Quand L’esprit Manu a submergé le théâtre de Tulle…

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Hier soir, à L’Empreinte de Tulle, il soufflait un fort vent d’émotion. Et nul besoin d’être tulliste pour être emporté par ce vent qui ramenait le passé au présent.

Pour cette création visant à saisir ce qu’était, à Tulle, l’esprit de la Manu , le trio Zadza s’est allié avec le vidéaste et réalisateur Pierrick Aubouin, devenant ainsi Zadza in Pictures. Et d’emblée, disons-le, ce spectacle est une réussite magnifique.

Pendant deux siècles, des armes ont été produites à Tulle et la ville a vécu au rythme de cette industrie. Les hommes et les femmes, ouvriers hautement qualifiés, ont été, comme l’acier qu’ils façonnaient, profondément marqués par leur travail, leur entreprise et les liens qui les unissaient entre eux. C’est cette mémoire ouvrière qu’a traduite en musique Nicolas Granelet, pianiste inspiré. A ses côtés, Alban Guyonnet, aux commandes des percussions, et Dominique Bénété, à la basse, ont contribué à nous immerger dans cette ambiance qui appartient déjà à l’Histoire.

Scénographie et musique ne font qu’un. Et cette cohérence, harmonieuse, peut paraître paradoxale quand on songe que ce sont des armes qui étaient produites là. D’ailleurs sons et images n’édulcorent pas cette violence d’arrière plan. Les machines-outils, la puissance des pistons, le rude apprentissage auxquels étaient soumis les apprentis, puis ensuite la lente déliquescence de la MAT, s’introduisent dans les projections et dans le déploiement musical difficile à classer (jazz, musique contemporaine, des chœurs et des accents mélodiques ) riche comme les événements de la vie.

L’inventivité dont ont fait preuve ces artistes est un très bel hommage aux travailleurs de la Manu. Rien de passéiste dans cette création mais un soupçon de nostalgie dans ce « projet qui a beaucoup de sens » comme l’a rappelé la directrice du théâtre, en introduction.

Swaz

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