Welcome in Tziganie sous une Pluie de Talents !

Au diable la flambée du prix du foin. Le programme du Welcome in Tziganie 2026 est trop alléchant cette année pour rater la fête.

J’attelle Jolly Dokker à la roulotte et nous voilà partis avec Catherine et James sur les routes du Gers, plus loin que Lectoure et Auch, en direction de Seissan capitale tzigane en cette fin avril radieuse.

Car cette année, la seule pluie que nous aurons, est une pluie de talents !

Trotte trotte ma jument… (redite…)

On démarre par un vendredi placé sous le signe de la virtuosité, avec en ouverture Kema Baliardo, petit fils du géant Manitas de Plata.

Si le grand-père avait des mains d’argent, Kema les a en or…

Des doigts dont il tire des sons divinement cristallins aux six cordes de sa guitare.

Presque trop beau pour cette Rumba Flamenca qu’il récite à une vitesse inouïe…

Une bonne mise en jambe, avant d’aller tirer une bière sur les accords festifs de la fanfare TziSlav Orkestar noyée dans la foule…

Virtuoses aussi, les violons des Yeux Noirs dont le groupe légendaire se reforme spécialement pour la Tziganie.

Le Klezmer savamment endiablé a le don d’électriser la foule.

Et quand les guests Sébastien Giniaux à la guitare et Norig de sa voix unique rejoignent le band, le merveilleux vire au sublime.

Puis ce sont les virtuoses de la tchatche qui se pointent…

Dix ans déjà que le Soviet Suprem prône sans relâche et sur tous les fronts, la Révolution du Dancefloor

Et le message finit par passer. La moindre apparition des membres directeurs du Comité Central provoque l’immédiate liesse du Peuple Rouge !

John Lénine et Sylvester Staline en meeting c’est toujours un évènement !

En intro du show, j’aurai bien vu le Komunhistoirdamour du dernier manifeste, tant le groupe exalte nos sentiments.

Mais le Soviet est là pour faire le bilan de cette décennie et il relate les étapes de cette fantastique épopée.

Pris dans le trash de la frénésie populaire, je ne saurai dire exactement ce qui s’est joué là…

Je sais qu’on a dansé, on a chanté, on a ri, à gauche aussi, et à gauche encore…

On a braillé contre les fachos et l’on a fait la Soviet Suprem Party !

De quoi se charger d’optimisme, avant d’affronter un futur qui s’annonce plus brun que Rouge

Spassiba Camarades !

Nous rejoignons nos pénates sur les premières notes acidulées du set du Dj slovène Haris Pilton, dont la contrepèterie du nom fait glousser l’ami James un peu défait…

Au lit !

Samedi, nous arrivons un peu tard pour profiter pleinement du set d’Aurore Voilqué et le Balkan Ladies Connexion.

Un sextet féminin qui allie grâce et dynamisme.

La suite sera beaucoup plus chargée en testostérone…

Romano Drom, tout d’abord, venu nous faire respirer l’air tout à coup plus sain de la jolie Hongrie…

C’est parti pour un set à l’intensité soutenue.

La musique nous entraîne dans une sorte de Rumba balkanisée, guidés par une guitare inspirée dont le chant est relancé par des claquements de langues et des onomatopées, sous le regard complice du trio basse-batterie-percus qui propulse la chose…

Le combo est rejoint par le génial violon de Roby Lakatos qui vient ajouter sa touche paprika, s’il en manquait !…

Un petit tour aux stands pour le ravitaillement, la tarte lardons poireaux est pas dégueu ce soir…

Nous déambulons à travers le site gavé de monde, où chacun cherche son boire, son manger, où s’asseoir, où danser.

L’on y croise myriade de visages bariolés et des gitanes aux yeux bleus, entre les jongles lumineux et les fanfares en transhumance…

Ce qui fait (Kiffer !) qu’on a un peu loupé le Elvis Bajramovic Orkestar, triple trompette d’or au festival de Guca, c’est dire si ça dépote.

Après les cordes, les cuivres, mais toujours des pointures !

Je ne vais pas vous mentir, je suis surtout là ce samedi pour Balkan Taksim et c’est juste ce qui se pointe sur le coup de minuit…

J’avais dit en chroniquant leur bien nommé Acide Balkanique que s’ils se produisaient au Welcome in Tziganie je viendrais même à pied…

Et je suis là, grâce à Jolly Dokker qui m’a économisé les pattes !

Le duo démarre assez cool, sur des nappes évanescentes du maître des machines Alin Zabrauteanu et une cornemuse en peau de chèvre pour Sasa-Liviu Stoianovici, l’instrumentiste au regard charismatique…

Juste le temps de lasser le public chauffé à blanc par le Brass Band d’Elvis B. et un beat de plomb nous prend aux tripes et ne nous lâchera plus pendant une heure et demie.

La cornemuse est vite remplacée par un saz électrique.

Un truc de malade !

Et quand le gars se lâche c’est comme si Jimi Hendrix était ressuscité et vivait à Bucarest !

Les titres d’Acide Balkanique à la puissance dix, confirmeront sur scène l’excellence de cet album…

Bonne pioche Pascal !

Dimanche…

Mihai Pirvan and friends.

Premier concert pour ce transfuge d’Ibrahim Maalouf

Le jeune saxophoniste tout ému donne avec ses amis un set bricolé plein de fraicheur et de sincérité.

Welcome to BricoBalkan !

Mais tout le monde s’en flou, on est là pour Goran Bregovic !

Et ça, c’est la magnifique cerise sur le gros gâteau du festival !

Quelques années que je n’ai pas revu le bonhomme aux costards blancs.

Et je suis aux anges !

Ce soir c’est la formule « Mariages et Enterrements », des cuivres et des chœurs pour écouter l’original de la base du répertoire de nos fanfares !

Youri !

Deux heures d’un show ou Goran fait swinguer son Wedding & Funeral Orchestra comme une machine de guerre.

Ici pas de soliste intempestif, le virtuose c’est le compositeur et son génie du recyclage de la tradition.

On va au cinéma…

Le Temps des Gitans, Arizona Dream, Underground, l’ombre de Kusturika plane au-dessus du chapiteau !

On visite les anciens tubes et l’on croise les nouveaux tout beaux !

Ouzo and Banana !

Alors bien sûr on ne retrouve pas toute la finesse des compos originales, mais le truc est fait pour en découdre, et ici le public ne demande que ça !

Kalashnikov !

Ça saute dans tout les sens, ça trashe un max et tout à mon bonheur, je me donne à fond…

Tant pis pour les photos…

On n’attend pas Dj Click que je connais par cœur…

Ces trois jours m’ont fracassé, c’est plus de mon âge…

C’est quand qu’on remet ça ?

Le RASCAL (Photos : Le Rascal (les flous), La Catherine (les belles…)