Arts et essais ! N°34

Un spécial « Mai 68 » pour célébrer les 50 ans des « événements » qui ont paralysé à l’époque la France pendant de longues semaines. Alors, que voulaient donc ces jeunes chevelus et par la suite l’ensemble du pays ? Une révolution sociale, politique et culturelle et combattre (déjà…) capitalisme et consumérisme outrancier ! Le résultat ? augmentation du smig et des salaires, réduction du temps de travail, congés supplémentaires et libération des moeurs avec une avancée (timide) sur la condition féminine…  Je vous propose donc aujourd’hui trois beaux livres : « L’enragé » qui regroupe les douze numéros de l’unique canard publié durant cette période, « L’affiche en héritage » où vous découvrirez le travail des étudiants des Beaux Arts et de ceux des Arts Décoratifs réalisé dans des ateliers populaires, et « Protest ! » qui regroupe plus largement les affiches contestataires de 1968 à 1973 dans le monde ! C’est ensuite à des essais journalistiques et politiques que je vous convie avec l’essai de l’insoumis Thomas Guénolé qui, avec « Antisocial », ne perd pas son sang froid pour nous évoquer la guerre sociale en cours, et  avec celui d’Edwy Plenel, combattant de la presse libre, qui nous entretient de la valeur de l’information. On continue avec Natacha Tatu qui a retranscrit le flot de dérapages de Donald Trump dans un « worst of » aussi drôle qu’inquiétant, une enquête du journaliste David Grann sur la série de meurtres qui décima la tribu des indiens Osages dans les années 20 et l’essai du reporter indien Anjan Sundaram (qui enseignait le journalisme au Rwanda en 2009…) qui dénonce les dérives d’un régime dictatorial dans un manifeste brillant pour la liberté d’expression. Pour finir sur une note aussi mélancolique que porteuse d’espoir, je vous propose de découvrir les écrits du regretté Martin Luther King, assassiné il y a cinquante ans…  Bonnes lectures à toutes et à tous !

 

 

 

Pour vous donner une idée de la ferveur, de l’impertinence et de l’esprit militant tendance anarchiste de Mai 68, plongez-vous avec délices (et une pointe de nostalgie…) dans les douze numéros de « L’enragé » que ce très bel ouvrage vous propose de découvrir ! Fabriqué quasi clandestinement dans des imprimeries acquises aux idées qu’il propageait, ce brûlot réunissait la crème de la crème du dessin de presse et de caricature : si Siné était particulièrement engagé (sans étonnement !), Wolinski, Cabu, Reiser, Bosc, Willem et Topor ont également participé à l’aventure, pour ne citer que les plus connus ! Inventif, drôle et furieusement subversif, « L’enragé « s’attaquait aux institutions et au pouvoir en place à travers de nombreux dessins mais aussi de textes et de citations signés par Prévert, Siné et Wolinski, Eugène Pottier (auteur des paroles de l’Internationale,) ou Garnier de la bande à Bonnot ! Coupures de presse, courrier des lecteurs (pas contents et certainement pas lecteurs assidus !), étiquettes à découper avec la consigne de les coller un peu partout (des classiques « défense d’interdire », « CRS =SS », « Prenez vos désirs pour des réalités » aux plus trash « Si vous voyez un CRS blessé, achevez-le ! » ou « étudiants, ouvriers, ne vous laissez pas enculer ! »), jeux loufoques bien dans l’air (lacrymogène) du temps et actualités diverses, y compris internationales, ont ainsi été déclinées au fil des douze uniques numéros de la seule publication qui fut éditée pendant les « événements » ! Son courageux éditeur et directeur de la publication, Jean-Jacques Pauvert, a connu bien des déboires et fut régulièrement convoqué par le ministre de l’intérieur de l’époque (Marcellin) qui appréciait très modérément l’aspect « rentre-dedans » totalement irrévérencieux  de ce canard qui ne mâchait pas ces mots ! La profession de foi de ces anars de la première heure lançait déjà la couleur « Nous ne savons pas si l’enragé sera hebdomadaire, mensuel, quotidien ou interdit ». Ils auront en tout cas marqué les esprits et fait bien des émules !

L’enragé (collectif),  Hoëbeke, 2018 / 19,90€

 

 

 

13 Mai / 27 Juin 1968… Durant un peu plus d’un mois, les assemblées générales des écoles des Beaux Arts puis des Arts déco réunirent artistes, étudiants et ouvriers pour définir les thèmes et les slogans des affiches qui seront ensuite réalisées dans la foulée, en réaction à l’actualité du jour (discours des politiques, violences policières, nouvelles mobilisations…). Plus de quatre cents affiches seront ainsi produites par les étudiants des Beaux Arts au sein d’un « atelier d’affiches », et une centaine par ceux des Arts Déco au cœur de leur « atelier populaire »… Un véritable patrimoine esthétique et culturel qui continue encore aujourd’hui à nous inspirer et qui témoigne de l’ébullition créative d’une époque où l’imagination était au pouvoir ! Ce superbe ouvrage vous propose de découvrir deux cents de ces affiches dans l’ordre chronologique de leur parution et de sonder les dessous de leur création par le biais de photographies, d’épreuves originales et de textes  qui retracent l’historique de cette révolution majeure du 20ème siècle. Cette nouvelle édition (augmentée et mise à jour), à l’iconographie d’une richesse incroyable, permet de visualiser le climat, la soif d’expression et l’esprit rebelle qui ont régné dans les rues de Paris et un peu partout en France, dans cette période où drapeaux rouges et noirs claquaient au vent de la liberté !  Un document à valeur historique, sociale et culturelle de premier plan, particulièrement soigné avec ses illustrations pleine page et sa superbe qualité de papier !

Mai 68 : l’affiche en héritage par Michel Wlassikoff, Alternatives, 2018 / 30€

 

 

 

 

Entre 1968 et 1973, le monde entier a connu une période agitée de luttes sociales et politiques d’envergure. Par l’affiche, et grâce à la technique toute nouvelle de la sérigraphie, ces contestations ont été largement diffusées, dans un langage graphique aussi expressif que percutant, pour prôner l’action collective afin de faire bouger les choses et changer le monde, dans un élan populaire en quête de liberté et de justice. Cet ouvrage aussi esthétique qu’exhaustif vous propose un tour du monde de cette iconographie contestataire produite par la société civile (ateliers populaires, comités de soutien…), en 400 affiches, photographies et textes argumentés sur ces luttes, notamment en France (Mai 68) et aux États-Unis (lutte contre la guerre du Vietnam et luttes contre les lois ségrégationnistes). Bon nombre d’affiches concernant les pays subissant le joug d’une dictature, censure oblige, étaient quant à elles imprimées à l’étranger par des comités de soutien (Grèce, Amérique Latine, Afrique du Sud…). Sélectionnées sur des critères de pertinence, d’humour, d’audace et de beauté graphique, ces affiches sont le reflet de la désobéissance civile non-violente à travers le monde durant ces six années de luttes acharnées contre l’autorité et la répression, pour l’égalité des femmes (droit à la contraception et à l’avortement) et des minorités en quête de droits (homosexuels, noirs, indiens…), pour la dignité au travail (ouvriers et paysans) et déjà, alertaient des dangers du nucléaire et de l’urgence à préserver l’environnement… Les revendications d’hier ( hélas non résolues pour beaucoup trop d’entre elles…) restent d’actualité et mettent en lumière les hoquets de l’histoire… Puissent cet ouvrage et ces affiches d’un autre temps être porteurs d’inspiration pour les nouvelles générations en leur donnant l’envie d’aller plus vite et plus loin avec l’espoir qu’un autre monde est possible, à condition de mettre à mal celui-ci ! Gaffe… Rien n’est jamais acquis… La preuve par l’image !

Protest ! par Michaël Lellouche, Le Chêne, 2018 / 35€

 

 

 

 

 

Réforme drastique qui réduit le code du travail à peau de chagrin, stigmatisation des chômeurs, baisse de la protection sociale, hausse des prélèvements sur les retraites et les salaires, services publics abandonnés au dieu profit notamment dans les secteurs de la santé ou de l’éducation, répression policière sur les grévistes et les opposants, fonctionnaires boucs émissaires de tous nos maux, lois scélérates sur les migrants, privatisations abusives, délocalisations sauvages, âge de la retraite encore repoussé, de plus en plus de sans abris et de mal (ou pas) logés, précarité à tous les étages … La liste des motifs suscitant la colère des français semble s’allonger un peu plus chaque jour. L’antisocial est-il en marche ? C’est ce que nous affirme et nous démontre Thomas Guénolé, politologue (auteur de plusieurs essais) et membre de la France Insoumise, dans cet ouvrage où il nous met en garde sur les dangers de l’oligarchie qui s’installe confortablement au sommet de l’état. En démontant une par une les réformes en cours, il expose la terrible démolition des acquis sociaux obtenus de haute lutte dans le passé par nos aînés à travers le programme du conseil national de la résistance qui, à force d’être grignoté finira par disparaître pour de bon… Pendant ce temps, l’impôt sur la fortune est supprimé, on ferme les yeux sur l’évasion fiscale et l’on offre aux grandes entreprises des cadeaux royaux sans leur demander de compensation en matière d’emploi… Comme au casino, rien ne va plus ! Et nous sommes tous concernés (du moins à 90% si l’on excepte les 10% qui sont épargnés grâce à leurs hauts revenus) par cette destruction du modèle social qui était le nôtre il y a encore quelques années : nous avons tous besoin des services publics, le travailleur d’aujourd’hui sera peut-être le chômeur de demain, travailler plus longtemps pour percevoir une retraite plus faible (pour ceux qui auront la chance d’atteindre cet âge !) n’est enviable pour aucun d’entre nous et l’avenir de nos enfants est particulièrement préoccupant… Combien d’entre nous pourront les épauler financièrement ? Les « grands » médias en entretenant la peur et en ciblant toujours les mêmes potentiels coupables, n’ont fait que brûler le torchon en nous montant les uns contre les autres,  ouvrant une voie royale aux extrêmes de sinistre mémoire. Modifier le cours des choses demandera à chacun de faire preuve de solidarité, un mot qui tend à disparaître de notre vocabulaire au profit du chacun pour soi… Même si vous ne partagez pas les idées politiques de monsieur Guénolé, la fine analyse qu’il fait de notre société actuelle mérite grandement d’être consultée ! Brillant.

Antisocial : la guerre sociale est déclarée par Thomas Guénolé, Plon, 2018 / 17,90€

 

 

 

 

 

Mediapart fête ses dix ans et sa croissance est loin d’être terminée ! Site d’information participatif payant (pour une somme modique), ce « canard » en ligne prouve qu’un journal peut vivre de ses seuls lecteurs dans une totale  indépendance des pouvoirs politiques et économiques, contrairement à la majorité des médias actuels en mains d’industriels acquis au pouvoir du moment. Edwy Plenel, son directeur, propose à ses lecteurs un « vrai » journalisme d’investigation et les affaires levées par lui et son équipe font preuve d’une belle pugnacité (affaires Bettencourt, Cahuzac, Sarkozy / Kadhafi…). Une liberté chèrement payée par de nombreux procès et tentatives de discréditation dont il est sorti la tête haute ! Avec cet essai en forme de profession de foi, Edwy Plenel dresse le bilan de cette belle aventure collective, en soulignant son attachement aux valeurs de l’information libre et indépendante au service de l’intérêt général. Le droit de savoir est essentiel à une démocratie saine pour enrichir le débat citoyen et « sans une information libre, rigoureuse et pluraliste, les citoyens sont des aveugles qui peuvent voter pour leur pire ennemi, prisonniers des propagandes et des idéologies »…  A la suite de cet essai, vous pourrez également prendre connaissance du manifeste « Combat pour une presse libre » publié en 2009 et écrit un an après la création de Mediapart, enrichi de notes de contexte et de références. Mediapart ne fait que progresser et pour toutes les raisons citées, nous ne pouvons que lui souhaiter une longue vie !

La valeur de l’information, suivi de Combat pour une presse libre d’Edwy Plenel, Don Quichotte, 2018 / 18€

 

 

 

 

 

1921. Les survivants des guerres indiennes ont été parqués dans des réserves où ils vivent misérablement… La tribu Osage n’a pas échappé à cette épuration : chassée de son territoire fertile du Kansas, elle a été placée d’office sur les terres arides d’un coin de l’Oklahoma. Une punition qui s’avérera très lucrative car leur désormais sous-sol s’avère être le plus grand gisement pétrolier des États-Unis ! Les Osages deviennent riches, vivent dans le luxe et embauchent même des serviteurs blancs, ce qui, bien évidemment, n’est pas du goût de tout le monde… Commence alors une série de crimes par balles ou par empoisonnement qui fait régner un climat de terreur au sein de la communauté Osage… Une première enquête locale (bâclée) ne permettant pas de mettre la main sur le(s) coupable(s), l’affaire est confiée aux agents du bureau d’investigation (qui portera le nom de FBI en 1935), menée par un jeune homme du nom d’Edgar J Hoover : cette première grosse affaire offrira à celui-ci le pouvoir dont il rêvait… David Grann, reporter pour le New-Yorker, a enquêté sur le terrain et fouillé dans les nombreuses archives pendant de longues années pour nous offrir cette enquête d’investigation palpitante qui se lit comme un roman policier. La première partie concerne l’histoire de ce peuple à travers le destin de Mollie Burkhart, Osage mariée à un blanc, qui a perdu plusieurs membres de sa famille dans cette sombre période (qui a fait des centaines de morts entre 1921 et 1926…). C’est ensuite l’enquête proprement dite qu’il détaille minutieusement sous tous les angles avec tous ses intervenants. Plus profondément, David Grann engage une réflexion sur la fondation des États-Unis, bâtis sur les meurtres, la discrimination et la persécution des premiers américains que furent les indiens… A ce jour, tous les crimes n’ont pas été élucidés et ils ne le seront probablement jamais. On peut cependant, sans s’avancer outre mesure, affirmer qu’ils n’ont pas été commis par des tueurs isolés, mais par une communauté entière, complice de cette abomination… Finaliste du National Book Award 2017, « La note américaine » sera adaptée au cinéma par le grand Scorsese avec Robert de Niro et Leonardo Di Caprio. Rien d’étonnant ! Un livre aussi passionnant qu’édifiant, parsemé de photos d’archives terriblement émouvantes…

La note américaine par David Grann, Globe, 2018 / 22€

 

 

 

 

 

Le 4 avril dernier, le monde entier commémorait la mémoire du pasteur Martin Luther King, assassiné cinquante ans auparavant à Memphis où il tenait un discours pacifiste contre la guerre du Vietnam… Cet homme de foi, apôtre de la non-violence, fut décoré du prix Nobel de la Paix quatre ans plus tôt, en 1964… Combattant du racisme et défenseur des droits civiques, Martin Luther King, épris de paix, de justice et de liberté, est « allé jusqu’au sommet de la montagne » pour défendre ses idées avec autant de conviction et d’éloquence que d’humilité. Cet ouvrage, préfacé par son épouse, compile des extraits de ses écrits, sermons et discours, dont le célèbre « I have a dream » de Washington en 1963 et son ultime allocution à Memphis, la veille de sa mort. Suivi d’une chronologie de sa courte vie (mais bien remplie…), ce livre nous délivre une salutaire piqûre de rappel : ne pas oublier et continuer à défendre ses idéaux, toujours d’actualité…. « La plupart de ceux qui vivent dans l’Amérique prospère ignorent ceux qui vivent dans l’Amérique déshéritée ; Ce faisant, les américains aisés finiront par devoir se poser la question que Eichmann a choisi d’ignorer : quelle est ma part de responsabilité dans le bien-être de mes semblables ? Ignorer le mal c’est en être le complice »…

Les mots de Martin Luther King (préfacé par Coretta Luther King), Presses du Châtelet, 2018 / 12€

 

 

 

 

 

Chaque jour, Donald Trump multiplie les bourdes et les « sorties de route » comme Jésus multipliait les p’tits pains ! Ce pourrait être marrant si cet olibrius n’était pas le président des États-Unis : ses propos hallucinants de bêtise et de méchanceté crasse sont une véritable menace pour le fragile équilibre mondial… Sans se lasser, Trump déverse sa haine et sa bêtise sur les femmes, les minorités, la presse et même sur les pays étrangers, frôlant à chaque fois  des incidents diplomatiques d’une gravité sans nom. Alors, comment un pareil bonhomme a pu se retrouver à la tête  des USA ? D’abord, un peu d’histoire ! Si on plonge dans ses racines, monsieur Drumpf (c’est son vrai nom !) a de qui tenir. Bon sang ne saurait mentir : Fred, son père, convaincu de la supériorité de la race blanche, fut arrêté dans une manif du sulfureux Klu Klux Klan… Roi de l’immobilier, milliardaire aux idées réacs, adepte de théories complotistes, Trump était davantage considéré comme un bouffon par la classe américaine dans son ensemble que pour un présidentiable potentiel. Sa vocation politique lui est venue au cours d’un dîner (celui de l’association des correspondants de la Maison Blanche) au cours duquel Obama le remit vertement et avec humour à sa place… C’est donc dans un esprit de vengeance que l’homme à la mèche blondasse se mit en lice dans la course à la Maison Blanche…et qu’il y accéda dans une campagne haineuse où sa misogynie, sa grossièreté et son racisme n’ont certes pas grandi la démocratie… Depuis ? ça continue ! Turn over perpétuel dans son équipe où démissions, renvois et népotisme font une ronde endiablée, affaires d’agressions sexuelles, et même suspicion concernant sa santé mentale ! Certains médecins, inquiets, n’hésitent pas à parler de pathologie : bipolarité, narcissisme exacerbé, paranoïa, impulsivité malsaine… Inquiétant, non ?! Alors, Trump, crétin invétéré ou fou dangereux ? A vous de vous faire votre propre opinion avec ce recueil où, par thème et chronologiquement, Natacha Tatu a retranscrit les innombrables propos désobligeants, insultes et autres horreurs déversés par Trump. Textes courts, tweets et brèves que l’on aurait préféré de comptoir fusent dans ce « worst of » aussi dramatiquement hilarant qu’anxiogène…

Incroyable mais Trump ! par Natacha Tatu, Plon, 2018 / 15,90€

 

 

 

A la demande d’un programme initié par l’union européenne, Anjan Sundaram, grand reporter indien, est mandaté en 2009 pour enseigner le journalisme dans une école du Rwanda. A l’approche des élections présidentielles, le gouvernement de Kagame met en place une répression de plus en plus féroce et les étudiants de l’école où enseigne Anjan sont soumis chaque jour davantage à des contrôles de plus en plus menaçants… Un véritable régime de terreur s’instaure alors avec son lot de journalistes arrêtés, menacés de mort ou contraints pour certains à l’exil, pour le simple crime de refuser de chanter les louanges du dictateur… Si les gouvernements occidentaux ont complaisamment fermé les yeux sur ce qui se passait au Rwanda, d’autres, comme les États-Unis, ont fourni des armes ou comme Israël formé les services secrets « musclés » du régime…  En annexe de ce récit fort et bouleversant, vous trouverez la liste « noire » de  journalistes ayant subi des représailles après avoir critiqué le gouvernement (disparitions, meurtres, passages à tabac, emprisonnement arbitraires, expulsions du pays…) ainsi que celle des pays qui ont offert leur soutien à Kagame, qui sont donc complices des atrocités commises… Avec une sincérité non dénuée de courage, Anjan Sundaram, dans ce manifeste en forme de journal de bord, nous fait part de son expérience et rend un hommage respectueux à ces hommes et ces femmes qui pratiquent leur métier au péril de leur vie. Un témoignage glaçant des dérives du régime rwandais, communes à celles de toutes les dictatures du monde passées et présentes…

Bad News d’Anjan Sundaram, Marchialy, 2018 / 21€

 

Christine Le Garrec

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