Juke Box N°16

Nous voilà déjà à la fin août… Dur, dur la rentrée ! Pour l’adoucir, je vous propose  d’écouter et de découvrir ces quatre superbes formations musicales. Bonne reprise et bon courage à toutes et à tous !

 

 

Oui, il est possible de faire de la très bonne musique avec une clarinette basse, un saxophone baryton, un tuba, une basse électrique et une batterie sur des poésies de Griselda Drouet !  Moger, nous l’avait démontré avec la sortie de leur premier album « Time Will Defeat » sorti en 2015. Ce quintet basé à Rostrenen en Centre Bretagne, fait partie de la compagnie des Musiques Têtues, association qui a pour vocation la création et l’accompagnement de groupes, la diffusion de spectacles ainsi que la production de disques. Pour ce nouveau projet, ils remettent le couvercle sur la marmite avec cinq compositions tirées du précédent opus, sous la direction de Mael OUDIN et de dix musiciens supplémentaires… Le Moger Orchestra est né ! Son brut entre courants pop-rock, thèmes traditionnels, chorus de jazz et compos puissantes, Moger affirme sa volonté d’abolir les frontières musicales dans un raz de marée sonore au souffle cuivré, orchestré de manière à sublimer des poèmes mystérieux et aventureux. Un courant musical subjuguant et fascinant, sur lequel on se laisse irrésistiblement porter pour finalement s’échouer au pied du grand Moger (mur en breton).

 

Moger OrchestraMusiques Têtues / 2017 (pour se procurer l’EP, allez faire un tour sur leur site !)

 

 

Le Moïse Jamaïcain est de retour avec sa modestie, sa spiritualité et l’humanisme qui caractérisent si bien sa musique. Poing levé, regard intense et profond… c’est ainsi que Pablo Moses apparait sur la pochette de son nouvel album « The Itinuation ».  On l’attendait avec impatience, le Pableto, car depuis  » Natty Will Fly Again (2014) et sa collaboration avec Roydel Johnson et Winston Jarrett, on n’avait pas eu grand chose à se mettre sous l’oreille ! Pour ce onze titres, il s’est entouré d’une belle brochette de bons musiciens: Nambo Robinson, Dean Fraser (cuivres), Robbie Lyn (claviers), Harry T Powell (tambour), Desi Jones (batterie), Danny Axeman Thompson (basse), Dalton Browne (guitare), sans oublier Harrison Stafford (Groundation)… La classe ! Pablo Moses repart donc au combat et condamne la violence, la corruption du système, le racisme et les guerres menées au nom du capitalisme, prêchant la droiture, la tolérance et la résistance pour faire bonne mesure…  Face à ce monde en crise, son cri d’alarme, propulsé par son groove-reggae varié où trône l’amour, l’égalité des droits et la justice pour tous, nous rappelle une nouvelle fois que nous ne sommes pas des moutons et qu’il est temps d’arrêter d’obéir aux modes et aux diktats. A bon entendeur… Bien sur! Coproduction (Moses/Stafford) magistrale, enregistré à Kingston au studio Mixing Lab, « The Itinuation » est sorti le 16 juin dernier.

« The Itinuation », Pablo Moses, Baco Records,  2017, CD : 12,99€, Vinyl : 19,99€

 

 

Cinq ogives dotées d’un bon gros son bien rock, aux textes aiguisés et tranchants, prêtes à vous péter aux oreilles… voilà ce que contient « 1.3.1.2 » le nouvel EP de Nadejda ! N’ayez crainte, ce n’est pas mortel mais… Bel et bien explosif ! Cette formation, originaire de Lyon, a vu le jour en 2011 et n’a cessé depuis de construire pas à pas son p’tit bonhomme de chemin. Les rockeurs à la gouaille sans artifice : Jonathan Martin (Guitare et chant), Rémi Matrat (Saxophone), Corentin Gourong (Batterie et chœurs), Hugues Vierne (Basse), nous proposent avec ce dernier EP un détonnant décompte en cinq titres d’où transpire un regard lucide et révolté. Des compos, baignant dans un univers rock, qui ne manquent pas au passage de marquer les esprits par leur énergie d’où s’envolent des rythmiques et mélodies qui ne cessent de vouloir en découdre avec la médiocrité, la bêtise et l’injustice, voilà la formule de « 1.3.1.2. » ! Des textes en français (ça devient rare !) et un sax baryton attisant les braises de son souffle rageur donnent à cet ensemble une originalité des plus remarquables. Alors, avant que les étoiles ne finissent par s’éteindre, procurez-vous cette bombe rock’n’roll et éclatez-vous bien  !

 

« 1.3.1.2 », Nadejda, Auto production, 2017 /CD : 6€ en vente sur leur site

 

 

The High Reeds, combo lyonnais aux racines africaines, corses et caribéennes surfe sur un groove Jamaïcain coloré de soul roots & blues. Rien que ça ! Deux fois nominé aux victoires du reggae pour « See the river » (révélation de l’année 2013) et « Sound of life » (album de l’année 2015), le quatuor Chant/guitare/percussions (Christophe Rigaud, Basse/chant : Yao Kan, Batterie/percussions : Djô Toussaint, Claviers : Djédi Alibar), vient une nouvelle fois transcender les  barrières et les genres avec « Brother Jones », leur dernier EP six titres, sorti le 2 juin dernier. Une alchimie unique, originale et authentique qui dévoile des mélodies métissées portées par des textes conscients pour faire passer leur message de façon intègre et sincère. Une inspiration commune forgée entre tradition et modernité, un univers à la fois méditatif et dansant, The high reeds amène une nouvelle vibration musicale aux sonorités profondes, épurée et universelle, une invitation à la danse et au partage.

 

« Brother Jones », The high reeds, Blue Mountain, 2017, CD : 5,99€

 

Bruno Robert

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