Arts et essais ! N°44

Catalogues d’expositions au menu de cet « arts et essais » : rencontres de la photographie d’Arles qui fête ses 50 ans d’existence, Lynne Cohen exposée au Pavillon Populaire de Montpellier, Salvador Dali au Grimadi Forum de Monaco, les chefs-d’oeuvre du Guggenheim exposés à l’Hôtel Caumont d’Aix en Provence, Jean Dubuffet au Mucem à Marseille et Nikola Zaric à Arles ! Si vous êtes en vacances dans les parages, n’hésitez pas à aller y jeter un œil ou deux ! Et si vous orniez vos murs de superbes reproductions de toiles de maître ? Grâce à la collection « Accrochage », vous n’aurez que l’embarras du choix ! Pour terminer, je vous invite à découvrir l’oeuvre de Berthe Morisot en 15 questions pertinentes, à explorer les multiples déclinaisons du jazz rock… Et à faire un édifiant petit tour en prison, dans les arcanes de la médiation culturelle « intra muros » ! Bonne fin d’été à toutes et à tous… Et bonnes lectures !!!

Les rencontres de la photographie d’Arles fêtent cette année les 50 ans de leur existence… 50 ans de regards sur le monde, d’hier à aujourd’hui, mais aussi les yeux résolument tournés vers l’avenir, à la recherche de nouveaux talents. Comme chaque année, les éditions Actes Sud couvrent l’évènement en nous proposant leur catalogue sur ce précieux festival dédié à l’art de la photographie. Et celui de 2019 est une vraie splendeur ! Au fil des quatre grands chapitres (« Mon corps est une arme », « A la lisière », « Habiter » et « Construire l’image »), on découvre les œuvres des nombreux artistes présentés cette année (accompagnées de leurs biographies) et ce sont des centaines de photographies qui défilent au fil des pages pour nous dévoiler une multitude d’univers, tout autour du monde ! Vous trouverez également de nombreux dossiers sur cette dernière édition (portfolios de l’ensemble des expositions, talents de demain, invités, institutions et lieux associés de la programmation des rencontres, coups de cœur hors programme, liste des commissaires des expositions…). Mais bien sûr, pour célébrer en beauté ce cinquantenaire, une large partie de ce très beau livre est également consacrée à l’histoire du festival, illustrée de nombreuses photographies, en autant de témoignages sur la richesse de cet évènement ! Les rencontres d’Arles se terminent le 22 Septembre et vous pouvez encore visiter jusqu’à cette date les nombreuses expositions qui y sont présentées (« Rhône » de Camille Moirenc aux caves du Méjean et librairie Actes Sud, « Un toit, un travail, une terre » de Lionel Astruc et Erick Bonnier, et  » Zaric : corps à corps » dont quelques sculptures sont exposées devant la chapelle Saint-Martin du Méjean et dans la vitrine de la librairie Actes Sud… (vous trouverez ma chronique sur le catalogue d’exposition un peu plus bas dans cette rubrique !). Actes Sud vous propose également quelques ouvrages dont la plupart ne sortiront qu’à l’automne (« Humanité végétale » de Mario Del Curto « Imaginaria » de Vik Muniz et « Variétés : revue d’avant-garde » qui sortiront en Octobre prochain, et « Femmes à l’œuvre, femmes à l’épreuve » d’Eve Arnold, Abigail Heyman et Susan Meiselas qui sortira quant à lui en Septembre). En attendant, remplissez-vous bien les yeux de ce superbe ouvrage, qui nous laisse une formidable trace de cet évènement incontournable !

Arles 2019 : les rencontres de la photographie (collectif), Actes Sud, 2019 / 47€

Ce très beau catalogue de l’exposition en cours au Pavillon Populaire de Montpellier (visible jusqu’au 22 Septembre), nous offre l’occasion de découvrir l’œuvre singulière, à la beauté froide et vertigineuse, de la photographe canadienne Lynne Cohen. Pionnière de la photographie conceptuelle, celle-ci a appliqué dans son travail d’enquête photographique le principe de la recherche expérimentale en « double aveugle » (où ni le chercheur ni le sujet traité ne savent si le traitement donné contient un principe actif ou un simple placebo.). En fixant des décors construits par et pour l’homme, destinés à un usage précis (intérieurs d’appartements, salles de sport, stands de tir, usines, bureaux…), mais dénués de toute présence humaine, elle nous interroge sur la place de l’individu dans notre société contemporaine. Par cette absence d’humanité, le monde qu’elle expose à notre regard, étrange et familier à la fois, provoque chez celui qui  le contemple un sentiment de malaise mêlé de curiosité… Qui se cache derrière ces mystérieux décors ? Intérieurs « kitchs » inquiétants où des animaux empaillés servent de morbides décorations, murs et espaces vides, lieux collectifs déserts, salles de laboratoire un brin flippantes, bureaux au design glaçant… Rien de rassurant et de chaleureux, juste du fonctionnel froid et sans âme… Le reflet du monde actuel ? Toute latitude est laissée à chacun pour se faire une opinion sur la nature et l’histoire des espaces singuliers qu’elle a photographiés, avec un indéniable talent… En plus de la centaine de photographies (prises entre 1970 et 2012), vous trouverez dans ce magnifique ouvrage, l’analyse de l’œuvre de Lynne Cohen par Marc Donnadieu (conservateur du musée de l’Élysée à Lausanne) et une courte biographie sur cette belle artiste, hélas décédée en 2014. On ne peut rester indifférent devant l’œuvre de Lynne Cohen : son exploration et ses recherches expérimentales ont marqué l’art de photographier de la plus fascinante manière qui soit…

Lynne Cohen : double aveugle (1970-2012) par Marc Donnadieu, Hazan, 2019 / 24,95€

Pour le trentième anniversaire de la mort de Dali et le centenaire de sa première exposition, une exceptionnelle rétrospective lui est consacrée au Grimaldi forum de Monaco (jusqu’au 8 Septembre). L’ouvrage que je vous propose aujourd’hui en est le catalogue, particulièrement exhaustif : en plus d’une centaine d’œuvres représentatives de la diversité de son travail (peintures et dessins provenant pour la plupart de la fondation Gala-Salvador Dali de Figueres et du musée national Reina Sofia de Madrid), il vous propose de découvrir le parcours artistique incroyable de cet artiste majeur de l’histoire de l’art du XXème siècle, de 1910 à 1983. Vous y découvrirez grâce à l’analyse de spécialistes de l’histoire de l’art, les différentes étapes de création de Dali qui a marqué de son empreinte les principaux mouvements picturaux, entre tradition et innovation (impressionnisme, cubisme, métaphysique, abstraction et classicisme inspiré par les œuvres de la Renaissance). En une dizaine de chapitres (tous traduits en anglais en fin de volume) illustrés de ses œuvres et de nombreuses photographies, ce formidable catalogue vous permettra d’explorer sur toutes ses facettes « l’histoire de la peinture » de ce génie au talent incommensurable. Un ouvrage qui comblera ses nombreux admirateurs !

Dali : une histoire de la peinture (sous la direction de Montse Aguer), Hazan, 2019 / 30€

L’hôtel de Caumont à Aix en Provence accueille jusqu’au 29 Septembre prochain les œuvres de la collection Thannhauser léguées dans les années 60 à la fondation Solomon R. Guggenheim de New-York. Une exposition exceptionnelle, puisque ces chefs-d’œuvre sont présentés pour la première fois en Europe ! Si vous ne pouvez aller les admirer sur place, le catalogue d’exposition que je vous propose aujourd’hui vous permettra d’apprécier l’évènement à sa juste valeur, car vous y trouverez en plus des reproductions de ces splendeurs, une mine d’informations sur les Thannhauser qui ont très largement contribué à diffuser l’art moderne européen, et ce depuis le 19ème siècle, avec la création de leur « Moderne Galerie » de Munich où ils exposèrent les artistes d’avant-garde allemands, mais aussi les impressionnistes et postimpressionistes… Ils organisèrent même la première grande rétrospective sur Picasso… En 1913 ! Au fil des pages de ce catalogue, vous découvrirez donc l’histoire de cette incroyable famille (illustrée de multiples photographies et de documents d’archives), en même temps que la richesse de leurs collections, en sept chapitres dûment commentés par Megan Fontanella (conservatrice du Solomon R.Guggenheim muséum de New-York). Illustré des superbes reproductions de ces peintures et sculptures d’artistes majeurs (Oppenheimer, Van Gogh, Franz Marc,  Douanier Rousseau, Manet, Matisse, Monet, Cézanne, Picasso, Renoir, Degas, Seurat, Gauguin, Maillol, Braque, Picabia, Derain, Juan Gris, Kandinsky, Delaunay, Klee, Toulouse-Lautrec) exposées à l’Hôtel Caumont, ce superbe catalogue nous offre le témoignage exceptionnel d’un évènement qui ne l’est pas moins !

Chefs d’œuvre du Guggenheim : de Manet à Picasso, la collection Thannhauser par Megan Fontanella, Hazan, 2019 / 29€

Encore un nouveau titre de cette collection « en 15 questions » que j’affectionne particulièrement pour son aspect vulgarisateur et la qualité de ses illustrations ! Cette fois-ci, nous sommes conviés à découvrir Berthe Morisot qui, si elle fut reconnue sur le tard comme étant la première impressionniste, a longtemps vu son statut de peintre considéré comme un passe-temps de grande bourgeoise désœuvrée qui savait s’entourer d’artistes majeurs de son époque… Muse de Manet, amie de Degas, Monet, Renoir et Mallarmé, il est vrai que Berthe Morisot était fort bien entourée et à très bonne école ! Tout au long de cet ouvrage, ponctué de superbes reproductions de ses œuvres, vous allez découvrir la vie privée et artistique de cette grande artiste grâce aux précieuses réponses de Marianne Mathieu aux 15 questions que vous pouvez vous poser à son sujet. Une femme peut-elle devenir peintre ? Oui, et Berthe Morisot en est la preuve à une époque où l’école des beaux-arts était fermée aux femmes (jusqu’à la fin du 19ème siècle !). Je vous laisse découvrir les autres questions / réponses où vous trouverez une mine d’informations la concernant ! Ah ! Et si vous êtes sur Paris, allez faire un tour au musée d’Orsay : l’œuvre de Berthe y est exposée jusqu’au 22 Septembre !

Berthe Morisot en 15 questions par Marianne Mathieu, Hazan, 2019 / 15,95€

Dubuffet décrivait les musées comme des « organismes de propagande » et rejetait « l’action stérilisante de ces pompes culturelles »… Mais s’il s’est violemment opposé aux normes culturelles en vigueur, c’est lui, ironie du sort, qui a donné toutes ses lettres de noblesse et son statut artistique à l’art populaire, qui désormais grâce  à lui, s’expose dans le monde entier… Dans les musées ! Le MUCEM à Marseille lui rend hommage (sans rancune !) jusqu’au 2 Septembre prochain. Cette exposition qui entremêle sa production artistique (peinture, écriture…) aux recherches qu’il a consacrées à l’art brut en empruntant les voies de l’anthropologie, de l’ethnologie, des traditions populaires et de la psychiatrie, est retranscrite à merveille dans le catalogue que je vous propose aujourd’hui de découvrir. Au cours des neuf chapitres, vous explorerez l’œuvre et la démarche de « cet homme du commun » à travers des analyses minutieuses et passionnantes sur son œuvre et sa démarche, accompagnées de nombreuses photographies, de documents d’archives et bien sûr de reproductions de ses œuvres, mais aussi de celles d’autres artistes, dont des anonymes. Une bibliographie sélective complète cet ouvrage exhaustif sur cet « art obscur » désormais dans la lumière grâce à Dubuffet… Passionnant !

Jean Dubuffet : un barbare en Europe par Baptiste Brun et Isabelle Marquette, Hazan, 2019 / 35€

Cette toute nouvelle collection « Accrochage » vous propose de décorer votre intérieur avec de superbes œuvres d’art, de tous styles picturaux et de toutes époques. Chaque ouvrage contient 21 œuvres détachables (dans un joli format et dans une excellente qualité de papier !) que vous n’aurez plus qu’à encadrer pour orner vos murs de beauté, sans vous lasser, car vous n’aurez que l’embarras du choix pour les changer au gré de vos envies ou d’éventuels changements de décoration dans votre maison ! Chacun d’entre eux vous propose une thématique différente avec des reproductions d’œuvres d’artistes plus ou moins célèbres : « Lumières de la ville » (florilège d’œuvres inspirées par la lumière artificielle ou naturelle), « Bestiaire » (illustrations naturalistes), «Au grand air » (paysages dans des techniques picturales variées), et « Dans les nuages » (la représentation du nuage dans l’histoire de l’art). Au verso de chaque reproduction, vous trouverez un texte explicatif sur l’oeuvre présentée et une mini biographie sur son auteur. Et pour conclure, on vous donne tout un tas de conseils pour vos accrochages ! Si vous n’allez pas au musée, le musée viendra à vous avec cette belle collection qui transformera votre appartement ou votre maison en galerie d’art ! Deux nouveaux titres sortiront prochainement : « Herbier » et « Rêve d’enfant ». Une bien belle idée, non ?

Lumières de la ville / Bestiaire /Au grand air / Dans les nuages : 21 reproductions, Flammarion, 2019 / 14,90€ le livre

Homme ou animal ? Tous deux se mélangent subtilement dans l’œuvre de Nikola Zaric… Ses sculptures en ciment, terre cuite ou bronze, troublantes de vérité, nous envoient une vision poétique et onirique du monde, non dénuée d’humour : homlièvre, taurhom femlionne, rhinomobile, golden girl, barbilapin, yespig… Chacun de ses personnages sculptés dans des attitudes furieusement humaines, contemplatifs et inertes, semblent animés de vie et de sérénité… Comme captés dans leur quotidien et pétrifiés par une main bienveillante qui les aurait fixés pour l’éternité. Trop tôt disparu à l’âge de 56 ans, Zaric nous a légué une œuvre éternelle et intemporelle, merveilleusement évoquée dans ce très bel ouvrage, au milieu de nombreuses reproductions de ses œuvres, par Erri de Luca, Pierre Starobinski, Michel Thévoz, David Bosc et Claude Reichler qui nous confient « leur » Zaric, avec autant d’admiration pour son travail que de tendresse pour l’homme. Un ouvrage magnifique… Et en ce qui me concerne une bouleversante découverte que je vous invite vivement à partager ! Vous pouvez encore admirer quelques-unes des sculptures de cet artiste d’exception à la Chapelle Saint-Martin du Méjean et dans la vitrine de la librairie Actes Sud Arles jusqu’au 22 Septembre…

Zaric : corps à corps (collectif), Actes Sud, 2019 / 39€

Une soif d’amour, de liberté et de fraternité, exacerbée bien souvent par l’usage de stupéfiants qui leur ouvraient grandes ouvertes les portes de la perception, chères à Huxley : la génération « Peace & love » de la fin des années 60, avide de changements, prônait sa contestation, entre autres, par la musique. Loin de toute convention, les courants musicaux, dans un véritable chaudron bouillonnant, ont alors donné lieu à des fusions expérimentales hallucinantes qui continuent à nous fasciner aujourd’hui. Jazz rock, soul jazz, funk rock, jazz et rock latino, jazz rock psychédélique, jazz rock et flamenco, jazz rock et tango… Toutes ses combinaisons ont vu le jour dans une explosion des genres d’une créativité jamais égalée depuis ! C’est à la genèse de cette période musicale bénie des dieux que Marc Alvarado nous convie à travers cet ouvrage où il nous offre un panorama complet du climat artistique mais aussi social et politique de cette vague qui a tout submergé sur son remarquable passage. Présentation des groupes et œuvres phares, analyse chronologique scrupuleuse des années 60 (le changement en marche, l’élaboration des mélanges, les festivals…), aux années 70 (l’explosion des mélanges, les iconoclastes patentés, les mélanges « exotiques » en Europe et en Amérique du Sud…), bibliographie, filmographie, sites Web répertoriés… Rien ne semble avoir été oublié dans ce voyage au cœur du meilleur de la musique de ces années magiques, malgré l’incroyable richesse de la matière à explorer ! Vous retrouverez dans ce bel ouvrage tous les artistes qui vous ont fait planer, rêver et danser … Et qui continuent sans l’ombre d’un doute à éblouir plusieurs générations depuis (déjà…) 50 ans !

Jazz Rock : esprits libres et fusion des genres par Marc Alvarado, Le Mot et le Reste, 2019 / 23€

Musique, théâtre, écriture… Mettre en place une vraie pratique culturelle en direction d’un public qui, le plus souvent issu de milieux défavorisés, n’y a jamais eu accès… Prouver que cette action a un sens, tant auprès des autorités qu’auprès des principaux intéressés… Cette mission, qu’il a remplie avec une remarquable humanité pendant plus de 10 ans, fut celle de Patrick Rigolet au sein d’un établissement pénitentiaire, en Bourgogne. Et c’est le formidable témoignage de cette expérience qu’il nous livre de manière vivante et brute, sous forme de conversations avec Bruno Poissonnier, écrivain, animateur d’ateliers d’écriture dans le même établissement, et auteur de ce livre fort, servi par sa toujours remarquable écriture fluide et précise. Chemin de vie, parfois chemin de croix pour faire tourner la machine, malgré les nombreux aléas afférents au contexte si particulier… La pêche aux subventions qui se révèle toujours un vrai casse-tête… Organiser un concert dans un gymnase à l’acoustique déplorable… Faire sortir « en ville » des détenu(e)s pour donner une représentation théâtrale longuement travaillée… Les blessures, les moments de découragement, les coups de gueule, inévitables en vase clos… Pour sortir. Hors des murs, de soi-même, s’évader pour un moment de grâce, s’étonner, s’émerveiller en donnant le meilleur de soi, partager ses émotions. Être, pour un moment, autre chose qu’un taulard, mais un être humain qui un jour, se retrouvera dehors, un peu plus fort de la richesse de ces expériences. On ressort de la lecture de ce livre instruit de la réalité de la « zonzon », on y oublie bien vite ses préjugés sous la force des portraits sans fard dessinés par les auteurs sous la lumière du réel et de la vérité. Et surtout, on en sort convaincu, si besoin était, du pouvoir rédempteur de la culture, de sa nécessité pour s’ouvrir au monde et à sa beauté, pour y puiser ses forces. « La culture est la solution pour réparer les blessures »… Et leurs acteurs, par leur foi et leur détermination, donnent une chance à tous ceux qui ont mal tourné, de reprendre la bonne direction, en devenant de mauvais sujets repentis… Cet essai, qui se lit comme un roman, nous offre un témoignage lumineux sur la nécessité de faire entrer partout la culture, sous toutes ses formes, y compris et surtout là où pour beaucoup, elle n’a pas sa place. Un livre aussi édifiant que nécessaire !

Sortir : des lumières en prison de Bruno Poissonnier et Patrick Rigolet, Éditions Sciences Humaines, 2019 / 15€

Christine Le Garrec

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *