Arts et essais ! N°41

Je vous propose aujourd’hui dans cet « Arts et essais » spécial musique, deux ouvrages particulièrement exhaustifs sur le rock sudiste et le blues, des biographies édifiantes sur Nico, Janis Joplin et les Beatles et des BD documentaires sur Nick Cave, Johnny Cash, Bob Marley et Jacques Brel… Que ce soit dans le rock, le blues, la pop, le folk, la country, le reggae ou la chanson française, ces noms et ces styles musicaux ont marqué de leur empreinte l’histoire de la musique ! Bonnes lectures à toutes et à tous… Et bonne écoute, car nul doute que vous n’aurez plus qu’une seule envie… Les réécouter !!!

Arnaud Choutet n’a pas fait les choses à moitié… « Rock sudiste » est une véritable encyclopédie qui aborde toutes les facettes de ce genre musical, de sa naissance dans le Sud des États-Unis jusqu’à son expansion un peu partout dans le monde… Le dernier chapitre est même consacré aux perspectives et aux nouveaux styles de cette musique aux multiples ramifications ! Voyons tout d’abord ses origines : après la guerre de Sécession et l’abolition de l’esclavage, le Sud des USA a été le théâtre de la ségrégation raciale qui perdurera jusqu’à la fin des années 50. Cet apartheid social a également touché le monde de la musique, la country étant l’apanage des blancs, le blues et le rythm and blues celui des noirs… Jusqu’à ce que de jeunes blancs issus des classes populaires, séduits par la musique des noirs (à l’image des groupes anglais de l’époque qui reprennent les titres des pionniers noirs américains dans des versions plus pop), se retrouvent dans le rock’n’roll … Le blues devient alors populaire auprès des publics blancs, il s’électrise (Johnny Winter, Canned Heat…) avant que la Soul et le Funk fassent leur entrée en scène avec, entre autres, Aretha Franklin, Otis Redding ou James Brown… Sous la bannière « Southern rock », le rock sudiste, métissage des musiques blanches et noires connaîtra un fort développement dans les années 70, notamment avec les groupes californiens (Manassas, Creedence Clearwater revival, Grateful Dead…). Dans les années 80, il se fragmentera vers le hard rock, le pop rock FM et la country… Arnaud Choutet, après cet exhaustif panorama de l’histoire du rock sudiste, consacre son deuxième chapitre à ceux qui lui ont donné ses lettres de noblesse, dont les plus connus sont les Allman Brothers, Johnny Van Zant Band, Lynyrd Skynyrd ou ZZ Top (une vingtaine de groupes au total, dont la plupart m’étaient jusqu’alors totalement inconnus…). Pour chacun d’entre eux, un texte très complet présente leur histoire, leur parcours et leur discographie. Le troisième chapitre est quant à lui consacré aux groupes plus confidentiels de l’âge d’or du rock sudiste, état par état (du Sud des USA), et le suivant sur son exportation en Europe, notamment en France (Bill Deraime, Benoît Blue Boy, Jean-Jacques Milteau, Patrick Verbeke, Paul Personne…). Cet ouvrage qui dessine la richesse de ce genre musical qui dépasse de loin les frontières du Sud américain est aussi complet que passionnant !

Rock sudiste : when the south rose again d’Arnaud Choutet, Le Mot et le Reste, 2019 / 23€

Le blues, né de l’esclavage des noirs dans le sud-est des USA dans la seconde moitié du 19ème siècle, s’est développé avec l’arrivée des nouvelles technologies d’enregistrement et de diffusion de la musique au début du 20ème siècle. Philippe Thieyre, grand passionné de blues devant l’éternel, nous relate dans cet ouvrage extrêmement bien documenté, ses origines, ses grands courants et les artistes qui en ont fait sa renommée, présentant pour chacun des artistes retenus, sa biographie (courte mais exhaustive !), son album emblématique (uniquement des vinyles) et la reproduction de sa pochette, ainsi que l’année où il a été édité et la maison de disques qui l’a diffusé. Il retrace cette épopée musicale en cinq grands chapitres, commençant par le « pré-War blues » (country blues et jazz blues), né dans les champs, qui s’est développé sur les routes et dans les villes au début des années 20 dans le delta du Mississipi. Un blues itinérant étroitement lié au jazz dont les figures les plus emblématiques sont certainement Big Bill Bronzy, Lightinin’Hopkins, Robert Johnson, Memphis Slim, Bessie Smith ou Sonny Boy Williamson (une vingtaine d’artistes au total vous est présenté). Le second chapitre est consacré aux années 40 (shouters, combos et rythm’n blues) où le blues devenu citadin se produit de Los Angelès à New-York, de la Nouvelle Orléans à Chicago, donnant naissance au Jump blues qui puise ses racines dans le swing et le jazz dont l’union engendrera le Rythm’n blues et le rock. Il nous présente ainsi 14 artistes dont Ray Charles, Billie Holiday, Big Joe Turner ou T.Bone Walker. C’est ensuite au blues urbain et électrique (Chicago, West Coast, Texas…) qu’il nous convie, avec la naissance du blues moderne dont les dignes représentants sont Luther Allison, George Coleman, Buddy Guy, John Lee Hooker, BB King, Nina Simone, Hound Dog Taylor et bien d’autres encore, puisqu’il nous présente pas moins d’une soixantaine d’artistes ! Il nous convie ensuite à un panorama du « British blues » qui a incité bon nombre de musiciens venant des scènes rock, folk et jazz à s’y convertir, comme the Animals, Fleetwood Mac, Rory Gallagher, John Mayall ou Ten Years after (14 artistes présentés). Enfin, le dernier chapitre nous offre une sélection d’artistes dont les productions sont parues au cours de ces quarante dernières années, comme les Allman Brothers, Canned Heat, Ry Cooder, Jimi Hendrix, Stevie Ray Vaughan, ZZ top ou encore les Blues Brothers ! Les plus mordus trouveront en annexe de ce bel ouvrage une bibliographie pour se documenter encore davantage… Mais avec le fabuleux travail qu’a réalisé Philippe Thieyre, vous n’en n’aurez sans doute nul besoin ! A sa lecture, préparez-vous à ressentir une irrépressible envie d’écouter ou de réécouter les chefs d’œuvre de cette musique qui vient de là, qui vient du blues !!!

Parcours blues en 150 albums de Philippe Thieyre, Le Mot et le Reste, 2018 / 23€

Les Beatles incarnent la musique pop des années 60 de la manière la plus éloquente qui soit : leur énergie communicative et leur puissance créative (« une tempête électrique et pétillante »), mirent indéniablement le feu aux poudres à la musique de l’époque. Ces autodidactes qui refusaient toute structuration académique dans leur musique ont chacun apporté leur propre style à l’édifice, donnant à l’ensemble une production aussi riche qu’imprévisible… Leur sens de la mélodie et de l’harmonie continue encore aujourd’hui de faire l’unanimité ! De la rencontre entre Lennon et Mac Cartney en 1957 au sein des « Quarry Men », jusqu’à leur séparation et leur « reformation » de courte durée quelques années plus tard, Ian MacDonald analyse brillamment l’oeuvre des Beatles mais également le contexte politique et artistique de l’époque jusqu’à la fin des années 90, nous offrant une passionnante et longue histoire de la musique à travers une étude sociologique parfaitement argumentée. En quatre chapitres (« En route vers le sommet », « Au sommet », « Redescendre », « Retour sur le passé »), il décrypte ensuite chronologiquement 241 chansons, des premiers enregistrements amateurs de 1957 aux deux chansons de la « reformation » en 1994, nous narrant leur histoire, parsemée de passionnantes anecdotes extrêmement documentées qui nous immergent totalement dans l’univers des « Quatre garçons dans le vent ». De « My Bonnie » enregistré à Hambourg en Juin 1961 à « Girl » enregistrée en 1965 au mythique studio d’Abbey Road (qui deviendra leur « maison »), on assiste à leur ascension vers le succès, de « Tomorow nevers knows » (1966) à la reprise de « Sgt Pepper’s lonely hearts band » (1967), au sommet de leur popularité, de « Magical Mystery tour » (1967) à « I me mine » (70), à leur séparation… L’ouvrage se conclut sur les deux chansons enregistrées quelques années plus tard, « Free as a bird » et « Real love », alors que tous menaient chacun de leur côté une carrière solo. Vous trouverez également une bibliographie, une discographie et les reproductions en couleurs de la totalité de leurs pochettes de disques dans cet ouvrage aussi exhaustif qu’érudit à s’offrir… Ou à offrir de toute urgence aux fans de ces musiciens d’exception au répertoire intemporel ! Captivant !

Revolution in the head : les enregistrements des Beatles et les sixties par Ian MacDonald, Le Mot et le Reste, 2010 /24,90€

Nico, après une carrière de mannequin, fut la chanteuse culte du Velvet Underground. Égérie d’Andy Warhol (qui l’imposa au Velvet…), elle fut une figure incontournable de la scène underground, dans la musique mais aussi au cinéma où elle fit des passages remarqués dans les films expérimentaux de Warhol et de Paul Morrissey, et surtout dans ceux de Philippe Garrel, qui fut son compagnon. Elle eût même un rôle dans « La dolce Vita » de Fellini… Mais elle fit également une belle carrière musicale en solo jusqu’à ce que, accro à l’héroïne, elle quitte les États-Unis en 1982 pour Manchester, paradis des junkies… C’est là qu’elle rencontrera Alan Wise, « Dr Démétrius », qui la persuadera de relancer sa carrière, alors en stand-by. Commence alors une tournée chaotique qui l’emmènera, elle et son groupe, dans le monde entier pendant six ans… James Young, auteur de cette biographie, fut un des musiciens qui l’accompagna durant cette période. Sous la forme d’un road-trip halluciné, qu’il agrémente d’un humour décapant, il nous livre à travers cet ouvrage une multitude d’anecdotes sur Nico, sur ses excès et sa désespérance, entremêlées de ses souvenirs de cette tournée déjantée. Cet ouvrage culte, qui se lit comme un roman, rend un hommage classieux, tendre et émouvant sur les derniers feux de cette icône inclassable à la voix profonde et sombre qu’il présente comme « merveilleuse et exaspérante, source d’inspiration et de frustrations, belle et monstrueuse, artiste au talent unique… et vraie feignasse ». A découvrir absolument !

Nico the end de James Young, Séguier, 2018 /21€

On ne pourrait rêver meilleure biographie que celle de Jeanne-Martine Vacher qui nous retranscrit à travers cet ouvrage exhaustif la vie et l’œuvre de Janis Joplin, icône fantasque et talentueuse des années « Hippie ». Au fil des lignes de ce gros « pavé », elle nous dévoile avec un sens de la perfection et du détail ses multiples facettes, assemblées et restituées dans un puzzle émouvant et passionné, nous révélant en parallèle cette fabuleuse époque de la « beat generation » que Janis, mieux que quiconque, a incarnée… Ce qui fait la force de cet ouvrage, c’est la démarche de son auteur qui a entrepris en 1995 un voyage aux USA sur les traces de son idole : de Denver à Hollywood en passant par Port-Arthur, Austin, San Francisco et New-York, Jeanne-Martine est allée sur les lieux où l’inoubliable interprète de « Piece of my heart » ou de « Summertime » a vécu, rencontrant sa famille, ses amis, ses amours et ceux qui ont travaillé à ses côtés, pour recueillir leurs précieux témoignages… Derrière l’épaule de Jeanne-Martine, on ouvre les tiroirs de son intimité, dévoilée avec pudeur et nostalgie par ses proches, on entend ses éclats de rire légendaires et le cliquetis de ses innombrables bijoux, on revoit ses tenues extravagantes, ses sourires radieux et ses yeux pétillants à peine voilés derrière ses sempiternelles lunettes rondes, on revit les grands évènements et les combats de l’époque dans lesquels elle était farouchement engagée, des droits civiques au féminisme, contre la guerre du Vietnam et pour les droits des LGBT, on entend sa voix inimitable, on assiste à ses fabuleux concerts, de ses débuts dans les bars enfumés jusqu’aux grandes scènes de l’Albert Hall, d’Avalon, de Monterey et du mythique Woodstock, on imagine sa descente aux enfers à coup d’alcool et d’amphétamines qui ont fini par avoir raison de son énergie et de son appétit de vivre… Sous la jolie plume de Jeanne-Martine, Janis revient à la vie : celle que l’on fait interminablement tourner sur nos platines nous devient familière et on comprend à travers ceux qui l’ont connue, ses fêlures et ses contradictions… Jeanne-Martine Vacher, dans sa préface, cite un texte de Kerouac qui, comme elle le souligne, ferait une parfaite épitaphe pour Janis : « Les seuls êtres intéressants sont pour moi les déments, ceux qui sont assez dingues pour vivre, illuminés quand ils parlent, déjantés pour ne pas sombrer, désireux de tout en même temps, ceux qui jamais ne baillent… Et qui brûlent, brûlent, brûlent, comme les fabuleuses chandelles romaines qui explosent à travers les étoiles… » Une surdose d’héroïne dans la chambre105 d’un hôtel a mis un point final à sa vie terrestre, mais nul doute que la voix intemporelle de Janis fera toujours chanter les anges et vibrer ceux qui l’ont aimée et l’écoutent toujours, inlassablement… Bouleversant.

Sur la route de Janis Joplin de Jeanne-Martine Vacher, Le Mot et le Reste, 2018 /30€

C’est à une plongée en eaux troubles dans l’univers schizophrénique de Nick Cave que Reinhard Kleist nous convie à travers ce voyage dessiné qui nous immerge au cœur de son œuvre, sombre et désespérée. Dans un dessin en noir et blanc glaçant et esthétique, il revisite une quinzaine de chansons du répertoire de Nick Cave, les entrecoupant de tranches biographiques qui dépeignent à la perfection la douleur de vivre et de créer de cet artiste à la sensibilité exacerbée: un parcours chaotique semé de cures de désintoxication et de longues périodes de solitude volontaire où il a frôlé la folie malgré l’amour que lui portait Anita, qui a fini par se lasser des périodes sombres de cet écorché vif que seuls les mots et la musique semblaient maintenir en vie… De son Australie natale aux milieux « underground » de Londres et Berlin, des « Boys Next door » aux « Birthday Party », jusqu’à la création de « Nick Cave & the Bad Seeds », Reinhardt Kleist retrace en profondeur le processus de création de cette mauvaise graine en mettant en scène les personnages de ses chansons : un univers inquiétant peuplé de fantômes virtuels dans un climat de violence et de mort où l’on croise un condamné à la chaise électrique, une jeune fille assassinée, le capitaine d’un bateau en perdition et même le célèbre Robert Johnson qui aurait vendu son âme au diable… Du punk bien crade de ses débuts à ses ballades blues un brin romantiques, Nick Cave a fait un sacré chemin (de croix !) : auteur compositeur interprète, ce touche à tout de génie a également tâté de l’écriture et de la poésie, fait un peu de cinéma en tant qu’acteur et réalisé des musiques de films, notamment pour Wenders (« Les ailes du désir », « Jusqu’au bout du monde », « Si loin si proche », « The soul of a man »). Ce roman graphique somptueux et désespérant colle comme une deuxième peau à la personnalité à qui il rend honneur !

Nick Cave : Mercy on me de Reinhard Kleist, Casterman, 2018 /23,95€

Après Nick Cave, c’est au parcours artistique et personnel du  monstre sacré de la musique country que Reinhard Kleist nous convie. Johnny Cash… Encore une sacrée personnalité, complexe et auto destructrice, qui a brûlé autant les planches que sa vie ! Dans un dessin noir et blanc aussi réaliste que classieux, Reinhard Kleist a remonté le temps de cette existence hors du commun, de son enfance pauvre dans les champs de coton de l‘Arkansas à ses premières chansons, son succès fulgurant, sa vie amoureuse tourmentée, sa violence, ses excès et ses addictions à l’alcool et aux amphétamines… On y croise Elvis Presley, Bob Dylan ou Jerry Lee Lewis, plongeant avec délices dans l’ambiance artistique de l’époque. Reinhardt met également en lumière les convictions de  « L’homme en noir », porté par la foi, qui a œuvré pour la cause des indiens et pour celle des détenus : son concert à la prison de Folsom devant les prisonniers est resté dans toutes les mémoires. A cette occasion, il avait repris la chanson d’un détenu, Glen Sherley, et lui avait obtenu des autorités une remise de peine… Reinhard Kleist retrace avec émotion cette existence en dents de scie, la parsemant d’illustrations d’une quinzaine des chansons de Cash, comme il l’avait fait dans son travail sur Nick Cave, nous offrant également, en fin de volume, une galerie de croquis et de portraits à l’aquarelle d’une beauté époustouflante… Johnny Cash n’a pas toujours « Walk the line », et Reinhard Kleist restitue avec une belle sensibilité les méandres alambiqués de son existence tout en rendant hommage à son immense talent dans ce roman graphique particulièrement bien ficelé.

Johnny Cash : I see a darkness de Reinhard Kleist, Casterman, 2018 /19,95€

Trop tôt disparu à l’âge de 36 ans, Bob Marley fut une étoile filante dans le ciel du reggae et si ses contemporains l’écoutent toujours avec le même plaisir (et la même nostalgie…), il séduit les jeunes générations près de quarante ans après sa mort ! Bon nombre de musiciens d’aujourd’hui revendiquent leur inspiration directement puisée dans l’œuvre magistrale de ce précurseur du reggae qui a étendu cette musique bien au-delà des frontières de la Jamaïque… Musicien, défenseur des opprimés, combattant de l’injustice et animé par sa foi « rastafari », Bob Marley, s’il a eu une courte vie, l’a particulièrement bien remplie ! C’est ce que vous allez découvrir ou redécouvrir dans cette très belle biographie illustrée qui retrace toutes les étapes de la vie de Bob, de sa naissance à sa mort, sous la forme de bandes dessinées réalisées par une vingtaine de dessinateurs et de dessinatrices, sur des scénarios de Gaet’s. Et le résultat est bluffant par sa diversité et sa cohérence ! Quelques pages « écrites » prennent le relais du dessin pour approfondir certains évènements et ainsi éclairer la personnalité humaine et attachante du « rude boy » de Trench Town, que l’on ne finira jamais de pleurer… Un bel hommage, émouvant et sincère, dûment documenté !

Bob Marley en BD, scénario de Gaet’s, dessins de Olivier Desvaux, Ammo, Efix, Didier Millotte, Tanguy Pietri, Jena, Matthieu Beaulieu, Domas, Simon Léturgie, Sarah Williamson, Cyrille Brégère, Moh, Julien Modde, Armel Ressot, LuK, Gil, Clément Baloup, Joël Allessandra, Julien Atika, Petit à Petit, 2018 / 19,90€

Dix chansons de Brel (« Les bourgeois », « Au suivant », « Ne me quitte pas », « Les bigotes », « Les bonbons », « Mathilde », « Jef », « Ces gens-là », « Jaurès », « Le tango funèbre ») adaptées en bandes dessinées par une douzaine d’auteurs et d’illustrateurs… voilà une belle idée ! D’autant plus que le choix des textes est on ne peut plus judicieux, chacun d’entre eux représentant une facette de la personnalité de cet auteur compositeur (et interprète !) aussi talentueux qu’intemporel ! La palette graphique utilisée par chacun des illustrateurs et illustratrices fait la part belle à tous les styles (dont l’aquarelle) et rend honneur à la beauté et à la perfection des textes en leur donnant la plus jolie vie qui soit. Une douzaine de pages « documentaires » retracent également la vie et l’œuvre de Brel dans ce docu-BD original et esthétique qui devrait trouver bonne place sur les étagères des bibliothèques des admirateurs du grand Jacques… Pas trop loin de sa discographie !

Chansons de Jacques Brel en bandes dessinées par Antoine Ronzon, Kevin Henry, Julien Lamanda, Olivier Martin, Benoit Frebourg, Heidi Jacquemoud, Marie Terray, LuK, Nathalie Bodin, Olivier Desvaux, Chandre et Manolo Prolo, Petit à Petit, 2018 / 16,90€

Christine Le Garrec

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