• zinzinule,, je te suis • 4 •

Prendre le temps, l’étreindre : regarder pousser les plantes, verser dans l’introspection ou dans de longues conversations… ne rien faire, et apprécier. Profiter de cette pause pour renouveler le regard que l’on se porte dans le miroir, sans celui des autres sur soi. Voici en quelques mots le contenu de mes dernières lectures & journées.

Prendre le temps

@Actes Sud

Azzedine Alaïa fut connu pour la coupe de ses robes et sa position radicale face au tumulte de la mode : souverain de son temps et du rythme de ses créations, il se mit en marge du calendrier des défilés. Justesse plutôt que frénésie, décantation des idées plutôt que productivisme creux. Cette philosophie laissa le temps à une vie de travail et de rencontres, qu’il nous offre à titre posthume.

13 conversations rassemblent ici les amis d’Azzedine Alaïa autour de sa table de cuisine. A l’instigation du créateur ou de Donatien Grau, des artistes partagent leurs réflexions et expériences autour de l’accélération du temps, la modernité et la création.
Sans frontière de génération ou discipline, actrice, architectes, designers, peintres, écrivains et philosophe questionnent leurs œuvres et la poésie de l’instant.

Il est ici question du temps qui passe, de ses rythmes, de ce qu’on en fait, de comment il nous tord.

De la permanence et de la mémoire, des vies qui filent et s’emmêlent, des objets & images qui s’amoncellent à la surface des jours.

13 conversations comme autant de pauses à prendre pour tisser le présent autrement.

Prendre le temps, par Donatien Grau en association avec Azzedine Alaïa, Actes Sud, 2020 / 25€

Notre corps, nous-mêmes

@Hors d’atteinte

“Écrit par des femmes, pour les femmes”

Je vous présente ici la réédition d’un manuel féministe de référence paru pour la première fois en 1973 aux États-Unis, traduit en Français en 1977, et aujourd’hui réactualisé par un nouveau collectif.

A l’origine de cet ouvrage, des militantes déterminées à faire de la libération sexuelle de 1968 une réalité féminine. Leur arme ? Le savoir, théorique mais surtout empirique. Palliant aux lacunes de nos enseignements et éducations, elles puisent dans d’innombrables témoignages pour étayer des connaissances médicales et scientifiques sur le fonctionnement de nos corps. Recueillis au sein de groupes de paroles et lors d’entretiens, ces mots communiquent une réalité féminine multiple grâce aux voix de centaines de femmes, majoritairement cisgenres mais également transgenres.

Les pages nous relient à des vies, à des âges différents, nous ancrent dans une histoire collective.

Les articles limpides décryptent les différents temps et choix de nos vies : puberté, sexualités, contraception, avortement, accouchement, ménopause, en expliquant les mécanismes somatiques à l’œuvre. Un cahier anatomique et de nombreuses photos appuient ces propos, invitant à une connaissance pratique de nos corps.

Ce livre traite aussi de notre place et stature politique en société : les héritages complexes que nos corps charrient, des luttes passées et en cours contre les ingérences subies.

C’est un manuel d’émancipation, un éveil politique à la conscience de corps et de genre. 

En rationalisant et posant les mots justes sur ce que nous ressentons, les neuf autrices de cette édition dessinent des fenêtres à notre curiosité, des espaces pour notre intimité. Elles nous invitent à une introspection plus lucide, indulgente, via un regard moins jugeur et plus politisé.

Un livre à garder toute sa vie, à annoter, compléter, prêter, offrir, transmettre, pour qu’il continue de guider des générations. 

Notre corps, nous-mêmes, par le collectif NCNM, Hors d’Atteinte, 2020 / 24,50€

Des arbres dans la ville – L’urbanisme végétal

@actes sud

Cet ouvrage fait suite à la parution de L’Urbanisme végétal, en 1993, dont la vocation était déjà d’éduquer à des pratiques urbanistiques plus raisonnées concernant le patrimoine végétal. 

Dans cette nouvelle édition, Caroline Mollie recentre son propos sur les arbres, vivants compagnons dont la légitimité en ville n’est plus à débattre tant leurs bienfaits, physiques et psychologiques, sont nombreux (régulation de la température, ombrage, poésie de leur présence…). Néanmoins, et c’est là la motivation de l’autrice, les conditions de bon développement nécessaires à leur croissance et épanouissement dans l’espace contraint de nos cités ne leur sont pas accordées. La précipitation des agendas politiques, le temps des projets architecturaux n’est pas celui des racines.

Il est ici question de précision : quelle place, quel sol accorder aux arbres ? Comment réintégrer la dimension vivante de nos paysages urbains et leurs laisser une autonomie ? Comment protéger le patrimoine arboricole et aménager nos villes dans un contexte climatique inquiétant ?

Adressé aux citoyens comme aux professionnels, ce livre propose différentes typologies et stratégies de végétalisation puisées dans l’histoire des jardins et de la composition urbaine française. Précisément illustré par des photos, coupes et plans, il offre les clés d’une compréhension plus vaste et précise.

Des arbres dans la ville, l’urbanisme végétal, par Caroline Mollie, Actes Sud, 2020 / 36€

Nush

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