Papiers à bulles ! N°27

Et voici une sélection de bonnes BD à savourer à l’ombre, volets clos et ventilateurs à fond, dans cet été caniculaire ! Humour absurde et décalé au programme avec pour commencer trois méthodes barges pour arrêter de fumer, de grossir, ou de perdre vos cheveux… Où la fin justifie les moyens ! L’ enquête loufoque menée par Le Poulpe et Castor Burma au sein d’un zoo où les animaux subissent d’étranges mutations va ensuite, sans l’ombre d’un doute, vous dérider les zygomatiques avec ses dialogues truculents à souhait ! Quant à l’amour fou totalement vache de Willem pour Macron, il met à mal l’adage selon lequel qui aime bien châtie bien…  Je vous propose ensuite la réédition d’un roman graphique qui a révolutionné le monde de la BD à la fin des années 70 : avec « Ici même », signé par le talentueux et inventif duo Forest / Tardi, le non sens se dispute à une poésie pure, avec une originalité ébouriffante ! Triangle amoureux sur fond de recherche obsessionnelle de la santé, enfin, avec « presque maintenant » qui dépeint un monde futuriste qui se rapproche dangereusement de la réalité… Pour finir, trois « docu BD » de belle qualité : les « vacances au Bled » de trois jeunes franco-algériens en quête d’identité, le glaçant et terrible « Wannsee » qui relate la conférence qui a scellé en moins de deux heures le sort de millions de juifs, et une biographie dessinée en hommage à Simone Veil qui relate les moments forts de son existence, de son enfance à sa déportation jusqu’au vote de sa loi sur la dépénalisation  de l’IVG qu’elle a porté au succès avec un courage et une pugnacité admirables dans un climat particulièrement odieux de haine et de diffamation…  Bonnes lectures à toutes et à tous ! Et restez au frais, hein !!!

 

 

 

Marre de la cigarette qui pue, qui tue ? Vous avez tenté patchs, cigarette électronique, hypnose, acupuncture, de faire preuve de volonté, en vain… Impossible de vous priver de ce plaisir dangereux qui vous coûte le prix d’une semaine de location au bord de la mer chaque mois ! Tadam ! Pierre-Louis Barge vient à votre secours avec sa méthode du même nom ! Bon, aucune garantie de résultat quant à l’arrêt de la clope, mais vous aurez au moins gagné un pur moment de bonheur de lecture avec cet ouvrage où humour absurde penche avec délectation du côté des surréalistes ! Alors, docteur Barge, quels sont vos conseils judicieux ? C’est tout simple : fumez des cigarettes vides ultra light, marchez sur les mains, ne fumez seulement que devant les panneaux d’interdiction de fumer.. Vous finirez par vous lasser ! Dernier recours ? Faites un gosse ! La culpabilité d’attenter à la santé de votre nain ajoutée aux regards haineux des hygiénistes de tous poils vous couperont toute envie d’en griller une !

70 méthodes barges pour arrêter de fumer par Pierre-Louis Barge, FLBLB, 2018 / 9,99€

 

Si  le docteur Barge a réussi à vous faire arrêter de fumer, vous aurez bien besoin des conseils d’Alexandre Géraudie pour arrêter de grossir ! Mais là encore, pas de méthode miracle, mais du subversif, du brutal, du radical, du politiquement incorrect ! Tout d’abord, commencez par grossir (votre régime n’en sera que plus spectaculaire). Une fois obèse, privilégiez la marche à pied (sur les mains ou en sautillant sans jamais plier les genoux) en faisant mille détours pour faire vos courses (prendre l’escalator à rebours est également une bonne option). Vous préférez le vélo ? Qu’à cela ne tienne ! Dans ce cas, fixez une grosse brique sur chaque pédale ou faites (encore mieux) du covéolage en prenant sur votre porte bagage un gros (ou une grosse). Voyons maintenant vos habitudes alimentaires… Vous mangez trop ? Fixez vos couverts sous le coude ou mangez en faisant le poirier les yeux bandés, vous appréhenderez ensuite avec une angoisse légitime la prise de vos repas ! Rien ne fonctionne ? Abandonnez toute hygiène et tombez malade, ça fait maigrir ! Autre solution : ne soignez plus vos dents et ne les brossez plus… Quand elles seront toutes tombées, vous ne pourrez plus manger grand chose ! Alors, on dit merci qui ? Merci Alexandre !

70 méthodes barges pour arrêter de grossir par Alexandre Géraudie, FLBLB, 2018 / 9,99€

 

Après l’addiction au tabac et le fléau du surpoids brillamment étudiés par ses deux éminents confrères, c’est au combat inéluctable contre la chute des cheveux, source de complexes et de désespoir, que Guillaume Heurtault vous convie avec une parfaite mauvaise foi et un humour aussi décapant que farfelu. Alors, avant d’acheter une moumoute, trop souvent ridicule, prenez donc le temps de découvrir ses trucs et astuces ! Il les décline en quatre chapitres évocateurs : comprendre le cheveu, le soigner, le retenir, le remplacer. Après un tour d’horizon de la santé et de l’anatomie capillaire, passons donc aux soins face au froid, au vent, aux pluies radioactives et autres fléaux, car il y a toujours une solution pour soigner vos cheveux, qu’ils soient bruns ou blonds. Par contre, s’ils sont crépus, ils le resteront irrémédiablement (désolée !). Malgré tous vos efforts, vos cheveux continuent à se faire la malle ? Faites des nœuds ou clouez les ! Vous êtes déjà chauve ? Fouillez bien dans la maison afin de capturer vos cheveux morts et collez les sur votre crâne ou enduisez le de goudron avant d’y coller des plumes de poule (il existe tout un nuancier de couleurs… A vous de choisir !). Voici quelques astuces au milieu de bien d’autres que je vous laisse le soin de découvrir par vous-mêmes !  Totalement barré et jouissif !

70 méthodes barges pour arrêter de perdre ses cheveux par Guillaume Heurtault, FLBLB, 2018 / 9,99€

 

 

 

 

Loutres épics, oursins polaires, chat poney, huître constrictor, araconda, manchot pieuvre (ne manque que le phacomochère au tableau !) : d’étranges mutations se multiplient depuis plusieurs mois au cœur du zoo autogéré du Chanoine… Oryctérope, son éminent directeur, commence sérieusement à flipper depuis qu’une première victime, le serpent pie thon, vient d’être retrouvé raide mort ! Comme un emmerdement n’arrive jamais seul, le malheureux doit en plus faire face à une révolte sociale au sein du personnel, à un obscur trafic de « shit » (au sens premier du terme : comprenez fumier, caca, bouse, crotte, fiente, merde, quoi !), à la flambée des prix de l’eucalyptus et aux exactions d’un mystérieux graffeur qui orne les murs du zoo chaque nuit sans que les gorilles vigiles n’arrivent à le choper ! Nom d’un scarabée ! Le zoo a-t-il été construit sur un ancien cimetière bison ? Sinon, qui est responsable de ces affreuses manipulations au goût douteux ? Le docteur Moreau, le vétérinaire de l’établissement ? Mais quel serait son mobile ??? Oryctérope n’a d’autre choix que celui d’embaucher Castor Burma et le Poulpe, comptant sur le flegme et le puissant esprit de déduction du premier et sur la légendaire perspicacité du second pour résoudre une bonne fois pour toute cette épineuse enquête (surtout pour les loutres épics… OK, je sors !)…  Avec ses dialogues hilarants dosés d’un soupçon de fantasy, d’une bonne louche d’humour absurde à la « Monty Python » et pimentés de références littéraires et cinématographiques, le scénario de Frédéric Bagères tire toutes les ficelles d’un bon polar à la Conan Doyle, version déjantée sous acide ! Quant aux animaux de son zoo épique, qu’ils aient subi ou non des mutations, ils ont pour leur malheur tous les travers de notre soi disant humanité, en moins bêtes et en moins méchants ! Les dessins de Marie Voyelle (mis en couleurs par Jérôme Alvarez), sont en parfaite adéquation avec le propos de cette irrésistible BD : vous pourrez d’ailleurs découvrir en fin de volume ses esquisses sur les hybrides improbables sortis de sa fertile imagination… J’adoooore !!!

Panique au zoo : une enquête de Poulpe et Castor Burma par Frédéric Bagères et Marie Voyelle, Delcourt, 2018 / 23,95€

 

 

 

 

Une simple rencontre à la bibliothèque universitaire marque le début d’une belle amitié entre Anna, musicienne, et Alexis, étudiant en lettres qui rêve de devenir écrivain. Celui-ci présente tout naturellement sa jeune amie à son colocataire, Félix, étudiant en biotechnologie, et le trio devient très vite inséparable. Progressivement, la pureté de leur amitié pour la jeune femme se teinte de sentiments amoureux qu’Alexis et Félix se sont pourtant promis de réfréner pour ne pas bousculer ce fragile équilibre et le plaisir que tous les trois ont à se fréquenter… Qui va craquer le premier ? Ce sera Félix qui finira par conquérir le cœur de la belle Anna, au grand désespoir d’Alexis qui partira s’exiler en Russie pour poursuivre ses études, pendant que le jeune couple s’installera dans une vie commune… Les années passent. Félix, dans son laboratoire, participe à la recherche sur une molécule qui va révolutionner le monde médical : grâce à cette nouvelle technologie, en avalant une simple pilule, chacun pourra connaître en temps réel son espérance de vie et ainsi supprimer tout ce qui pourrait être néfaste à sa santé, en contrôlant la moindre alerte grâce à son Smartphone…  Félix, dont le père est décédé depuis peu d’un cancer, devient complètement dépendant de cette pilule, son obsession de la maladie et sa peur de la mort prennent de plus en plus de place dans sa vie et dans celle d’Anna, qu’il oblige à suivre cette dictature hygiéniste qui régente désormais leur vie… Le couple est au bord de la rupture quand Alexis, qui vient tout juste de sortir son premier roman, revient en France… Cyril Bonin signe avec cette BD un mélo flamboyant à la « Jules et Jim », retraçant avec justesse les sentiments de ce trio amoureux déchiré entre amour et amitié, y instillant avec finesse une réflexion profonde sur le combat vieux comme le monde et toujours perdu d’avance sur la jeunesse éternelle. Si son propos est futuriste, il se rapproche néanmoins de notre réalité et le titre  de « Presque maintenant » a été judicieusement choisi ! Quant au dessin, expressif et élégant, il est servi par une palette qui oscille entre tons pastels et flashy ( très psychédélique !) qui apporte une force visuelle incomparable au sujet. En un mot ? Une réussite !!!

Presque maintenant de Cyril Bonin, Futuropolis, 2018 / 17€

 

 

 

 

Happy birthday, Mister President ! Pas sûr que le bilan de la première année de « l’ère Macron », croqué par le talentueux et corrosif Willem, soit du goût du principal intéressé ! Il faut dire qu’il lui taille un costard sur mesure, bien loin de ceux confectionnés pour sa majesté par les plus grands couturiers ! Willem n’a pas fait que traquer les erreurs politiques de « l’homme en marche », il a cerné, au plus près et à la pointe de son crayon, la personnalité du chef de l’état, élu par dépit, qui brille par sa morgue et son mépris sur « le petit peuple ». Arrogant et arriviste, parachuté du monde de la finance aux plus hautes sphères de l’état, cet illusionniste illuminé, président des riches et jouet du Medef, s’en prend plein la couronne sous le trait acéré de notre caricaturiste ! La classe politique dans son ensemble, de droite comme de gauche, n’est pas épargnée pour autant et Juppé, Fillon, Le Pen, Wauquiez, Hollande, Mélanchon  et consorts se font également vitrioler avec un bel enthousiasme, tout comme les maîtres du monde de la politique internationale, Poutine et Trump en tête ! Crise des migrants et repli identitaire, politique sécuritaire, crises sociales, conflit syrien, rien n’a échappé à la sagacité de Willem qui nous offre à travers ce recueil un  « worst of » exhaustif d’une année 2017 qui ne laissera pas que des bons souvenirs, loin s’en faut… Vaut mieux en rire qu’en pleurer, non ?

Macron, l’amour fou par Willem, Les Requins Marteaux, 2018 / 15€

 

 

 

 

Férouze, Nesrine et Sélim, tous trois français d’origine algérienne, partent cet été au bled. Si pour certains, ce sera l’occasion de faire la fête entre amis, pour d’autres, comme Férouze, ce séjour s’apparente davantage à une quête sur leurs origines. Ce retour aux sources, sur bien des points, va s’avérer difficile pour ces trois jeunes gens qui ont partout du mal à trouver leur place : trop algériens en France, ils se retrouvent bien trop français au goût des algériens… Jennifer Bidet, sociologue qui a consacré sa thèse aux migrations économiques et familiales entre l’Algérie et la France, nous offre, à travers ce « sociorama », le portrait des difficultés identitaires de ces jeunes gens face au décalage culturel entre deux modes de vie diamétralement opposés, confrontés aux traditions et pressions familiales qu’ils subissent de part et d’autre… Avec tendresse et humour, « vacances au bled » retranscrit avec une belle simplicité ce choc des cultures et des mentalités, épaulé par le dessin en noir et blanc tout en finesse de Singeon. Quand la sociologie rencontre la BD, le résultat est étonnant et carrément probant ! Bien vu !!!

Vacances au Bled par Singeon et Jennifer Bidet, Casterman, 2018 / 12€

 

 

 

 

Arthur Même, aristocrate de naissance, a été dépossédé de ses terres familiales du domaine de Mornemont qui fut, dans un passé fort fort lointain, une « cité état » indépendante. De tous ses biens, il ne lui reste aujourd’hui que la jouissance des murs d’enceinte de ce « pays clos » labyrinthique… Et justement ! Puisque les murs lui appartiennent et que lui seul détient les clefs de toutes les grilles du domaine, Arthur a imposé à tous les usurpateurs autoproclamés propriétaires de s’acquitter d’un droit de péage pour entrer ou sortir de chez eux ! Grâce à cette taxe, Arthur peut ainsi financer les frais du procès en cours qui devrait le réhabiliter dans tous ses droits et lui permettre de chasser en toute justice ces intrus… Bon, c’est bien beau tout ça… Mais cet octroi oblige tout de même le malheureux monarque déchu à cavaler tel un funambule sur ses précieux murs dès qu’on le sonne, avec de surcroît  la peur au ventre de se faire déchiqueter par les molosses de ses ennemis, prêts à en découdre s’il avait le malheur de faire un faux pas ! Vous vous imaginez bien qu’immergé dans pareil milieu hostile, Arthur a peu d’occasions d’avoir une vie sociale et celle-ci se résume en effet à de brèves conversations avec le propriétaire du « bateau épicerie » (seul contact vers l’extérieur, le domaine étant situé au pied d’un lac), et aux palabres téléphoniques journaliers avec sa défunte mère, dans sa minuscule maison qui ressemble davantage à une guérite perchée sur un mirador… Aussi, quand il aperçoit la belle Julie, exhibitionniste et nymphomane, rôder autour de ses murs, des horizons nouveaux et jusque là insoupçonnés s’ouvrent dans l’esprit solitaire de notre Janus haut perché… Paru sous la forme d’épisodes dans le magazine bien nommé « A suivre… » en 1978, puis édité l’année suivante chez Casterman, cet original et  déroutant roman graphique, qui oscille allègrement et de manière tout à fait jubilatoire dans des univers tour à tour ubuesques ou kafkaïens, a obtenu le prix du meilleur scénario au festival d’Angoulême en 1980. Esprits cartésiens et étriqués, abstenez-vous ! Car sans nul doute, vous allez vous perdre dans ce scénario sublimement absurde et décalé aux dialogues surréalistes que nous avait concocté avec jubilation le regretté Jean-Claude Forest (le papa de la célèbre et sexy Barbarella), servi par le dessin poétique, lunaire et élégant de Tardi (qu’on ne présente plus !). Quant aux autres, rêveurs de tous poils qui cultivez le sens de l’humour, vous allez bien sûr craquer à la lecture de cette histoire abracadabrantesque des plus savoureuse ! Forest nous mettait en garde en préface de ce petit bijou qui tient de l’ovni littéraire : « n’y voyez aucune idéologie ni aucun sens caché, mais les fruits d’une imagination guidée par le hasard et le goût de l’absurde et du non sens… » A (re)découvrir de toute urgence et à savourer… immodérément !

Ici même de Jacques Tardi et Jean-Claude Forest, Casterman, 2018 / 25€

 

 

 

 

20 Janvier 1942, une villa luxueuse près de Berlin. Quinze hommes, hauts fonctionnaires du Reich et de la SS, se réunissent dans le plus grand secret à la demande d’Eichmann, pour une conférence placée sous la présidence d’Heydrich. En moins de deux heures, ces hommes vont mettre au point de façon pragmatique, sans le moindre état d’âme et dans un unique souci d’efficacité, la mise en place de « la solution finale » qui coûtera la vie à des millions de juifs… Fabrice le Hénanff signe avec « Wannsee » un huis clos glaçant et réaliste où il expose les faits tels qu’ils se sont déroulés, avec un détachement qui renforce la dureté du sujet, mettant avec talent le lecteur face à cette horreur absolue… A partir des compte-rendus de cette sinistre conférence où les rares réticences de fonctionnaires pointilleux furent bien vite étouffées face à des officiers ivres d’ambition malsaine, il nous offre un témoignage historique de grande classe qui retrace l’ambiance sulfureuse de cette réunion abjecte où le mal absolu fut banalisé avec une froideur inimaginable. Son dessin, réalisé à partir de photographies d’époque, d’une beauté saisissante, ne fait que renforcer le sentiment de malaise qui monte crescendo face à ces hommes qui pour la plupart, n’ont même jamais été jugés… Un album à lire en famille pour ne jamais oublier que le pire est toujours envisageable…

Wannsee de Fabrice Le Hénanff, Casterman, 2018 / 18€

 

 

 

 

Inhumée auprès de son mari le 1er Juillet dernier au Panthéon, Simone Veil, femme de conviction et de courage, est également mise à l’honneur à travers cette biographie dessinée qui s’attache à dépeindre les moments forts de sa vie, de son enfance à Nice à sa déportation (dont ses parents et son frère ne reviendront pas…) jusqu’au déroulement du vote de sa loi pour légaliser l’IVG pour laquelle elle s’est battue avec acharnement au cœur d’ une assemblée nationale à forte domination masculine où elle a subi de la part de ses confrères des attaques d’une bassesse insupportable… Les femmes lui doivent beaucoup ! Elle n’a jamais flanché malgré l’hostilité ambiante (une foule de « pro vie » faisait le pied de grue devant l’assemblée pour l’injurier, certains la traitant même, un comble, de nazie…), et de celle d’une grande partie de son groupe parlementaire, ne pouvant guère que compter sur le soutien de la gauche pour faire passer cette loi qui a sauvé la vie de bien des femmes, contraintes d’avorter dans des conditions infâmes où beaucoup perdaient la vie… Pascal Bresson lui rend un vibrant hommage à travers ce récit où il déroule son destin exceptionnel, avec pudeur et respect. Quant à Hervé Duphot, d’un trait aussi puissant que réaliste et par une mise en couleurs judicieuse où chaque époque est représentée par une couleur différente ( le jaune solaire d’une enfance heureuse, le vert espoir pour la force de ses convictions, le bleu pour son acharnement à faire valoir le droit des femmes à disposer de leur corps, et enfin le triste gris du drame de la déportation…. ), il apporte une dimension émotionnelle qui ne fait qu’accroître chez le lecteur un sentiment d’empathie et d’admiration pour cette femme d’exception… Une BD émouvante pour une femme qui ne l’était pas moins, droite dans sa dignité et courageuse face à l’adversité… Merci, Madame.

Simone Veil l’immortelle de Pascal Bresson et Hervé Duphot, Marabout, 2018 / 17,95€

 

Christine Le Garrec

 

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