créateurs… On ne peut qu’applaudir des deux mains ! Impressionnant !!!

Sur les pavés la pub d’Anne Magnien, Hoëbeke, 2017 / 25€

 

 

 

 

Cet album a extrait la substantifique moelle de ces « Petits papiers » pour nous en révéler les plus savoureux ! Quels petits papiers, me direz-vous ? Ceux qui, depuis 2014, font la joie des internautes qui découvrent ces milliers de petits instantanés empreints d’humour potache  sur #LPLPP,  Tumblr, @samparlebien et @Tommeblur ! Un post-it collé judicieusement sur divers supports publicitaires (boissons, produits d’entretien, boîtes de conserve, matériel de bureau…) et l’affaire est dans le sac (c’est tout bête et on se demande pourquoi on n’y a pas pensé nous-mêmes ) ! Ces « fainéants « créatifs s’en donnent à cœur joie, et détournent avec une belle vivacité et un humour jouissif tout ce qui les entourent… Bon, on peut douter de leur rendement sur leur lieu de travail (lieu semble-t-il de prédilection pour leurs réalisations )… Mais patrons, soyez indulgents (de toute façon, avant de les choper, hein…), ces gens là ont le chic pour nous donner le sourire et nous mettre instantanémentde bonne humeur . Une  véritable ode à l’oisiveté ! J’adore !

Les petits papiers, Tana, 2017 / 9,95€

 

 

 

 

Conçu comme un guide de voyage avec tous les codes et repères que ceux-ci présentent (localisation par carte, moyens de transports pour accéder aux lieux indiqués…), ce guide de Paris vous en propose bien davantage… Les trente chapitres qui le composent déclinent autant de quartiers parisiens (des arènes de Lutèce à la cité des sciences) pour vous présenter ces lieux incontournables, illustrés de mini BD (sur un fait divers ou une époque) réalisées par trente dessinateurs du monde entier ! Ensuite, une double page vous propose de découvrir une multitude d’anecdotes sur le quartier en question, les endroits à visiter à proximité (musées, théâtres, cabarets, lieux culturels, monuments, maisons de personnalités…), les bonnes adresses du coin  et même des idées de lecture ou de films ! Pour ne pas vous perdre dans les méandres de la capitale et pour en savourer pleinement chaque ruelle, glissez ce guide ludique, pratique et esthétique dans votre sac lors de votre prochain passage à Paris… Vous pourrez vérifier si le « Saint Germain des Prés » de Léo Ferré est toujours intact et si, tout comme Montand, vous prenez plaisir à flâner sur « Les grands boulevards » ! Un bel ouvrage pour faire la tournée des grands ducs dans le Paris historique et éternel, sans en manquer une miette !

Guide de Paris en bandes dessinées (collectif), Petit à Petit, 2017 / 19,90€

 

 

 

Un peu de papeterie avec trois superbes agendas et deux calendriers dans des styles très différents !

 

Bientôt 2018 ! Vous êtes en quête d’un « bel » agenda ? Tant qu’à faire, autant qu’il soit esthétique, non ? Ne cherchez plus ! Celui que je vous propose aujourd’hui, en plus d’avoir toutes les fonctionnalités que l’on attend d’un agenda de base, est superbement original ! Chaque mois, sur le thème du street art, vous découvrirez un artiste et l’illustration d’une de ses œuvres (Oak Oak, The Pothole Gardener, JBC, PAO, Jinks Kunst, Tec, Ladameenrouge, Philippe Hérard, Joe Lurato, Bault, ROA, Bordalo II, LIOX, Mademoiselle Maurice). Une présentation succincte qui, je n’en doute pas, vous donnera envie d’en savoir plus ! Élégant, avec sa couverture « effet béton », cet agenda réalisé par Sophie Pujas (une pointure sur le street art !) a le format idéal pour trouver bonne place dans votre sac… Ni petit ni trop grand !

Agenda 2018 Street Art par Sophie Pujas, Tana, 2017 / 12,95€

 

Cet agenda magnifiquement illustré par Roxane Marie Galliez dans des couleurs acidulées vous propose tout simplement d’adopter en 2018 la « Positive attitude » ! Chaque mois, un thème vous est proposé pour vous guider à voir la vie du côté de la force tranquille et chaque semaine une petite citation vous aidera à rester zen ! Fleuri et foisonnant de détails pour faire la vie plus belle, cet agenda possède tout ce qu’il faut là où il faut, en vous laissant toute latitude pour exprimer vos petits bonheurs au quotidien. Il est trop craquant !

Agenda 2018 petits bonheurs par Roxane Marie Galliez, Mango, 2017 / 12€

 

Quand reviendra t-il le temps des cerises ? En 2018, sans l’ombre d’un doute, avec ce superbe agenda qui célèbre les vingt-cinq ans des éditions « Le temps des Cerises » ! Cet agenda présente bien sûr toutes les caractéristiques que l’on attend de pareil ouvrage : pratique, peu encombrant, laissant suffisamment d’espace pour noter vos rendez-vous… Et pourquoi pas, vos petits poèmes ! Ce qui fait la différence ? Pour chaque mois, un extrait et une illustration tirés du catalogue sont proposés à votre perspicacité (à vous de reconnaître l’auteur et le titre du livre !) et vous trouverez pour chaque semaine  un petit poème à lire et à méditer… Rouge passion à l’extérieur, tendre et doux à l’intérieur, cet agenda réunit tous ceux qui ont fait le succès de cette maison d’édition qui fait la part belle à la poésie sous toutes ses formes, mais aussi à bon nombre de textes engagés de qualité, fidèles aux propositions sociales de la Commune… « J’aimerai toujours le temps des cerises et le souvenir que je garde au coeur »…

Agenda 2018 « Le temps des cerises », Le Temps des Cerises, 2017 / 10€

 

 

 

Ce calendrier très grand format propose pour chaque mois de l’année une superbe illustration issue de l’univers onirique, étrange et envoûtant de Benjamin Lacombe. Vous le connaissez sans doute si vous avez des enfants… Car ce monsieur de grand talent est illustrateur jeunesse (et auteur de bandes dessinées…) et les planches de ce superbe calendrier sont issues d’albums que vous avez peut-être tenus en mains et racontés à vos petits ! Frida Kahlo, Alice de l’autre côté du miroir, Madame Butterfly, Ondine… Benjamin Lacombe a revisité ces œuvres dans une palette de couleurs très vives et éclatantes ou très sombres et inquiétantes selon le thème, mais toujours avec une originalité hors du commun… A offrir aux adolescents ou aux adultes sensibles à la beauté de ces véritables œuvres d’art, à contempler pleinement chaque mois… Vous pourrez ensuite les détacher et les encadrer si vous le souhaitez !

Calendrier 2018  par Benjamin Lacombe, Albin Michel, 2017 / 18€

 

La bonne bouille et l’humour du célèbre Chat de Geluck tout près de votre bureau tout au long de l’année 2018, ça vous tente ? Pour un tout petit prix, c’est possible ! Une illustration grand format légendée pour chaque mois de l’année doublée d’ un petit encart pour répondre à des questions farfelues ou d’ordre pratique (et forcément sourire aux maximes du belgissime papa du félin !), complètent ce superbe calendrier qui vous mettra la frite ! (J’adore « Ne pas oublier de se rappeler » ou « Qu’est-ce qu’on mange? » !) Jetez celui des pompiers ou de la Poste (de toute façon, ils sont moches !) pour acquérir celui-ci, bien plus sympa que ceux qui arborent de sempiternels chatons dans une corbeille… Le matou belge a bien plus de caractère !  Merci qui ? Merci le chat !!!

Calendrier Le Chat 2018 : Vive nous tous ! par Philippe Geluck, Casterman, 2017 / 10€

 

Christine Le Garrec

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