Culture Geek ! N°1

Que voilà  ? Une nouvelle rubrique ? C’est exact, et elle est pour toi ami geek ! A travers ce nouveau format, je vous propose d’explorer et de découvrir des éléments de la culture geek comme les comics, les jeux vidéos et pourquoi pas de s’aventurer du côté d’internet et des artistes qui s’y cachent. Pour l’inaugurer, un zoom sur la série BD Mutafukaz créée par Run, que je vous avais présenté lors de l’avant-première de son film éponyme à la « Mutafukaz Party«  de La Rochelle. Aujourd’hui,  je vous en dis plus à l’occasion de la réédition du Tome 0 de Mutafukaz ! Pour terminer, un coup de projecteur sur les nouveautés du Label 619 avec leur nouveau DoggyBags One Shot: Mapple Squares ! Alors en route pour Dark Meat City et Mapple !

 

Mutafukaz

 

Dark Meat City est une mégalopole fortement inspirée de Los Angeles, où la violence est omniprésente. Différents gangs y ont établi leurs règles et leur propres codes et les altercations, entre eux et avec la police, créent  un climat électrique dans la ville. De plus, les USA étant fortement engagés dans la lutte antiterroriste, les attaques incessantes envers les pays du Moyen Orient créent des tensions internationales qui font planer la menace d’un conflit nucléaire.

C’est donc dans  ce charmant contexte que nous retrouvons nos trois personnages principaux : Angelino, Vinz et Willy. Trois loosers en marge de la société qui tentent tant bien que mal de survivre dans cet enfer. L’histoire commence donc lorsqu’Angelino se fait renverser par un camion, trop occupé à mater une jolie fille qu’il n’avait jamais vu jusque là et qui lui déclenche un vrai coup de foudre.

 

 

Suite à cet accident, notre petite tête noire se retrouve avec un mal au crâne insoutenable et devient la proie de visions étranges : il commence à voir les ombres de certaines personnes se changer en formes étranges aux oreilles pointues…. Ses amis doutent de sa santé mentale jusqu’au jour où tous seront traqués par des hommes en noir. Commence alors une longue fuite semée d’embuches, de confrontations entre gangs, de règlements de comptes entre les yakuzas et la triade, de poursuites en voiture, de complots d’état, d’invasions alien (ici nommé Machos), qui mèneront Angelino a dévoiler sa vraie nature et ses origines.

Mutafukaz c’est un univers unique s’inspirant de la culture hip hop, de la culture geek, passant même par la culture du catch ou encore des théories du complot.

Cette BD se démarque également par son style graphique inspiré des comics américains (sans pour autant le copier), aux influences manga, notamment sur les planches en noir et blanc ainsi que sur le design de certains personnages.

 

 

Parias ou sales gueules, catcheurs aux looks de super héros, jeunes filles badass et sexy, les personnages sont superbement travaillés. Les décors fourmillent de détails rendant crédible cette ville tentaculaire où le danger n’est jamais bien loin. Mais les planches proposent également des changements graphiques ou (et) de composition : avec Mutafukaz, on passe du comics assez classique à des dessins extrèmement colorés aux allures psychédéliques, pour ensuite passer au noir et blanc jusqu’à un style très flou faisant penser à de l’aquarelle ! La composition d’abord classique qui enferme les personnages et le décor dans des cases va soudainement se laisser aller sur une scène de baston, laissant les dessins s’échapper et envahir la page, renforcant le dynamisme de l’action et offrant de superbes planches.

 

 

L’histoire est accompagnée d’un humour parfois trash, parfois naïf à l’image de nos héros. Ce dernier se permet même de briser le 4ème mur afin d’interpeller le lecteur à travers des pages imitant publicités de vieilles BD, affiches de films ou encore en incluant des personnages qui expliquent ce qui est en train de se dérouler. Donc rien d’étonnant à voir l’auteur débarquer en personne pour tirer nos héros d’un mauvais pas !

 

 

Une vraie bombe à retardement ! Dès l’événement déclencheur, on se fait happer par le récit dans lequel la tension monte, monte, monte… jusqu’à exploser ! Le tout enrobé de petites histoires annexes qui éttofent et enrichissent  l’histoire pour converger vers le final. Si vous lisez les cinq tomes dans leur format d’origine, puis la version intégrale et augmentée, vous ressentirez  la même et délicieuse sensation que celle ressentie devant un film, déjà vu au cinéma, en version longue. Bref, je ne peux que vous conseiller de jeter un oeil et même les deux à l’univers Mutafukaz !

 

Mutafukaz –  L’intégrale (Version Augmentée et Définitive) : 34,90€ –> https://www.ankama-shop.com/fr/home/1480-mutafukaz-l-integrale.html

 

Puta Madre

 

Ici pas d’alien, pas de théorie du complot, pas de super pouvoirs et pas de personnages aux look complétement irréalistes à la Vinz et Angelino. Non Puta Madre se veut plus “terre à terre”, si je puis dire. Et pourtant cette BD est en lien avec Mutafukaz puisqu’il s’agit d’un spin off qui se concentre sur un des personnages secondaires : El Diablo. Dans Mutafukaz il y a un groupe de catcheurs très populaire, nommé la Lucha Ultima, qui a pour but secret de défendre la Terre des forces obscures, en l’occurence des Machos dans Mutafukaz. Ces derniers, lors des périodes de “paix”, s’entraînent en mettant en scène de spectaculaires combats de catch pour distraire le peuple. Parmi ces catcheurs, il y a sans conteste le plus emblématique de tous, celui qui est à contre courant, le loup solitaire El Diablo. Puta Madre raconte son histoire. Un récit initiatique qui vous embarque et ne vous lâche plus pendant 200 pages.

 

 

L’histoire débute durant l’enfance de El Diablo, qui à l’époque ne porte pas son pseudo et s’avère se nommer Jésus… ironique. Le petit Jésus a 12 ans et une vie familiale compliquée : un père qui s’est fait la malle, une mère seule au bout du rouleau qui fait des crises violentes, un petit frère valorisé, le tout dans une ville paumée du comté d’Impérial en Californie. Pour s’échapper de tout ça, Jésus se défoule le plus clair de son temps dehors, et un jour il découvre Spooky. Une silhouhette noire avec une tête de citrouille et un regard malicieux, que lui seul peut voir et qui lui souffle de mauvaises intentions. Un jour, alors que sa mère est absente, il chahute avec son frère et là…
Jésus est alors aspiré dans la spirale infernale de la justice qui le force à plaider coupable pour réduire sa peine d’emprisonnement. Le petit garçon se retrouve donc en prison pour sept ans. C’est là que débute son histoire. Recueuilli par un gang latino, il va découvrir le milieu carcéral et entame alors un long périple vers ce qui fera de lui le El Diablo que l’on connait. Passant par les gangs de motards, les travailleurs clandestins ou encore assistant un ex marine à la retraite et malade, il subira autant d’épreuves qui vont forger sa personnalité et vous tenir en haleine !

 

 

Avec Puta Madre vous êtes rapidement immergé dans le récit, dès les premières pages vous ne pouvez plus vous détacher de ce petit garçon plongé dans ce monde féroce et sans pitié. Et ça, c’est l’une des grandes qualités de cette BD, le rythme est soutenu et ne donne aucun répit au lecteur.

 

 

On peut aussi considérer que Puta Madre prend le contrepied de Mutafukaz en plaçant son récit dans un contexte réaliste. Exit les Machos et autres éléments de science fiction, ici notre héros est confronté à un monde froid et à des dangers bien réels, ce qui accentue quelque peu la tension dans les scènes d’action ou sont mêlés différents personnages. Le réalisme est aussi accentué par le dessin, Run ayant écrit le scénario et dessiné quelques planches de baston comme il en a le secret, il passe la main à  Neyef qui prend son crayon pour donner vie aux origines de El Diablo. Un trait un peu plus fin, des couleurs un peu plus ternes viennent donner un aspect plus réaliste qui permet de s’éloigner du coté plus “cartoonesque” de Mutafukaz, sans pour autant trahir le style graphique.

On retrouve également l’humour de Mutafukaz avec même quelques petites références qui sont bien amenées : un petit plus pour les familiers de son univers !

Si vous avez déjà lu et aimé Mutafukaz,  foncez donc sur ce spin off qui est un vrai régal ! Et si ce n’est pas le cas, rien ne vous empêche de commencer par Puta Madre, histoire de rentrer en “douceur” dans cet univers !

 

Puta Madre – L’intégrale : 19,90€ –> https://www.ankama-shop.com/fr/label-619/1423-mutafukaz-puta-madre-l-integrale.html?search_query=puta&results=6

 

It Came From the Moon

 

Puta Madre prend le contrepied de Mutafukaz. Mais qu’en est- il de It Came From the Moon ?? Cette BD, prequel à Mutafukaz, raconte comment les Machos sont arrivés sur Terre. Quoi de plus normal donc que de continuer à mêler catcheurs masqués et aliens en y ajoutant des nazis de la seconde guerre mondiale ? Un cocktail des plus explosif aux influences délicieusement « nanardesques » !

 

 

It Came From the Moon débute donc quelques années après qu’Hitler fut nommé Chancelier. Après des années de recherches et d’efforts, le régime nazi arrive enfin à envoyer un zeppelin dans l’espace : objectif Lune. Mais une fois arrivée sur place, l’équipe d’astronautes se fait attaquer par des mantes religieuses géantes (rien d’anormal si vous avez lu Mutafukaz). C’est alors qu’une armada de soucoupes volantes débarque pour les sortir de ce mauvais pas, sous leurs yeux ébahis. Leurs occupants se présentent comme étant issus du peuple Atlante, auquel Hitler et l’idéologie nazi vouent un véritable culte. On se doute alors qu’il s’agit en réalité des Machos qui vont entamer leur plan d’infiltration parmi les humains. En parallèle de la monté des Machos dans le plus grand secret, on suit un petit groupe de catcheurs masqués en quête d’artefacts mystiques dérobés par les nazis.

 

 

Après ce pitch,  vous vous doutez que l’on nage dans le nanar totalement assumé des bons vieux comics ! Si Run a une fois de plus écrit l’histoire et réalisé quelques planches, la grande partie du travail sur le dessin a été effectuée par Bicargo qui nous livre un style graphique élégant, très carré, tout en noir et blanc, presque minimaliste, qui rappelle le style de certaines vieilles bandes dessinées. Avec de superbes jeux de lumières et d’ombres, Bicargo renforce vraiment cette ambiance de récit noir où se trament de multiples intrigues pour le pouvoir. Run reprend la main sur quelques planches où se déroulent les combats, en contraste avec le style très carré et structuré de Bicargo, et apporte du panache aux scènes de bagarres. Sans trop dénaturer les faits historiques, tout en gardant un peu de l’esprit Mutafukaz, l’auteur arrive à tisser un récit crédible où la fiction et le réel se mêlent parfaitement. On retrouve bien entendu les fameuses pages de pub old school habituelles de la série, et l’humour noir et quelque peu trash dont décidemment, on ne se lasse pas !

 

 

Ce tome 0 vient compléter à la perfection l’univers Mutafukaz, offrant une bonne histoire et se risquant dans un genre différent. Il est sûrement préférable de le lire une fois les cinq tomes de Mutafukaz dévorés !

 

It Came From the Moon : 15,90€ –> https://www.ankama-shop.com/fr/home/1707-mutafukaz-tome-0-nouvelle-edition.html

 

Mapple Squares

 

Il s’agit de mon baptême du feu ici avec ce one shot, car jusqu’à maintenant (en dehors de Mutafukaz) je ne connaissais pas vraiment le Label 619. Je le guettais de loin attendant la possibilité d’explorer ses univers étranges… très étranges. Et puis, ce nouveau DoggyBags est sorti… Et croyez moi, il vaut mieux bien attacher sa ceinture avant de s’y engouffrer!

DoggyBags c’est le format du Label 619 qui donne la possibilité à une myriade d’auteurs et de dessinateurs de créér sans limites, soit au sein d’ un recueil d’histoires courtes et inédites ou, comme dans le cas de MappleSquare, un one shot de 160 pages. Autant dire qu’il y a de quoi se divertir avec cette riche collection !

 

 

Avec MappleSquare, vous embarquez pour la petite ville isolée de Mapple, autrefois connue pour sa fabrique de confiseries, désormais reconvertie en un hôpital psychiatrique qui accueille de dangereux détenus aux crimes abominables. C’est dans cet endroit éloigné  de tous que d’étranges disparitions ont eu lieu récemment. Deux agents du FBI sont envoyés pour y enquêter, et ils ne sont pas au bout de leurs surprises… aussi macabres soient elles.

Ça, c’est du comics qui dépote ! Dès les premières pages, on se retrouve plongé dans une ambiance angoissante servie par une palette aux couleurs automnales qui renvoie à l’imagerie de vieux films d’horreur. On découvre cet endroit sinistre qu’est l’hôpital psychiatrique de Mapple, avec ses personnages atypiques, comme le psychiatre pervers ou encore cette jeune fille répondant au nom de Verna Howell, seule personne n’ayant pas un physique repoussant. Tandis que tous les gardes et membres du personnel sont déshumanisés par leur design alors qu’ils sontt « saint » d’esprit.

 

 

D’ailleurs Ludovic Chesnot, le dessinateur, a dû s’éclater en donnant vie à des personnages aux physiques aussi répugnants, tous plus hideux les uns que les autres (y compris la population de Mapple), qui contrastent « salement » avec les deux agents du FBI aux looks “classiques” !

Le récit met un petit peu de temps à s’installer, plantant le scénario et les personnages « clés » crescendo jusqu’au moment où l’on percute… Les séquences ne se déroulant pas de façon chronologique, on commence à assembler les pièces du puzzle, le coeur palpitant jusqu’au rebondissement final…. Je ne peux vous en dire plus sous peine de « spoiler » votre plaisir ! Mais sachez que cette histoire, écrite par David Hasteda, vous prendra aux tripes comme un bon film d’horreur ! Renforcé par la composition des planches et la qualité du dessin, ce comics va vous angoisser, vous tenir en haleine, vous faire plonger dans un univers malsain (mais plaisant) jusqu’au final sous tension! Une très bonne découverte avec ce DoggyBags One Shot qui ne se pose aucune limite dans le dessin comme dans l’écriture et ça, ça fait plaisir ! Et ça sort aujourd’hui!

 

Mapple Squares : 14,90€ –> https://www.ankama-shop.com/fr/home/1571-doggybags-one-shot-mapple-square.html

Alex

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