Hellfest 2018 ! On y était… Et c’était trop bien !!!

On ne présente plus le Hellfest ! Le célèbre festival de metal a réussi après plusieurs années à se faire un nom et à imposer sa notoriété. Le Hellfest, c’est six scènes :  les Main Stage 1 & 2 ( hard rock / thrash ), la Temple ( doom / pagan metal / black metal ), La Altar ( death metal / grind ), la Valley ( sludge / stoner ) et la Warzone( punk / HxC ). Mais c’est également des décors complètement fous inspirés de la culture métal ou d’univers à la Mad Max, une mini ville (le Hell City Square) rappelant le quartier punk de Londres, ainsi qu’un espace Vip, le Metal Corner, zone de transition entre le camping et le Hell City Square. Bref vous l’avez compris c’est trèèèèès grand et le tout est habité par une ambiance absolument géniale !

 

 

 

Jour 1

Après avoir ouvert l’accès au camping et au Hell City Square le jeudi 21 juin, le Hellfest ouvre enfin ses portes en grand en ce vendredi 22 juin, et une marée de furieux envahit les lieux en quelques minutes!

 

 

 

Dès 10h30 la Mainstage 2, la Atlar et la  Valley proposent des concerts pour le plus grand plaisir des premiers venus ! Le running order est donc lancé, ne laissant aucune interruption entre les six scènes ! Malemort investit la Mainstage 2 devant une jolie foule de metalleux et assure un concert avec une belle énergie pour commencer le Hellfest comme il se doit, en même temps que les groupes Drakwald et Fange se produisent sur la Altar et la Valley. Vous en voulez encore ? Si je vous dis Burning Heads, Crowbar et Svinkels, ça vous parle ?

 

 

 

On continue avec le groupe Celeste qui se produit à la Valley. Quoi de mieux  que du black metal aux sonorités planantes et lourdes pour digérer le repas, assis dans l’herbe à regarder et écouter au loin le groupe ? Côté War Zone on a pu assister à la belle performance de Seven Hate, groupe de punk rock français qui a régalé les fans du genre.

Le festival se poursuit sur Mysticum  sur qui nous tombons par hasard en traversant la Temple. Ce trio de guitaristes norvégiens jouent un black metal industriel violent et impressionnant. Surélevé sur des sortes de poteaux équipé d’écrans qui prolongent l’animation des trois autres écrans en fond, le groupe offre une mise en scène originale et impressionnante pour les yeux…. et les oreilles!

 

 

 

Les Main Stage prennent un tournant très rock avec l’arrivée de Joan Jett qui a joué des titres cultes comme Cherry Bomb ou Bad Reputation !

Et c’est au tour d’Europe d’entrer en scène sur le Main Stage 1. Il est 18h35, le public est bien dans le rythme du festival maintenant et accueille avec bonheur cette musique nostalgique. Le final que tout le monde attend arrive enfin, The Final Countdown, le tube d’Europe met la foule en délire !

L’un des groupes très attendu sur ce premier jour finit par arriver: Hollywood VampiresMené par Joe Perry, Alice Cooper et Johnny Depp, le groupe a enchaîné des reprises cultes comme Ace of Spade ou Another Brick in the Wall, avec une belle prestance scénique, pour le plus grand plaisir des fans qui attendaient de voir si l’acteur fétiche de Tim Burton était là juste en tant “qu’affiche publicitaire”. Et bien non ! En plus d’être un bon acteur, Depp à clairement l’étoffe du rockeur. Bref un groupe à voir en live !

Et que dire du grand final du premier jour avec le mythique groupe Judas Priest ! Ces légendes vivantes ont assuré un super live! De quoi bien terminer ce premier jour…

 

 

 

Pour les courageux qui n’étaient pas encore fatigués, il restait les derniers concerts de 1h à 2h, où l’on a pu donc voir le groupe de métal symphonique Therion, qui a offert une superbe performance, théâtrale et épique! Ou encore A Perfect Circle qui a offert une mise en scène sobre et élégante en plus d’un bon concert.

 

 

 

 

Jour 2

Apres un très bon premier jour, on enchaine sur une seconde journée qui va s’avérer riche en émotions avec les Main Stage qui proposent une programmation très rap metal ! Rise of the North Star, groupe de hardcore français fortement inspiré de la culture japonaise a offert un super concert à ses fans qui n’ont pas tardé à former un pit violent et complètement enragé. Les slams s’enchaînent, les morceaux aussi, et à la fin on en veut encore ! Again and again and again !!

 

 

 

Le super groupe Powerflo, mené par le rappeur Sen Dog de Cypress Hill, offre une performance complètement dingue. Ce rap metal nerveux déchaîne les furieux devant la Main Stage 2 et permet à ceux qui patientent devant la 1 d’attendre le très attendu Jonathan Davis qui offre son second concert solo en France et qui est attendu au quart de tour ! Un tres bon début pour son parcours solo ! Plutôt que de proposer du Korn (ce qui était craint), il est resté proche des sonorités et du chant qu’il adopte dans son groupe d’origine, on a même étonnamment retrouvé des sonorités très orientales. Il était par ailleurs accompagné par Ray Luzier le batteur de Korn depuis 2007 !

Le Hellfest bat son plein et se dirige vers “l’heure” où tout s’accélère… 20h et Body Count montent sur scène, faisant se déchaîner le public dès les premières notes ! Ils enchaînent les morceaux, entrecoupés par les petits speechs engagés du leader Ice T. Et cerise sur le gâteau, Sen Dog et le guitariste de Powerflo arrivent pour accompagner le dernier morceau !

C’est ensuite Deftones qui assure le relais. Le chanteur va même au contact direct de la foule pour faire chanter les gens. Sen Dog est de nouveau de retour sur scène pour le final sur une reprise de I Could Just Kill a Man ! Énorme. 

Et que dire de Limp Bizkit… juste dantesque, épique !!! Après un concert marquant en 2015, le groupe de neo metal a de nouveau frappé fort ! La setlist essentiellement composée de morceaux de l’excellent  album Chocolate Starfish and the Hot-Dog Flavored Water, a créé un déchaînement hystérique pendant une heure non stop. Après avoir enchaîné des titres comme Hot Dog ou Rollin’, Fred Durst leader, le chanteur du groupe, se moque gentiment du public en mentionnant le fait que quoi qu’il dise la foule hurlera. Il entamera d’ailleurs la marseillaise que le public reprend illico! Le groupe reprendra un bout de Smells Like Teen Spirit et également Killing In The Name, mais cette fois en entier et ce pour le plus grand plaisir du public. Fred Durst ira même au contact du public ainsi que le guitariste qui se fera happer par la foule où il continuera à jouer.

La Temple accueille à nouveau du metal symphonique pour clôturer la soirée, mais cette fois avec une touche un peu plus sombre, puisqu’il s’agit du groupe norvégien Dimmu Borgir….

 

 

 

 

Jour 3

Les concerts ont débuté comme chaque matin à 10h… Dur dur pour celles et ceux qui ont fait l’apéro et les derniers concerts de la veille ou le traditionnel combat de caddies du camping ! Shinedown débarque et commence très fort avec le titre Sound of Madness. Leur metal alternatif accrocheur donne une furieuse envie de danser et de scander les refrains. Le chanteur va même jusqu’à séparer la foule pour la traverser.

 

 

 

C’est In This Moment qui enchaîne. Le groupe prendra place dans un décor, composé de toiles aux symboles religieux apportant un petit côté « secte ». La chanteuse arrive sur scène telle une prêtresse, accompagnée de deux servantes masquées. Elle offre une prestation énorme, alternant entre des tenues toutes plus folles les unes que les autres. Arrive enfin le morceau Whore que tous les fans attendaient et qui clôture le show en beauté.

 

 

 

Zeal and Ardor investit la Valley. Ce groupe propose une musique unique, mélangeant negro spiritual, black metal et une pointe d’electro. Un concert envoutant qui vous prend aux tripes.

Arrive enfin Iron Maiden, le groupe le plus attendu de ce Hellfest 2018 ! Avec une mise en scène de dingue passant par des décors de guerre, d’Enfer ou encore de cathédrale, les six membres du groupe dégagent une alchimie unique et offrent un show de deux heures completement fou. Le chanteur Bruce Dickinson assure une performance juste monstrueuse, changeant de costume, jouant avec des lance-flammes où se battant à l’épée contre la mascotte du groupe. Bref six grands gamins heureux d’être présents au Hellfest devant des fans tout aussi heureux !

Après ce concert mémorable, les écrans géants diffusent une annonce bien particulière. Une grande première dans l’histoire du Hellfest puisqu’il s’agit de l’annonce des cinq premiers groupes confirmés pour le Hellfest 2019 : Mass Hystéria, Carcass, Dropkick Murphys, Slayer pour son dernier concert en France, et Manowar !

Juste après cette annonce surprise qui a mis le public dans tous ses états, c’est au tour de Marilyn Manson de monter sur la Main Stage 2. Il offre un spectacle provocateur et violent, faisant monter des festivalières à moitié nues sur scène pour danser autour de lui. Il partira sans un mot ou geste pour le public, qui lui fera comprendre son mécontentement…

Non, pas le temps de se reposer ! Les derniers concerts arrivent avec Nightwish, les délirants norvégiens de Turbonegro et Carpenter Brut sous la Temple ! Et quel concert que de celui de Carpenter Brut ! Ça pogote, ça slame et ça se trémousse comme dans les années 80 ! On aura même le droit à l’apparition du chanteur Mat McNerney pour l’excellent morceau Beware the Beast du dernier album (Juke Box n°25)! Comme d’habitude, Carpenter Brut clôture son concert sur sa reprise de Maniac que le public scande en sautant avec joie… Et qu’il continuera de chanter en quittant la scène quelques minutes après !

 

 

 

Cette 13 ème édition du Hellfest se termine donc, mais ce n’est pas pour autant que les festivaliers partent dormir ! C’est le dernier soir au camping et ils comptent bien fêter ça comme il se doit! Mais ce qui se passe au camping reste au camping. Vous l’aurez compris, il s’agit là d’une nouvelle très bonne édition du Hellfest, avec des concerts pour tous les goûts, de nouveaux décors et de nouvelles installations. Le Hellfest continue d’évoluer, de s’améliorer sans cesse pour proposer une expérience unique et incomparable, toujours à l’écoute des festivaliers. Et avec les cinq premiers noms alléchants de l’édition 2019… On a hâte d’y retourner! Malheureusement certains groupe mentionné n’ont pas étaient photographiés car nous n’avons pas eu accès au coin photographe sur tous et nous n’étions pas munis h24 de nos appareils, ils n’auraient probablement pas survécu. Allez, quelques photos d’ambiance pour terminer et se faire pardonner !

 

 

 

 

 

 Et voici pour ceux vraiment intéressés, l’audio (pas de très très bonne qualité, navré) et un petit résumé écrit de la conférence de presse de Ben Barbaud, créateur et directeur du Hellfest… Merci Monsieur !

 

À écouter avec des écouteurs ou un casque de préférence…

 

Résumé de la conférence de presse

Après une petite attente le créateur et directeur du Hellfest arrive sous les acclamations de la petite salle bondée de journalistes. Il entame alors un speech « d’intro », évoquant le temps favorable de cette année ! Ben Barbaud parle ensuite de la réussite de festival qui affiche complet depuis 4 ans et également du travail fourni par ses équipes qui sont toujours à l’écoute des festivaliers pour améliorer année après année le festival avec de nouvelles installations (pavage devant les scènes, structure d’eau…). L’association veut chaque année innover, trouver de nouvelles idées pour le décor et les installations du festival.

Un point souvent critiqué : le prix des places. Ben Barbaud explique que le prix des places ainsi que tous les bénéfices sont automatiquement investis dans l’édition suivante, permettant aux scénographes une liberté quasi illimitée dans leurs créations. Pour certains festivaliers, il ne s’agit pas d’une priorité et ils l’expriment à travers les réseaux sociaux. Ben Barbaud comprend ce point de vue. Mais le Hellfest souhaite proposer une expérience unique et pas uniquement à travers la musique.

Lorsqu’une journaliste demande pourquoi le Hellfest n’organise pas des événements durant l’année pour maintenir le festival d’actualité, le directeur répond que c’est envisagé et qu’un premier test a été lancé cette année. avec la tournée Warm Up dans plusieurs villes (qui a très bien marché). Une collaboration avec la ville de Nantes est envisagée pour l’année prochaine. Ces événements ne devrait pas pour autant délocaliser le festival, mais juste permettre de rendre l’esprit et l’ambiance accessibles à ceux qui ne peuvent y assister en juin, tout en maintenant le festival dans l’actualité.

Quand l’aspect financier revient sur la table, Ben Barbaud explique avoir conscience des tarifs du Hellfest, mais que pour continuer à offrir cette offre d’une multitude de groupes, parmi lesquelles d’énormes têtes d’affiches, l’association est forcée d’appliquer ces prix afin d’éviter un déficit et de pouvoir réinvestir dans l’année suivante. Il rappelle qu’ils n’ont pas pour but de générer du profit, mais de pouvoir investir pour une qualité de programmation l’année suivante sans sacrifier les installations et décorations.

Un journaliste enchaîne en demandant quels groupes ne sont jamais venus et que Ben Barbaud aimerait « inviter » sur le Hellfest. Ce dernier évoque le groupe Nine Inch Nails qu’il n’a pas réussi à convaincre de venir cette année. Il parle aussi du fait de devoir avant tout répondre aux attentes du public en programmant des groupes souhaités par les fans, tout en conservant cette mixité  propre au festival.

Une journaliste s’intéresse au fait de créér des espaces/activités/animations pour les enfants. Ben Barbaud explique son étonnement en ayant aperçu pas mal d’enfants, en se baladant dans le festival. Il apprécie l’accroissement de ce nouveau public, donc, pourquoi pas, si la superficie du festival le permet ! Cette année d’ailleurs un des partenaires a mis en place un système d’inscription pour permettre aux enfants de monter sur scène durant certains concerts !

La concurrence que représente le Download est évoqué par un journaliste. Ce festival se déroulant à Paris quelques jours avant, a en quelque sorte été reçu comme « une provocation ». Cependant Barbaud explique que le Hellfest désire rester ce qu’il est, une expérience à part pour le public, sans l’oeil vissé sur les bénéfices comme le font certaines organisations… Son association a pour volonté d’écouter les fans pour répondre pleinement à leur attentes, et pour Ben Barbaud, c’est la clé du succès du Hellfest.

Le sujet sur les groupes de pression qui ont essayé de faire annuler le Hellfest il y a quelques années ainsi que l’évocation des concerts annulés de Bertrand Cantat sont mis en avant. La personne qui a posé cette question souhaite savoir comment Ben Barbaud réagirait face à un problème similaire. Le créateur du Hellfest évoque premièrement l’absence totale de la musique metal dans les médias, qui ne permet pas de dédiaboliser le genre aux yeux du grand public. Il explique que les clissonais ont accepté le festival et ses occupants avec le temps en se rendant compte de la gentillesse de ses derniers. Pour un cas comme Cantat, Ben Barbaud estime que ce ne serait pas à lui de se poser comme censeur mais à l’artiste de choisir. Il explique également avoir invité certaines personnes non convaincues par le festival, pour leur montrer le vrai visage du Hellfest et ainsi casser les clichés.

Ben Barbaud clôture la conférence en expliquant que désormais l’annonce des groupes aurait lieu avant les ventes de septembre. En effet, depuis 4 ans, le Hellfest affiche complet à l’ouverture de la billeterie en septembre sans avoir annoncé le moindre groupe. Conscient de cette problématique, il souhaite désormais annoncer quelques noms à la fin des éditions futures, comme ce fut le cas cette année !

 

 

Photos et compte-rendus : Alexandre Vergne / Photos et vidéos : Maxime Lagerige

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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