Juke Box N°10

Le printemps arrive et avec lui de nouvelles sonorités à vous mettre entre les oreilles ! Pour cela, je vous ai concocté une petite sélection aux senteurs pop-folk, cosmo-trad et rap-groovy qui vous aidera je l’espère, à finir l’hiver dans la joie et la bonne humeur. 

 

 

Sortons des sentiers battus de cette pop folk bien conventionnelle cousue de fil doré, et bienvenue dans l’univers de « Da Capo » qui, en ce début mars, nous invite à découvrir « Oh my lady »,  cinquième album de cette formation qui a vu le jour en 1996. Leur musique, issue de la grande tradition mélodique anglo saxonne et du folk américain dont ils puisent toute la richesse, se nourrit également de jazz, de climats mélancoliques et d’atmosphères cinématographiques qui donnent à ce nouvel opus, un savoureux mélange émotionnel. Neuf morceaux composés par Alexandre Paugam (piano, chant, samples) qui s’est entouré pour ce projet de Cédric Sabatier (guitares, basse), Julie Brun (chœurs), Florent Ville (batterie), Laurent Bernardi (trompette), Jean-Noël Vuidart (sax soprano). Inspiré par la littérature, le cinéma, le théâtre, Alexandre à déployé tout son savoir-faire de compositeur, passant de la ballade folk (« We have been waiting here »), à la valse jazzy (« Cold in the night ») ou simplement avec des titres à l’intimisme poignant (« Oh my lady, Stranger »). Le tout est agrémenté d’arrangements samples cordes et d’orchestrations cuivres pour un voyage au cœur des sentiments et de la nostalgie. Un album aux climats quasi-cinématographiques forts et singuliers. Attention cependant,  la musique de Da Capo est à séduction lente : elle se mérite et demande quelques écoutes (largement récompensées par la suite). A noter que l’album est enrichi d’un bonus track, «Violent World», aux accents plus «pop festive».

Oh my lady, Da Capo, Microcultures, Mars 2017, CD : 13,99 €

 

 

 

 

Petit cours dans la langue d’oc pour vous présenter « Artús » : Contraction en gascon « d’article dus » qui fait allusion à l’article deux de la constitution française qui débute ainsi : « la langue de la république est le français ». Vous aurez bien compris que cette formation, basée aux alentour de Pau, revendique haut et fort l’attachement profond qu’ils ont pour l’occitan,  leur culture et leurs traditions dans leur ensemble.  « Il faut de tout pour faire un monde »,  chaque différence est importante pour constituer une notion universelle. Tel est leur crédo. Artús n’est pas seulement un nom, c’est aussi une « familha » qui depuis 2005 ne cesse de promouvoir par le biais du collectif « ça-i »  artistes, conteurs, plasticiens… Fondé sur la  solidarité, ils ont créé un outil commun d’administration, de communication et de diffusion pour le développement de projets artistiques. Cerise sur le gâteau, ils ont leur propre studio d’enregistrement et ont créé leur label de production « Pagans Musica ». Cette totale liberté d’expression, on la retrouve sur le nouvel et sixième opus du groupe « Ors », qui  signifie en occitan « Ours ». Ce projet pour lequel cinq chansons sont sorties d’une hibernation/gestation où ils ont concentré un maximum d’informations, d’impressions, d’émotions, rend toute sa dimension culturelle au « Mossur », (« Monsieur », l’un des autres noms de l’animal). Pour se faire, ils se sont plongé dans la littérature et ont aussi fait appel à des référents comme Jean Soust , pour suivre la trace de la bête au sens propre, comme au sens figuré. Cet album à la sauce béarnaise (hi, hi hi), d’où découle une musicalité « Cosmo-trad radical de Gascogne », est un concentré de musique traditionnelle et de rock progressif où se côtoient vielle, violon, guitares, claviers, batterie, qui insufflent une énergie et donnent vie à des textes, bien sûr chantés en occitan. Ce cinq titres est accompagné d’un livret, expliquant de A à Z l’aboutissement de ce projet ainsi que la traduction des morceaux en français. Avec ce disque, l’ours retrouve une place dans les Pyrénées, il redevient celui par lequel on s’émeut, on se raconte et on communique. De façon sensible et donc sensée, il est redevenu celui qui inspire (Jean Soust).

Ors, Artús, Pagans Musica, Mars 2017, CD : 12 €

 

 

 

 

Décidément, « Smokey Joe & The Kid », les deux beatmakers de bordeaux passionnés de hip-hop et de groove, débordent de créativité. A peine achevée la tournée de soixante dates autour de leur deuxième album “Running To The Moon” (sorti en Mars 2016) et de nous avoir offert en téléchargement gratuit, un « remixes to the moon » en janvier dernier, le duo poursuit l’aventure de plus belle en nous invitant à découvrir leur nouvel EP « Take control » (Sortie prévue le 10 mars 2017). Pour ce nouveau projet, ils ont fait le choix de ne collaborer qu’avec un seul artiste, « MysDiggi », le rappeur-chanteur londonien. Un cinq titres aux saveurs Old School particulièrement funky qui dégage la même énergie communicative que dans leurs prestations lives. Fin 2015, Hugo Sanchez et Mathieu Perein cherchaient un « emcee » pour la tournée de « Running to the moon ».  Après avoir écumé tous les blogs de hip hop uk, ils sont tombés un peu par hasard sur « MysDiggi » et ont tout de suite été impressionnés par son flow et ont adoré l’autodérision dont il faisait preuve dans ses paroles et ses clips. Il est venu à Bordeaux et le courant est tout de suite passé entre eux. La tournée a débuté et ils se sont dit qu’il fallait absolument travailler ensemble en studio. Résultat, cinq morceaux et une introduction instrumentale (« One Life Saved » ) qui montre une fois de plus la capacité du duo à produire du hip-hop aussi puissant qu’envoutant. Le deuxième titre « Mister Nice Guy » représente certainement le mieux l’univers de « MysDiggi ». On connait le goût du duo pour la consommation excessive d’alcool (Cf. les titres Prohibition 1 & 2), « Drinkin’ Game » est là pour nous le rappeler et ravira tous les fans ! Avec « Take Control » ils nous proposent un rap groovy qui rappelle qu’il est capital de rester motivé et concentré sur ce qui compte vraiment. De prendre le contrôle de sa destinée et de s’impliquer, histoire de faire bouger les choses ! Enfin, “La légende de Fumando Jose y El Nino” aux ambiances Western Spaghetti témoigne, s’il en est encore besoin, de l’humour et de l’auto dérision du duo, qui s’est trouvé un véritable complice en la personne de MysDiggi.  Un EP qui, sous un emballage festif,  dit en substance : “Ne te laisse pas submerger par le chaos : prend le contrôle”.

Take Control, Smokey Joe & The Kid, Banzai Lab, Mars 2017

 

 

Bruno Robert

 

 

 

 

 

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