« C’est pas parce que… », mais quand même !

Mardi soir, la scène de L’Empreinte a palpité, sous les lumières et dans l’obscurité aussi, avec la représentation de C’est parce qu’il y a un titre que ça change quelque chose  mise en scène par Lucie Gougat et Jean-Louis Baille, et jouée par La Compagnie des Indiscrets.

Cette pièce interroge la démarche artistique : quels sont les ressorts de la créativité ? Comment écrit-on ? Quelle est la part de l’inspiration dans l’écriture dramatique ? « Comment les idées viennent-elles ? » Le rythme et la matière du texte accrochent d’emblée les spectateurs. Mais, surtout, le jeu en finesse des comédiens, leur maîtrise et leur expressivité sont remarquables. Le théâtre mis en abyme, comme le dit un des protagonistes, ce n’est pas nouveau. Mais l’humour ici renouvelle le sujet et rend irrésistible la progression de l’intrigue. Une piste est lancée au départ : il faut « perfuser de l’imaginaire ». Entre répliques jargonneuses et exclamations familières (« on est mal ! ») qui ponctuent le discours, le public est immergé dans la démarche artistique et insensiblement se coule dans l’écriture onirique qui finit par conduire l’action. Cela n’est pas sans rappeler l’écriture automatique chère aux surréalistes. La scénographie toute en harmonie avec le texte est stupéfiante d’invention et d’audace. Une mention spéciale est à octroyer à la costumière, Salomé Gaboriau, et à l’accessoiriste, Nelly Casal, pour leur éclatante contribution : les costumes sont splendides et renforcent la poésie et le burlesque des situations. Un spectacle dense, donc, mais dont la durée, proportionnelle à son titre, nous fit regretter qu’il soit programmé en milieu de semaine, (après la journée de travail) : on aurait aimé être moins fatigué pour mieux tout apprécier et percevoir. Vigilance en berne, hélas, avant le bout des deux heures de représentation…

Swaz

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